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Le Noël suisse de Francis Bouillon

Le défenseur est heureux de participer au tournoi de la Coupe Spengler et de passer les Fêtes en famille à Davos

Francis Bouillon
Photo courtoisie Francis Bouillon porte les couleurs du HC d'Ambri-Piotta, dans la Ligue nationale A de Suisse.

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Francis Bouillon vit un temps des Fêtes pas comme les autres. Non seulement l’ancien défenseur du Canadien célèbre-t-il Noël avec sa famille en Suisse, mais il sera aussi appelé à disputer un grand nombre de matchs durant cette période de réjouissances.

Après avoir participé aux rencontres des 22 et 23 décembre avec son équipe, le HC d’Ambri-Piotta, dans la Ligue nationale A, voilà que les services de Bouillon ont été prêtés au club de Genève-Servette pour le tournoi de la Coupe Spengler, qui ­débutera vendredi.

«Ce sera une belle expérience à vivre, a raconté Bouillon dans une entrevue accordée au Journal de Montréal. C’est un tournoi très suivi par les amateurs de hockey en Europe et ça me permettra de participer à plusieurs matchs, ce qui m’aidera à peaufiner mon jeu.»

Le charme de Davos

Bouillon fêtera donc Noël à Davos, là où se déroule ce tournoi international présenté depuis 1923.

C’est la deuxième fois de sa carrière que le défenseur se retrouve sur le vieux continent à Noël. Il jouait en Suède lors de l’arrêt de travail survenu dans la LNH en 2004.

«Ça s’annonce fort agréable de passer les Fêtes en famille à Davos parce qu’il y a de la neige ici, a-t-il dit. ­Ginette et les jumeaux, Michaël et Anthony, se sentiront davantage dans l’ambiance de Noël dans cet endroit pittoresque, reconnu pour ses stations de ski.

«Par contre, si je n’avais pas accepté de jouer pour Genève au tournoi de la Coupe Spengler, j’aurais probablement mis le cap sur Paris ou sur Venise pour un voyage en famille. C’est si facile de se déplacer en Europe.»

Démoralisant au début

Bouillon ne regrette pas d’avoir choisi de poursuivre sa carrière en Suisse, après avoir été retranché au camp d’entraînement du Canadien.

Par contre, il admet que l’adaptation a été difficile, son style robuste se prêtant moins bien aux grandes patinoires.

«Les premières semaines ont été pénibles, a avoué celui qui est toujours en quête de son premier but. J’ai joint l’équipe alors que la saison était commencée depuis un mois [il a été appelé à remplacer Ryan O’Byrne, opéré à une hanche].

«Je suis arrivé au milieu d’une longue séquence de défaites. C’était démoralisant. Heureusement, l’équipe s’est replacée. On joue ­beaucoup mieux.»

Petit budget

Ambri-Piotta occupe néanmoins l’avant-dernier rang au classement.

«L’équipe ne dispose pas d’un gros budget et elle ne peut donc pas aligner les meilleurs joueurs suisses ou étrangers, a expliqué Bouillon. Elle n’appartient pas à un riche propriétaire, mais bien à des commanditaires locaux.

«Si j’avais pris la décision d’aller jouer en Suisse l’été dernier, j’aurais alors eu plus d’options. Il y a un gros écart entre les clubs les plus riches et les plus pauvres parce qu’il n’y a pas de plafond salarial dans la Ligue ­nationale A.»

Choc

Surpris par la vitesse des patineurs suisses, Bouillon a eu un choc lorsqu’il s’est retrouvé pour la première fois au domicile de sa nouvelle équipe.

«L’aréna Valascia est le plus vieil amphithéâtre dans la ligue, a-t-il raconté. Il a été construit en 1959 et il est vétuste. Il faut le voir pour le croire. On se croirait pratiquement comme sur une glace à l’extérieur. Disons que c’est bien différent du Centre Bell.

«L’aréna peut accueillir 6000 spectateurs, mais on a heureusement la chance de miser sur les partisans les plus bruyants de la ligue», a ajouté Bouillon.

«Il ne faut pas chercher à faire des comparaisons lorsqu’on vient jouer en Suisse. C’est une expérience que je tenais à vivre et je ne regrette rien.»

►Bouillon a signé un contrat d’un an et il ne voulait pas d’une clause qui lui aurait permis de se libérer de l’entente si une équipe de la LNH lui ­lançait un S.O.S. «Je veux vivre ­l’expérience suisse à 100%.»


Une belle expérience en famille
Le défenseur apprécie la qualité de vie qu’on trouve en Suisse.
Photo d'archives
Le défenseur apprécie la qualité de vie qu’on trouve en Suisse.

