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La paix, quelle paix ?

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«Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté». Cette magnifique formule du temps de Noël résonne douloureusement aux oreilles de toutes celles et ceux qui, au Proche-Orient en particulier, vivent au quotidien les horreurs de la guerre ou les violences de toutes sortes.

À Bethléem, en mai dernier, longeant à pied sur trois kilomètres le mur séparant Israéliens et Palestiniens, un chrétien me racontait que depuis 12 ans il n’avait pas vu sa fille habitant à Jérusalem Est (annexé par Israël depuis 47 ans) ni pu faire ses Pâques à la basilique du Saint-Sépulcre. Et pourtant, Bethléem n’est qu’à 20 minutes par bus de Jérusalem. Mais entre les deux, le mur: 8 mètres de haut, renforcé tous les 300 mètres de donjons moyenâgeux bardés de dispositifs de surveillance à la fine pointe de la technologie. Ce mur serpente dans tout Israël, parfois, il est vrai, réduit à de simples quadruples rangées de barbelés électrifiées. Sur pas moins de 730 km! Pour franchir le mur, ce qui est facile pour les touristes, il faut passer par des points de contrôles dignes des prisons américaines à haute sécurité. En revenant de Ramallah, j’ai vu dans le bus une jeune Israélienne éthiopienne, ne parlant visiblement pas arabe, sortir à la pointe de sa mitraillette deux jeunes filles et un vieillard habitant cette terre depuis des millénaires.

Mais voilà le drame. Les Israéliens avaient toujours justifié le mur par des impératifs de sécurité. Ils se croyaient à l’abri derrière ces murailles, et, de fait, les attentats depuis des années s’étaient fait rares.

Recrudescence de violence

Mais cet automne, les Israéliens ont découvert, horrifiés, que des voitures fonçant sur des piétons, ou de simples couteaux de boucher valaient bien des attentats à l’explosif. La violence régionale les a rejoints par le biais des Palestiniens vivant, parmi eux, à Jérusalem. Les causes de cette recrudescence de violence sont innombrables et dues en grande partie à la montée de l’intégrisme religieux, tant du côté des Palestiniens que de l’État hébreu qui multiplie les lois et les décisions détruisant le caractère laïque d’Israël.

Et alors, dans ce chaudron régional au bord de l’explosion générale, la paix est-elle possible?

La plupart des observateurs ainsi que la communauté internationale s’accrochent à l’idée de deux États, sur une même terre. Mais sur quelle terre? Les territoires palestiniens, qui constitueraient la base du nouvel État sont comme une peau de léopard: partout, et de plus en plus, des morceaux de terres peuplés de colons israéliens surarmés promettant à chaque plan de démantèlement de colonies de mettre la Palestine à feu et à sang et de déclencher une guerre civile en Israël même. Ruinant ainsi les dernières chances d’un règlement négocié.

Un miracle

La solution? Hélas, je n’en vois aucune à court terme et, à long terme, il sera trop tard. Il ne reste qu’à espérer un miracle grâce auquel les deux parties reviendront soudainement à la raison en réalisant que seule la paix assurera leur survie respective.