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Climat: le centre-ville de Sherbrooke à risque

Thérèse Chicoine, 82 ans, victime d'inondations à répétition, s'inquiète pour sa maison et pour l'avenir.
Photo Carmen Houde Thérèse Chicoine, 82 ans, victime d'inondations à répétition, s'inquiète pour sa maison et pour l'avenir.

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SHERBROOKE | Le centre-ville de Sherbrooke est un des endroits au Québec où les risques d’inondations seront les plus grands en raison des changements climatiques.

Selon le consortium Ouranos, les inondations du printemps 2014 pourraient revenir beaucoup plus souvent, ce qui inquiètent les riverains.

Thérèse Chicoine, 82 ans, qui habite les rives de la rivière St-François depuis 42 ans, trouve que la température est devenue schizophrène. Elle a remarqué qu'au fil des ans il y a de plus en plus de pluies abondantes.

« J'ai été inondée 4 fois depuis 1982, dont 2 fois en 2010 et encore au printemps 2014. On a installé des pompes au sous-sol pour évacuer l'eau. J'ai 4 enfants qui habitent proches et qui peuvent venir m'aider rapidement, mais c'est quand même inquiétant quand on voit l'eau monter», a confié Mme Chicoine.

Comme la plupart des résidents de ce secteur situé en zone inondable, elle ne peut obtenir d'assurances contre les inondations et doit payer elle-même pour les dommages.

Quant à Daniel Blais, propriétaire d'un commerce, il a dû débourser des dizaines de milliers de dollars à chacune des 4 inondations.

«J'essaie à chaque fois de sauver le plus de marchandise possible, mais on en perd beaucoup. Je n'ai même pas encore terminer de réparer les dégâts causés au printemps 2014. En plus des frais et des pertes de revenus, ces inondations nous occasionnent beaucoup de travail supplémentaire», a raconté M. Blais.

Économie

Ces événements climatiques extrêmes entraînent également un ralentissement économique et des coûts pour les municipalités. Ils provoquent l'évacuation de riverains, des fermetures de routes, des coupures d'électricité et endommagent les infrastructures municipales qui doivent ensuite être réparées.

L'industrie touristique hivernale devra composée avec des conditions douces et pluvieuses qui raccourciront la saison et réduiront la couverture de neige. Des difficultés financières sont à prévoir dans ce secteur.

Experts

Une augmentation des événements climatiques extrêmes est à prévoir en Estrie.

Selon le dernier rapport de l'organisme Ouranos, consortium de recherche sur la climatologie, on s'attend à une augmentation de la fréquence, de l’intensité ou de la durée des événements climatiques extrêmes comme des orages violents, des pluies torrentielles, des inondations et plus d'épisodes de gel-dégel.

L'Estrie sera touchée et les villes riveraines de la rivière St-François sont les plus à risques d'être inondées. Ouranos invite les municipalités et les citoyens à se préparer à faire face à ces événements.