Francis Bouillon et sa famille sont bien installés dans un logement fourni par l’équipe à Ascona, une ­petite ville du canton du Tessin.

C’est une destination de vacances fort prisée des Suisses et des Italiens, surtout durant l’été, en raison du majestueux lac Majeur, qui est ceinturé par de hautes montagnes.

«C’est très beau ici et la température est douce en hiver, a raconté Bouillon. Le vieux secteur de la ville est fort joli. Le seul désagrément est le trajet d’environ une heure entre Ascona et l’aréna de l’équipe, situé dans le village d’Ambri.»

Bouillon apprécie la qualité de vie qu’on trouve en Suisse.

«Michaël et Anthony sont dans une école internationale où ils peuvent suivre des cours en français, a-t-il indiqué. Ils ont maintenant 12 ans et ils apprécient le fait de vivre cette ­expérience en Europe. Ma décision de venir jouer au hockey en Suisse a été prise en famille. Mon épouse ­m’appuie à 100%.»

Au pays du fromage

Bouillon découvre, avec plaisir, une culture bien différente.

«Lors du souper d’équipe avant Noël, on nous a servi la traditionnelle fondue au fromage. Je voyais ça comme étant une entrée, mais mes coéquipiers suisses en font leur plat principal...»

Il est vrai que de passer une soirée complète à manger de la fondue au fromage, ça doit être lourd pour l’estomac!

Bouillon a l’occasion de parler en français dans le vestiaire avec son entraîneur Serge Pelletier ainsi qu’avec Alexandre Giroux, un ancien choix au repêchage des Sénateurs qui a disputé 48 matchs dans la LNH et qui est le meilleur marqueur d’Ambri-Piotta.

Heureux pour le CH

Bouillon est heureux de voir que le Canadien connaît une autre bonne saison.

«J’aurais aimé pouvoir me tailler un poste avec l’équipe, mais Marc [Bergevin] et Michel [Therrien] ont préféré donner la chance à Jarred Tinordi et Nathan Beaulieu en début de saison», a-t-il commenté.

«Il faut croire que ces jeunes n’ont pas répondu aux attentes puisque la direction est allée chercher des vétérans comme Sergei Gonchar et Bryan Allen. L’équipe continue de gagner, c’est ce qui importe.»

►Bouillon aurait bien aimé être à Montréal lorsqu’ont eu lieu les funérailles de Jean Béliveau. «C’est un homme que j’admirais beaucoup, a-t-il dit. J’aurais tellement aimé être présent à l’église. J’ai vu des images des funérailles et j’en avais les larmes aux yeux.»


Serge Pelletier : 25 ans passés en Suisse
Entraîneur-chef du HC d'Ambri-Piotta et de Francis Bouillon.
Photo Courtoisie
Entraîneur-chef du HC d'Ambri-Piotta et de Francis Bouillon.

Serge Pelletier est l’entraîneur-chef et directeur général du HC d’Ambri-Piotta depuis 2012. Il dirige des équipes en Suisse depuis maintenant 25 ans, mais chaque été, il prend le temps de venir visiter sa famille à Montréal.

Pelletier a joué son hockey junior à Laval, Trois-Rivières et Verdun avant de porter les couleurs des ­Patriotes de l’UQTR, sous la gouverne de Clément Jodoin et de Dany Dubé.

Après avoir obtenu son baccalauréat en enseignement de l’éducation physique, il a choisi d’accepter une offre d’emploi pour développer le hockey en Suisse et il n’a jamais regretté son choix.

Duo avec Guy Boucher

Durant le tournoi de la Coupe Spengler, Pelletier secondera Guy Boucher derrière le banc de l’équipe canadienne.

«Le hockey suisse a beaucoup évolué depuis mon arrivée ici il y a 25 ans, a-t-il raconté. Le calibre de jeu s’est amélioré à tous les points de vue et plusieurs anciens joueurs de la LNH ont été pris par surprise lorsqu’ils s’amènent ici. Certains ne sont jamais parvenus à s’imposer.»

Quatre joueurs étrangers

Chaque formation peut aligner un maximum de quatre joueurs étrangers durant la saison d’une durée de 50 matchs. Ambri-Piotta mise sur Adam Hall, Alexandre Giroux, Keith Aucoin et Francis Bouillon.

«Giroux en est à sa deuxième saison avec nous et il fait très bien, a souligné Pelletier. Il s’est adapté rapidement. Il faut comprendre que l’adaptation doit aussi se faire à l’extérieur de la patinoire.»