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Québec devra trouver 800 milliards $ d’ici 2064

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QUÉBEC – Le Québec devra trouver 800 milliards $ d’ici les 50 prochaines années pour amortir l’impact du vieillissement de la population sur le financement des programmes sociaux, selon une étude publiée mardi par l’Institut C.D. Howe.

Ce montant équivaut à quatre fois la dette totale du Québec, qui s’élève à 200 milliards $, et représente plus de 200 % du PIB, soit près de 100 000 $ par Québécois.

La presque totalité des 800 milliards $ (682 milliards $ ou 85 %) de dépenses supplémentaires engendrées par les changements démographiques est liée à la santé. Les auteurs de l’étude prévoient que la part des dépenses de santé en pourcentage du PIB passera de 8,3 % cette année à 12,2 % en 2035, puis à 16,2 % en 2064.

Le Québec, en revanche, consacrera une part décroissante de son PIB en politiques familiales (congés de maternités, tarifs de garderie, etc.) en raison de la baisse du nombre d’enfants par rapport à la population en âge de travailler.

Les économies dégagées (14,7 milliards $ d’ici 2064) ne suffiront toutefois pas à compenser l’augmentation des dépenses liées à l’éducation, qui coûtera au trésor public 139,6 milliards $ supplémentaires au cours des 50 prochaines années, principalement en raison du «coût des services sur le plan de la main d’œuvre».

Si le Québec souhaite couvrir les coûts additionnels de ses programmes à même ses propres moyens, il devra augmenter de plus de 50 % l’impôt sur le revenu de ses citoyens.

Pour amoindrir l’impact du fardeau fiscal lié au vieillissement de la population, les auteurs de l’étude proposent entre autres de préfinancer certains programmes. Les travailleurs encore actifs pourraient contribuer à l’accumulation d’un fonds de prévoyance servant à financer une partie de leurs besoins futurs.

«Les baby-boomers [pourraient ainsi] participer davantage aux coûts qui pèseraient autrement sur les épaules d’un nombre réduit de leurs enfants et de leurs petits-enfants», peut-on lire dans l’étude de l’Institut C.D. Howe.

De plus, les subventions publiques pour les soins de longue durée devraient s’adresser uniquement à ceux qui n’ont pas les moyens de se les offrir. Les patients plus aisés, en revanche, seraient appelés à absorber une part significative des coûts.

Le Québec gagnerait également à s’inspirer de ses partenaires au sein de la fédération, qui dépensent davantage dans les politiques de santé publique, notamment dans les activités de promotion de la santé et les programmes communautaires de santé mentale.

«Un préfinancement sélectif et une analyse comparative avec d’autres provinces pourraient aider le Québec à fournir des soins de santé de qualité dans un cadre budgétaire durable pour les années à venir», concluent les chercheurs.


Impacts du vieillissement de la population sur les coûts des programmes sociaux au Québec (2014-2064)

►Santé : 681,9 milliards $

►Éducation : 139,6 milliards $

►Prestations familiales : - 14,7 milliards $

►Ensemble des programmes : 806,8 milliards $

►Impact en proportion du PIB : 218 %

►Coût des impacts par personne : 98 373 $

Source : Institut C.D. Howe