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Un capitaine en formation

Max Pacioretty semble vouloir prendre la pole dans la course à la succession de Brian Gionta

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«Oh capitaine! Mon capitaine! Bon voyage.» En saluant de cette façon Jean Béliveau, Yvan Cournoyer a rappelé l’importance et l’influence que pouvait avoir un capitaine sur ses coéquipiers pour le reste de leur vie.

Le capitaine est habituellement celui qui guide son groupe. Non seulement sur la patinoire, mais également dans la vie de tous les jours.

La direction de l’équipe ne l’avouera pas. Cependant, en nommant quatre adjoints au début de la saison, le Canadien a voulu prendre le temps d’évaluer les candidats potentiels à la succession de Brian Gionta.

Avec la mi-saison qui approche à grands pas (dans 10 rencontres), le portrait commence à se dessiner de plus en plus.

Tomas Plekanec semble avoir la cote auprès des jeunes Européens de l’équipe. Le fait qu’il ait pris sous son aile Jiri Sekac et Sven Andrighetto montre certaines qualités de leader et son influence dans le vestiaire.

Cependant, lorsque vient le temps de parler au nom de l’équipe, de se lever dans les moments de tempête et de faire face à la musique quand les portes du vestiaire s’ouvrent au terme d’une défaite, Max Pacioretty a une bonne longueur d’avance.

Changement d’attitude

Il a été possible de constater un changement énorme dans l’attitude de l’Américain de 26 ans depuis que la lettre «A» a été cousue sur son chandail.

Rencontré au terme d’un entraînement plus tôt cette semaine, Pacioretty a reconnu avoir travaillé sur certains aspects de sa personnalité. Cependant, il assure que cette transformation s’est mise en branle bien avant son nouveau mandat.

«C’est un processus sur lequel je travaillais déjà depuis un bout de temps. Un peu comme n’importe quel autre aspect du jeu, a-t-il indiqué. Si je m’étais présenté dès le premier jour avec une attitude différente, ça n’aurait pas été perçu comme un changement sincère.»

Du point de vue de sa relation avec les médias, le plus grand changement visible dans l’attitude de Pacioretty réside dans sa façon de répondre à leurs questions.

Autrefois, il grommelait ses réponses, assis, sa casquette bien vissée sur la tête. Maintenant, il prend la peine de se lever et de décliner ses réponses en regardant son interlocuteur droit dans les yeux.

«Je sais que je suis maintenant plus important pour cette équipe. Désormais, je suis un leader. Par conséquent, mon rôle est plus important. Je sens que je dois me comporter d’une façon précise. Ce changement s’est fait naturellement, sans que je le force», a-t-il souligné.

Joueur plus complet

Cela dit, que vaut être «bon dans la chambre» si l’exemple n’est pas d’abord et avant tout donné sur la patinoire.

Avec 13 buts en 31 rencontres, Pacioretty se dirige vers une saison de 35 buts. Pour une deuxième saison consécutive, il devrait être le seul porte-couleurs du bleu-blanc-rouge à fracasser le plateau des 30 buts. Cependant, Pacioretty souhaite que sa contribution ne s’arrête pas simplement au nombre de fois qu’il fera scintiller la lumière rouge.

«Si tu veux être un meneur dans une équipe, tu dois faire plus que simplement marquer des buts. Dans le cas contraire, il sera impossible d’obtenir le maximum de respect de tes coéquipiers, a-t-il soutenu. Maintenant que j’obtiens du temps de jeu en infériorité numérique et que joue davantage dans les deux sens de la patinoire, je considère que ça aide mon leadership également à l’extérieur de la patinoire.»

Ce qu'ils ont dit...

