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Oui (bis), on peut augmenter la taille des classes!

La CSQ prévient le ministère de l'Éducation qu'il faut cesser « d'écrémer » les classes régulières et augmenter les services pour les élèves en difficulté.
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Certains ont questionné la validité des chiffres provenant de Statistiques Canada sur le ratio élève-éducateur dans mon billet sur la taille des classes. Il n y a aucune raison de croire qu'une méthodologie différente que le Québec se serait retrouvé dans une position différente relativement aux autres provinces. Mais admettons pour un instant qu'il y aille un problème avec la méthodologie, que se passe-il si on change de méthodologie? Absolument rien! 

Premièrement, mettons une chose au clair, le ministère de l'éducation du Québec accepte la statistique du ratio élève-éducateur et l'utilise dans ses éditions annuelles des Indicateurs de l'Éducation (voir notamment cette édition ici).  Le ministère reconnaît donc avoir un ratio plus bas d'éducateurs-équivalents à temps plein inférieur aux autres provinces. Mais heureusement, le ministère publie aussi une statistique qui essaie de se concentrer uniquement sur le personnel enseignant. C'est pourquoi il produit la mesure intitulée "Rapport élèves-enseignant  dans les établissements d’enseignement" - une mesure qui peut être comparée avec la moyenne des pays de l'Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE). À tout les niveaux hormis le niveau préscolaire, les tailles des classes au Québec sont plus petites qu'ailleurs (14,4 contre 15,8 pour le secteur primaire et  13,7 contre 13,8 pour le secteur secondaire). Non seulement cela, mais dans des rapports précédents du ministère intitulé Bulletin Statistique de l'Éducation on voit que cette réalité est valide depuis 2001 face aux pays de l'OCDE. En plus, le ratio baisse plus vite au Québec que dans les pays de l'OCDE. En 2001, le Québec avait un ratio élève-enseignant équivalent à temps plein (pas éducateur, enseignant) de 17,5 contre 17,7 au primaire et de 14,2 contre 14,3 au secondaire (total). Donc clairement, les faits que j'ai observé sont acceptés par l'appareil étatique québécois comme étant valide (voir la définition ici qui tient compte précisement de la taille des classes dans le calcul). 

Mais admettons qu'il y aille erreur dans ces statistiques. Le ministère de la famille rend disponible la taille maximale légale dans toutes les provinces pour l'éducation préscolaire. Le Québec est à égalité avec Terre-Neuve et l'Ontario et devant l'Île du Prince-Édouard  (15 élèves par instituteur) mais derrière toutes les autres provinces, dont trois qui n'ont aucune limite maximale légale. Difficile de tenir l'argument que le Québec est à la limite de son potentiel. Mais en plus, les limites légales au niveau primaire sont établies par décret à un niveau inférieur aux autres provinces. Prenons simplement le cas de la Colombie-Britannique qui rend disponible ces statistiques. De la quatrième à la douzième année, les écoles de la Colombie-Britannique ne peuvent dépasser 30 étudiants par classe sans égard au statut socio-économique. Au Québec? Pour la quatrième, la cinquième et la sixième année du primaire le maximum est de 29 élèves par classe pour les milieux favorisés et 24 pour les élèves de milieux défavorisés. Le gouvernement proposait originellement de baisser ces proportions à 20 étudiants par classe de chaque année en milieu défavorisés et à 26 pour ceux des "autres milieux".   Les lois de l'Ontario établissent ce seuil dans des eaux similaires à celle du Québec (24,5 au primaire et 22 au secondaire mais la taille varie selon les endroits). Rares sont les provinces qui appliquent de telles limites arbitraires. Par exemple, l'Alberta n'a pas de telle limite. 

Au final, le Québec a bien de la place pour augmenter la taille des classes. Le coût fiscal de diminuer est important et les bénéfices sont minces. Les effets pervers du manque d'imagination libéral ne sera pas massif.  En plus, les minuscules effets positifs de la réduction des tailles de classe n'est pas uniforme selon les étudiants et selon les enseignants. Il serait bien mieux de suivre ce que j'énonçais dans mon précédent billet en laissant davantage d'autonomie aux écoles, aux enseignants et aux directions afin de choisir les mesures appropriées à la communauté à qui ils fournissent le service.  Par la suite, il suffit de laisser milles petites solutions satisfaire les besoins différents de la population.