/opinion/columnists
Navigation

Neuf mois plus tard

Premier Ministre, Philippe Couillard
Photo d'archives Philippe Couillard.

Coup d'oeil sur cet article

La fin de l’année constitue l’occasion de dresser un premier bilan du gouvernement Couillard élu le 7 avril dernier. Neuf mois: le temps d’une grossesse.

La fin de l’année constitue l’occasion de dresser un premier bilan du gouvernement Couillard élu le 7 avril dernier. Neuf mois: le temps d’une grossesse.

Les libéraux ont eu droit à des critiques nombreuses, souvent justifiées. Ils n’ont pas parlé durant la campagne électorale du vigoureux coup de barre qu’ils essaient maintenant d’imposer pour redresser les finances publiques: Philippe Couillard avait au contraire accusé François Legault de vouloir détruire le Québec avec son radicalisme.

Cap maintenu par Couillard

D’autres ont souligné la maladresse d’un gouvernement semblant avancer sur tous les fronts, sans véritable plan, ne craignant pas de lancer des ballons politiques grossiers, quitte à retraiter peu glorieusement. On a souligné également que ce cérébral surdoué qu’est le premier ministre ne comprenait pas vraiment les Québécois.

Mais surtout, plusieurs étaient convaincus que les libéraux se dégonfleraient encore une fois, comme Robert Bourassa en 1985 et Jean Charest dans les années 2000.

C’est sur ce point fondamental — qui éclipse tous les autres — que le gouvernement Couillard n’a pas failli contre toute attente. Comme je vous l’écrivais dimanche dernier, nous sommes en face d’une nouvelle sorte de ministres québécois «guerriers», essayant de forcer le changement en santé, en affaires municipales, dans la fonction publique, etc.

Neuf mois après l’élection, le premier ministre a eu raison de se féliciter cette semaine d’avoir gardé le cap sur le difficile coup de barre nécessaire pour arriver au déficit zéro.

Si des modalités changeront sans doute, un retour en arrière est difficilement imaginable pour un gouvernement libéral qui sera jugé sur le succès ou non de ce qu’il a enclenché.

Prochaine étape cruciale

Rien n’est évidemment gagné, alors qu’on passera en 2015 à l’étape cruciale de la concrétisation qui demandera beaucoup d’habilité, de finesse, de pragmatisme: ajuster, fignoler, parfois retraiter, ajouter des choses, convaincre.

Joue en faveur du gouvernement Couillard la conviction de bien des citoyens qu’il est impossible de continuer à pelleter par en avant sans menacer notre sociale démocratie. Joue également en sa faveur l’aptitude du gouvernement à rectifier le tir au besoin de façon pragmatique.

L’opposition péquiste est handicapée par une course à la chefferie qui s’étirera jusqu’à la fin du printemps, alors que la CAQ est mal placée pour critiquer un gouvernement mettant en application une partie de ce qu’elle prêchait.

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, dont c’est l’heure de gloire, a intérêt à ne pas oublier que les privilégiés dans cette affaire sont beaucoup plus les fonctionnaires municipaux que provinciaux.

M. Coiteux devrait par ailleurs s’attaquer de toute urgence à LA caractéristique du modèle québécois qui rend ses concitoyens littéralement malades: ces hauts fonctionnaires qui conservent pendant toute leur carrière des salaires faramineux, qui leur ont été parfois consentis pour une fonction exercée seulement quelques mois, alors qu’ils ne méritent plus ces privilèges scandaleux payés par tout un chacun.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.