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La crise plombe la KHL

Jeudi, le circuit a tenu à Sotchi une réunion extraordinaire organisée par le nouveau président de la KHL, Dmitry Chernyshenko. On le voit ici accompagné de Vladimir Poutine (centre) et Alexander Medvedev (gauche).
Photo Reuters Jeudi, le circuit a tenu à Sotchi une réunion extraordinaire organisée par le nouveau président de la KHL, Dmitry Chernyshenko. On le voit ici accompagné de Vladimir Poutine (centre) et Alexander Medvedev (gauche).

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Lorsque nous avons écrit la semaine dernière que les ennuis financiers de la KHL ne montaient aucun signe encourageant, nous ne croyions pas si bien dire.

Depuis la dernière publication de cette chronique, le rouble a chuté à des niveaux encore inégalés, expérimentant les déclins journaliers les plus importants depuis 1998. Au moment d’écrire ces lignes, il fallait 62 roubles pour acheter un dollar américain. Plus tôt cette semaine, la monnaie russe s’échangeait à 70 contre un. Alors que la nouvelle ronde de sanctions des Européens et des Américains contre la Russie fera bientôt sentir ses effets, aucun signe d’amélioration n’est en vue et la KHL doit prendre des mesures d’urgence.

Jeudi, le circuit a tenu à Sotchi une réunion extraordinaire organisée par le nouveau président de la KHL, Dmitry Chernyshenko, et réunissant les 28 directeurs généraux. La rencontre avait pour but de définir la réponse de la Ligue face à la crise, mais non de prendre des décisions capitales immédiatement. Il s’agissait tout de même d’une des plus grandes nouvelles dans le hockey russe depuis longtemps et quelques sujets abordés par Chernyshenko et les directeurs généraux ont filtré dans la presse.

Une coupe généralisée des salaires (allant jusqu’à 50 % de la valeur des contrats de tous les joueurs) a été discutée, puis rejetée. «Aussi cynique que cela puisse paraître, nous avons déjà eu une coupe des salaires», a expliqué un directeur général, faisant bien sûr référence à la chute du rouble. La Ligue a accepté d’honorer tous les contrats existants, mais a indiqué clairement que, dans le futur, les pactes ne seront pas aussi généreux.

«Le plafond salarial va sûrement suivre la tendance à la baisse», a avoué Chernyshenko.

La KHL a aussi rejeté l’idée d’ajuster ses contrats à l’inflation. Les joueurs étrangers, dont la famille réside à l’extérieur de la Russie et qui déterminent leurs revenus en fonction de la valeur du dollar ou de l’euro, vont subir les conséquences de cette crise financière.

Bien sûr, le gardien finlandais Mikko Koskinen, échangé au SKA de Saint-Pétersbourg à la condition que son salaire soit ajusté en fonction des ennuis du rouble, conservera son argent. Mais le fait que le propriétaire du SKA préside le conseil des gouverneurs de la KHL et qu’il ait des liens étroits avec Chernyshenko dans le monde des affaires aide beaucoup.

La Fin de la MHL ?

Le principal circuit junior, la MHL, va certainement ressentir les contrecoups de la crise et il se pourrait bien que seules les équipes affiliées à des clubs de la KHL puissent survivre.

Les jeunes Russes pourraient donc se retrouver au sein du bassin d’espoirs de la Ligue canadienne de hockey. La KHL elle-même pourrait réduire ses opérations. Chernyshenko a refusé de confirmer les rumeurs portant sur des équipes en particulier, mais il a affirmé que le circuit «allait porter un regard particulier sur les formations qui ne satisfont pas nos critères».

Le Dinamo de Riga et l’Atlant, dans la région de Moscou, sont les équipes les plus en difficultés en ce moment. Le Slovan de Bratislava et le Medvescak de Zagreb risquent fort de retourner dans leur circuit national respectif. Malgré ces quatre départs, il pourrait bien y avoir un ajout, Chernyshenko refusant d’écarter le retour du Spartak de Moscou.

Le dirigeant a également souligné que la nouvelle priorité de la KHL sera de soutenir l’équipe nationale russe. Cette déclaration veut seulement dire que la ligue se concentrera davantage sur les joueurs russes et réduira le nombre d’athlètes originaires de l’Amérique du Nord ou de l’Europe. Bien sûr, dans l’état actuel de l’économie russe, les étrangers ne se bousculeront pas pour jouer dans la KHL l’an prochain.

Sur une note moins dramatique, Chernyshenko, en accord avec le patriotisme chauvin qui sévit actuellement en Russie, a demandé aux médias d’utiliser les équivalents russes des mots «repêchage» et «dépisteur», qui sont actuellement utilisés dans leur version anglaise dans le monde du hockey. Il n’a cependant pas commenté à savoir si la KHL pensait remplacer les mots empruntés de l’anglais pour les termes «but», «éliminatoire» ou «hockey».


La KHL n’est pas une banque alimentaire
 
Chernyshenko a été inflexible: toutes les équipes de la KHL devront «remplir leurs responsabilités envers les joueurs». Selon les rumeurs, au moins une équipe aurait dérogé à ses obligations. Le défenseur finlandais Ilari Melart, un ancien espoir des Blue Jackets de Columbus, a indiqué au journal Ilta-Sanomat que son équipe, l’Ugra de Khanty-Mansiysk, n’avait pas payé ses joueurs depuis le mois d’octobre.
 
«Nous ne recevons que de petites sommes d’argent, pour nos repas, a expliqué Melart. Ça ne m’a pas donné de problèmes encore, mais je ne suis pas venu jouer en Sibérie par charité.»
Le chiffre de la semaine (4)
 
C’est l’augmentation de salaire accordée au gardien canadien Barry Brust par Ugra, qui avait quitté le Medvescak de Zagreb en novembre. À l’époque, Brust n’avait certainement pas pensé au fait que les joueurs de Zagreb seraient toujours payés en euros, alors ceux d’Ugra ne seraient pas rémunérés du tout. Comble de malheur, le gardien s’est blessé après seulement un match.