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Plus cher pour se dorer sous le soleil de Cuba

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Photo d'archives Partir pour Cuba coûterait plus cher si jamais les américains pouvaient y voyager librement, selon des agences de voyages.

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Cuba pourrait bientôt ne plus être la destination soleil la plus avantageuse pour les Québécois, si le rapprochement avec les États-Unis se concrétise.

Cuba pourrait bientôt ne plus être la destination soleil la plus avantageuse pour les Québécois, si le rapprochement avec les États-Unis se concrétise.

C’est du moins ce que pensent certaines agences de voyages à Montréal, alors que les Québécois raffolent de cette destination.

«Les gens avaient l’habitude de payer 700$ pour partir à Cuba, maintenant, ça va être 1000$», estime André Desmarais, président de l’agence Aéroport Voyage.

Il attribue la hausse des prix à une augmentation de la demande si jamais les barrières entre les États-Unis et Cuba tombaient, comme l’ont souhaité hier les chefs d’état.

«Les Cubains ne sont pas fous. Ils savent que les Américains ont l’habitude de payer plus cher. Ils vont donc ajuster leurs prix», estime-t-il

Lyne Rose, de Voyages Bergeron, prévoit, quant à elle, surtout un impact sur l’offre.

«L’afflux de touristes américains pourrait créer un phénomène de rareté pour les chambres d’hôtel, ce qui ferait augmenter les prix», dit-elle, même si, elle n’envisage pas réellement de changement à court terme.

Dans son discours, le président Barack Obama dit vouloir faciliter les déplacements vers Cuba pour certaines catégories de voyage seulement, comme les réunifications familiales, les voyages d’affaires, les voyages pour raisons humanitaires ou éducationnelles, par exemple.

Concurrence féroce

Il souhaite également lever l’embargo d’ici la fin de son mandat en 2015. Mais là encore, il doit obtenir l’accord du Congrès, lequel sera à majorité républicaine dans les deux chambres en janvier.

«Ce n’est pas demain que cela va arriver», estime André Desmarais.

Cuba était la troisième destination la plus prisée par les Canadiens en 2012, après les États-Unis et le Mexique selon Statistiques Canada; une place que le pays a gagné en partie grâce à ses prix, explique Michel Archambault, professeur émérite de l’Université du Québec à Montréal et spécialiste du tourisme. Mais si Cuba souhaite se maintenir, elle n’a que très peu de marge de manoeuvre.

«Il y a beaucoup de concurrence dans le sud. Le Mexique et la République Dominicaine sont des destinations très populaires. Cuba ne pourrait pas se permettre d’offrir des prix plus élevés que ces pays là», explique-t-il.

Ce dernier voit d’un très bon oeil la décision du gouvernement américain pour le développement de l’île.

«Ça va être très bénéfique pour les Cubains. Il y aura sûrement un afflux d’investisseurs étrangers, ce qui permettra de développer les infrastructures. Et la population est suffisamment éduquée pour bien gérer ces changements. Ce sont d’habiles négociateurs», dit-il.