/sports/hockey
Navigation

Une distraction

SPO-HKO-HKN-MINNESOTA-WILD-V-LOS-ANGELES-KINGS
photo d’archives Ilya Bryzgalov est de retour chez les Ducks d’Anaheim pour le meilleur et pour le pire.

Coup d'oeil sur cet article

Je suis tombé en bas de ma chaise la semaine dernière en apprenant que les Ducks ­d’Anaheim avaient accordé un contrat de 2,8 millions $ au ­gardien Ilya Bryzgalov.

À la suite des blessures subies par les gardiens John Gibson et Jason ­LaBarbera, je comprends le directeur général des Ducks, Bob Murray, d’avoir offert un contrat à un vétéran, mais j’aurais été chercher n’importe qui sauf Bryzgalov.

Aussi bien acquérir un excellent gardien de la Ligue américaine, moins dispendieux, comme Jacob ­Markstrom par exemple Bryzgalov n’apportera que des distractions à Anaheim. Il a été très bon là-bas à ses débuts et par la suite à Phoenix, mais depuis qu’il a obtenu son gros contrat (racheté) à ­Philadelphie, il est en chute libre.

Je ne comprends pas plus les Oilers et le Wild de l’avoir embauché la ­saison dernière.

même personnage

Bryzgalov n’est plus le même ­gardien, mais hélas, il est le même personnage.

J’entends des histoires sur lui ­depuis très longtemps.

Il a déjà piqué une crise dans le ­vestiaire des Coyotes après une victoire de 5 à 4, mais perdre 1 à 0, ça ne le dérange pas.

Une équipe de hockey, ça doit être 23 frères prêts à aller à la guerre ensemble et les joueurs n’ont pas le goût de se défoncer devant un gardien ­individualiste. Dans un tel climat, une équipe ne va nulle part. Si les Ducks avaient acquis un vétéran comme Martin Brodeur ou Jean-Sébastien ­Giguère, j’aurais compris. Ils auraient obtenu un individu prêt à aider son équipe de toutes les manières ­possibles.

Rien de positif

Bryzgalov n’apportera rien de positif aux Ducks. Son éthique de travail est ordinaire. Il n’aidera pas les jeunes gardiens Andersen et Gibson comme Brodeur ou Giguère l’aurait fait. Il ne fera pas de temps supplémentaire à l’entraînement avec les ­attaquants et les défenseurs.

Pendant 14 saisons, j’ai été un gardien numéro un, mais lorsque j’étais numéro deux, je me faisais un point d’honneur d’être un excellent ­coéquipier.

J’encourageais les gars et j’aidais même les gardiens qui prenaient ma place comme Peter Budaj et ­Semyon Varlamov.

dans son coin

L’impact de Bryzgalov sur ­Andersen et Gibson – qui reviendra au jeu à la fin du mois – ne peut être que négatif, ­surtout avec un ­entraîneur impulsif comme Bruce Boudreau, qui gère ses gardiens à court terme et préfère le jeu de la chaise musicale à la stabilité d’un gardien numéro un.

Un danseur de plus

Bryzgalov donne un danseur de plus à Boudreau et il se fera un plaisir de clouer au banc le gardien qui aura un match ordinaire.

Durant toute ma carrière, j’ai rebondi après une mauvaise performance, mais Boudreau ne m’en a pas donné l’occasion lors des séries 2010 contre le Canadien, alors que j’étais avec les Capitals.

En 2009-2010, j’ai terminé la saison avec une séquence de 20-0-4, mais Boudreau m’a servi le crochet au deuxième match et je n’ai plus joué par la suite. Pourtant je n’avais perdu aucun match en temps réglementaire en 25 parties. Incroyable!

En 2004, on tirait de l’arrière 3-1 dans la série contre les Bruins et l’entraîneur du Canadien, Claude Julien, était venu me voir. Il m’a dit: «José, tu es mon gardien numéro un. On va gagner ou perdre avec toi.» Nous avons gagné les trois matchs suivants et la série.

Boudreau n’a jamais compris les gardiens. Quand je lui ai demandé pourquoi il ne me faisait pas jouer après un jeu blanc, il m’a dit qu’un gardien connaît habituellement un mauvais match après un blanchissage. Ah bon!

Cette semaine, Andersen a bien répondu à la présence de Bryzgalov, mais lorsque Boudreau va sortir son Yo-Yo, ça risque de briser sa confiance.

– Propos recueillis par Gilles Moffet