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Couillard et les débrouillards

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Quelle volte-face de la part du gouvernement! On apprenait aujourd'hui qu’il changeait d’idée et annulait les coupes prévues dans le domaine de la vulgarisation scientifique.

Bip bip bip! C’est le son du gouvernement qui recule.

Il n’avait pas le choix. Quelle idiotie ç’aurait été de couper 350 000 $ aux Expo-Sciences (ce fabuleux concours scientifique pour les jeunes), 120 000 $ dans l’Agence Science-Presse et 175 000 $ dans la maison d’édition qui publie, entre autres, le magazine Les Débrouillards.

Avec ces coupes, le message était clair: la promotion des sciences n’était pas une priorité pour le gouvernement Couillard.

Tiens, tiens, ça me fait drôlement penser à notre bon ministre de l’Éducation qui disait à propos des livres dans les écoles: «Il n’y a pas un enfant qui va mourir de ça.»

SCIENCE VS PSEUDOSCIENCE

Il n’y a pas un enfant qui serait mort si le gouvernement avait coupé les subventions au magazine Les Débrouillards.

«C’est juste une revue!» C’est vrai. Mais combien de petits Québécois sont tombés amoureux des sciences en feuilletant ce magazine? Combien de Julie Payette en herbe y ont découvert les richesses de l’univers?

Quand je lis les nouvelles, je ne trouve pas qu’on peut se permettre d’avoir trop d’informations scientifiques. Quand je vois la quantité phénoménale de charlatans qui nous font avaler n’importe quelle sornette, je me dis qu’un peu plus d’esprit scientifique ne peut pas faire de tort.

UNE CHANDELLE DANS L’OBSCURITÉ

Le monde est de plus en plus complexe. Les technologies prennent de plus en plus de place.

Il est plus nécessaire que jamais de comprendre comment fonctionne notre cellulaire, comment on a envoyé la sonde Rosetta sur la comète 67P ou pourquoi le béluga du Saint-Laurent est une espèce en voie de disparition.

Un citoyen qui a des connaissances scientifiques de base ne se fait pas passer un sapin par des gourous qui lui font croire qu’une tente de sudation va le nettoyer de ses mauvais esprits.

En 1995, l’astrophysicien Carl Sagan a écrit le livre The Demon-Haunted World: Science as a Candle in the Dark. Son titre le dit bien: la science est comme une chandelle dans l’obscurité. Elle nous permet d’y voir clair dans un monde où règnent la peur et les démons.

Sagan y encourage l’esprit critique, le scepticisme. Bref, le sens de la «débrouillardise».

Apprendre des notions scientifiques, c’est remettre en question ses certitudes et son environnement. Et ne jamais se fier aux apparences.

La science, c’est un rempart contre l’ignorance.

Il faut applaudir ceux qui ont crié au scandale, depuis vendredi, et qui ont forcé le gouvernement à changer son fusil d’épaule. Grâce à eux, Couillard n’a pas pu souffler sur cette chandelle qui nous éclaire.

UN HOMME INSPIRANT

À propos d’allumer la flamme chez les jeunes, un mot sur le fondateur de La Roulotte, Paul Buissonneau, décédé il y a deux semaines.

Sur la façade du théâtre de Quat’sous (que Buissonneau a fondé en 1965), on a inscrit une de ses citations qui me va droit au cœur. «Ne comptez jamais sur rien. Ne restez ni sur un échec ni sur un succès. Commencez toujours autre chose. C’est la suite qui compte.»

Inspirant, non?