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Martin Coiteux, l’enfant gâté

Coiteux, Asemblee Nationale,
SIMON CLARK / JOURNAL DE QUEBEC

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Comme beaucoup d’entre vous, j’ai vu et entendu le président du Conseil du Trésor Martin Coiteux sur toutes les tribunes depuis hier.

Ne se départissant jamais de son ton exagérément posé voire condescendant, il répète, l’œil toujours un peu amusé, son habituel laïus d’atteinte de l’équilibre budgétaire, de déficit zéro en 2015, d’incapacité de payer des citoyens qui n’en ont pas les moyens, de nécessité pour tous de faire leur part, de se serrer la ceinture pour remettre le Québec sur la voie de la vérité économique, selon son idéologie. 

Sans plus de prévention, il annonce à 540,000 travailleurs-travailleuses, employés de l'État des secteurs de l'éducation, de l'enseignement supérieur, de la santé, des services sociaux et de la fonction publique, des conditions si éloignées de leurs requêtes qu’elles apparaîtraient à quiconque comme des insultes. 3% d’augmentation salariale sur cinq ans plutôt que 13,5% sur trois ans ! Pour ne parler que de cela. Curieux quand même quand les médecins ont vu leurs salaires harmonisés à la réalité des médecins canadiens. 

Son exercice de rétablissement des finances publiques, de récupération de 690 milllions $ aurait-il pu se faire autrement ? Par exemple, en mettant fin au gaspillage de médicaments, en imposant de fortes redevances pour l'industrie minière, en taxant davantage les banques et en luttant contre l'évasion fiscale comme le propose Françoise David. Plutôt qu’en récupération de dépenses via l’affaiblissement du secteur public. Particulièrement composé de femmes, faut-il le rappeler. Mais ça c’est une autre histoire et nous ne le saurons jamais... 

Diviser pour mieux régner

Un sondage nous apprend que plus de 60% de la population serait en accord avec les mesures visant la remise aux normes (sic) des travailleurs-euses de l’état considérés comme des enfants gâtés. Jouant sur cela, le président du Conseil du Trésor se comporte en p’tit boss qui table sur l’envie des uns pour mettre les autres au pas. 

À vrai dire, depuis son entrée en fonction, Martin Coiteux me fait penser au fils prodigue ayant vécu dans sa tour d’ivoire et qui hérite de la business familiale. Dans ce cas-ci le Québec. Ayant toujours travaillé dans des milieux d’affaires, il a peu de connaissance des réalités des travailleurs-travailleuses dits ordinaires. Obnubilé par les manières de penser et de faire de son monde, il est absolument déconnecté de la base. Non seulement cela, il n’a visiblement pas beaucoup d’estime pour les salariés de l’état, auxquels il dit en quelque sorte qu’ils ne valent pas cher. Envers et contre tout, le fils prodigue persiste dans sa volonté de faire sa marque. En cela, il agit en enfant gâté. À suivre. Sans doute avec l’imposition de lois spéciales.