 

Pierre-Alexandre Parenteau
« Les quatre adjoints font un très bon travail. Mais, si je peux en choisir un qui ressort du groupe et qui est plus présent, c’est certain que je dois dire Pax (Pacioretty) »
« Les quatre adjoints font un très bon travail. Mais, si je peux en choisir un qui ressort du groupe et qui est plus présent, c’est certain que je dois dire Pax (Pacioretty) »

 

Brandon Prust
« De façon naturelle, Max a agi comme un meneur, cette semaine. Il prend ce rôle très à cœur. Il a dit de très belles choses pour la famille Béliveau. Il a gagné en maturité comme joueur et comme personne.»
« De façon naturelle, Max a agi comme un meneur, cette semaine. Il prend ce rôle très à cœur. Il a dit de très belles choses pour la famille Béliveau. Il a gagné en maturité comme joueur et comme personne.»

 

Brendan Gallagher
« Plus vous gagnez en expérience, plus les jeunes se tournent vers vous. Sur ce plan, Max est très bon. Il est accessible, dit les bonnes choses au bon moment et donne l’exemple. Je suis un de ceux qui profitent de ses conseils. »
« Plus vous gagnez en expérience, plus les jeunes se tournent vers vous. Sur ce plan, Max est très bon. Il est accessible, dit les bonnes choses au bon moment et donne l’exemple. Je suis un de ceux qui profitent de ses conseils. »

 

 


Inspiré par le passé

«Si je pouvais devenir le leader d'une équipe gagnant à Montréal...»- Max Pacioretty

Même s’il était déjà conscient de ce que le Canadien représente pour la population québécoise, Max Pacioretty en a réellement mesuré toute l’ampleur cette semaine lors des événements entourant le décès de Jean Béliveau.

Les marques de respect du public, les témoignages de ses anciens adversaires et les discours de ses anciens coéquipiers ont également fait comprendre à l’attaquant de 26 ans combien le rôle de leader de cette concession doit être abordé de façon sérieuse.

«On voit tout le respect que les gens ont montré à la famille Béliveau. C’est tellement un honneur d’être considéré comme le leader d’une concession aussi prestigieuse», a mentionné Pacioretty, assis dans un coin du vestiaire en compagnie du représentant du Journal de Montréal.

Occuper ce poste n’est pas de tout repos, Pacioretty est bien au fait de cette réalité. Cependant, il sait désormais que la victoire ultime, dans une ville en manque depuis plus de 20 ans, pourrait lui apporter une reconnaissance pratiquement éternelle.

«Les gens se souviennent davantage et admirent encore plus ceux qui ont porté le «C» lors des années glorieuses de l’équipe. Donc, si je pouvais devenir le leader d’une équipe gagnante à Montréal, mon rêve deviendrait réalité», a-t-il déclaré les yeux éclairés par la passion.

Motivation plutôt que pression

Et succéder à de grands noms tels qu’Émile Bouchard, Maurice Richard, Jean Béliveau, Yvan Cournoyer, Serge Savard ou Bob Gainey, des capitaines dont les numéros flottent au plafond du Centre Bell, ne l’effraie aucunement.

«Je pensais que même un simple «A» apporterait son niveau de pression supplémentaire. Pourtant, ça n’a pas été le cas. En fait, c’est surtout une motivation, a fait valoir le choix de premier tour du Canadien en 2007. Bien sûr, on peut vivre des émotions partagées lorsqu’on traverse une léthargie ou lors d’une série de défaites. Or, pour l’instant, je n’ai pas senti de lourdeur sur les épaules lorsque les choses allaient moins bien.»

Savourer la vie

Père du petit Lorenzo qui soufflera sur sa première bougie dans quelques jours, Pacioretty souligne que cette naissance est un autre facteur (peut-être encore plus significatif) qui explique cette nouvelle maturité.

«Quand tu fondes une famille, tu ne peux plus rien tenir pour acquis. Spécialement en ce moment, après tout ce qu’on a vu, après la réaction de la ville entourant le décès de Jean Béliveau. En ce moment, je savoure chaque jour de ma vie. J’espère que cette expérience m’aidera à améliorer ce sur quoi je travaille déjà.»