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Emma Czornobaj écope de 90 jours de prison

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L’absence de remords a contribué aux 90 jours de prison imposés à la jeune femme ayant causé deux morts en voulant sauver des canards.

«Elle considère que ça aurait pu arriver à n'importe qui, elle n'exprime aucun remords, elle pense qu'elle s'était stationnée de façon sécuritaire», a noté ce jeudi la juge Éliane Perreault en condamnant Emma Czornobaj à une peine de prison à purger les fins de semaine.

Pourtant, il ne fait aucun doute que l’accusée aurait dû savoir que de s’arrêter sur la bande de gauche de l’autoroute 30 pour venir en aide à sept petits canetons était une mauvaise idée.

Czornobaj, 26 ans, avait été déclarée coupable de négligence criminelle ayant causé la mort d'André Roy, 50 ans, et de sa fille de 16 ans, Jesse. Le 27 juin 2010, ils étaient à moto sur l'autoroute 30 quand ils ont heurté la voiture de Czornobaj. En courant après les palmipèdes, elle avait créé une distraction fatale pour M. Roy, qui roulait entre 110 et 115 km/h et qui n’a pas pu éviter la collision.

«Elle n’a jamais reconnu le danger», a déploré la juge.

«Mme Czornobaj est une personne introvertie, elle a des remords, mais elle ne sait pas comment le dire», a toutefois précisé son avocat Me Marc Labelle en conférence de presse.

Plus de permis

En plus de la peine de prison, qu’elle commencera à purger en janvier, Czornobaj s’est aussi fait retirer son permis de conduire pour une période de 10 ans. Elle devra aussi effectuer 240 heures de travaux communautaires et respecter une probation de trois ans.

«Nous sommes très satisfaits», a déclaré Me Annie-Claude Chassé, de la Couronne.

Notons que cette affaire avait fait le tour du monde. Elle est au huitième rang des nouvelles les plus lues de 2014 sur le site américain USA today, devançant même les photos de Kim Kardashian nue visant à «briser internet».

Une pétition en ligne implorant la clémence de la juge avait reçu presque 19 000 signatures.

«La Cour ne rendra pas une sentence en se basant sur l'opinion publique», a toutefois noté la juge.


 

Pauline Volikakis
Femme et mère des victimes
Photo Chantal Poirier
Femme et mère des victimes

La veuve d’André Roy satisfaite

Pauline Volikakis se réjouit que la responsable de ses malheurs soit condamnée à la prison, même si elle continue de pleurer toutes les larmes de son corps la mort de son mari et de sa fille.

«On peut peut-être boucler la boucle, ou peut-être tourner la page et continuer avec du positif», a déclaré Mme Volikakis à la sortie de la salle d’audience.

Et même si la juge Éliane Perreault n’a pas envoyé Czornobaj neuf mois à l’ombre comme le demandait la poursuite, Mme Volikakis s’est quand même dite satisfaite de la sentence.

D’autant plus que l’accusée s’est vu retirer son permis de conduire pour les dix prochaines années. C’est cinq de plus que ce que demandait la Couronne.

«Cette sentence signifie quelque chose, ça n’a pas été pris à la légère, a-t-elle lancé. Quand on conduit, on a un privilège.»

Inconsolable

La veuve pourra ainsi mettre un peu de baume sur son cœur, inconsolable depuis la tragique collision en juin 2010.

«J’ai mal, mes tripes me font mal, je suis fréquemment en position fœtale sur mon sofa, avait émotivement raconté Mme Volikakis lors des représentations sur sentence. Je pleure jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de larmes.»

Mme Volikakis n’aura toutefois jamais reçu d’excuses de la part de l’accusée. Leurs regards s’étaient croisés une seule fois en quatre ans et demi de procédures, mais Czornobaj avait simplement détourné son regard.

Les procédures judiciaires sont toutefois loin d’être terminées. La défense a déjà porté en appel le verdict de culpabilité, et elle compte aussi saisir le plus haut tribunal de la province quant à l’interdiction de conduire.

Ces causes devraient être entendues l’année prochaine.