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Un jeune greffé souhaite que le ministre de la Santé facilite le don d'organes pour Noël

Tomy-Richard Leboeuf McGregor
Photo Camille Laurin-Desjardins Atteint de fibrose kystique, Tomy-Richard Leboeuf McGregor a reçu une nouvelle paire de poumons il y a un an et demi, alors qu’il lui restait environ une semaine à vivre. Il a attendu deux ans et demi avant sa transplantation.

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Un jeune homme atteint de fibrose kystique qui a désormais une vie active grâce à une greffe des deux poumons, l’an dernier, n’a qu’un souhait pour Noël : que le ministre de la Santé facilite le don d’organes d’une manière toute simple.

«Ce que ça nous prendrait, c’est un décret de la part du ministre, qui dirait : à partir de maintenant, si la personne a signé sa carte d’assurance maladie, la famille ne peut pas s’opposer au don d’organes», résume Tomy-Richard Lebœuf McGregor.

Quand il a reçu sa nouvelle paire de poumons, en mars 2013, le jeune homme n’en avait plus que pour une semaine à vivre. Il était branché 24 heures sur 24 à une bombonne d’oxygène, à l’hôpital, et attendait cette greffe depuis deux ans et demi. Il avait fait la paix avec l’idée de mourir.

Il se rappelle le coup de fil du médecin, à 20h13, il se rappelle avoir enlevé son masque et «couru» dans le corridor, même s’il n’avait plus de souffle, pour prévenir l’infirmière.

Aujourd’hui âgé de 28 ans, celui qui est coordonnateur du Comité provincial des adultes fibro-kystiques continue le combat pour son amie Julie qui a eu moins de chance que lui. Elle est décédée en février 2013 avant d’avoir une greffe.

Les deux amis avaient le projet de faire changer la législation au Québec, pour que le consentement au don d’organes devienne présumé, et que seuls ceux qui s’y opposent signent un registre.

En septembre, Tomy-Richard a déposé à l’Assemblée nationale une pétition en ce sens ayant amassé 21 500 signatures. Mais le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, prône le statu quo pour l’instant.

Un premier pas

«Le vrai problème, en ce moment, c’est que même si un donneur potentiel a signé le consentement, si un seul membre de sa famille s’y oppose, on arrête le processus», explique le jeune homme.

L’an dernier, 165 personnes ont donné leurs organes, un record pour le Québec. Mais 127 processus de dons ont dû être stoppés parce que la famille s’y opposait.

«Ça veut dire qu’on pourrait réduire le temps d’attente de moitié! s’exclame Tomy-Richard. On est 120 personnes à attendre des poumons en ce moment, et le temps d’attente est de trois ans, alors que le temps de survie est estimé entre deux ans et deux ans et demi.»

Le jeune miraculé, qui est en pleine forme depuis sa transplantation, espère pouvoir convaincre le ministre de décréter un changement, pour que la signature du donneur soit non révocable.

«C’est juste d’être en accord avec la volonté de quelqu’un. Personne ne peut être contre ça. Je pense que c’est un beau cadeau de Noël que le ministre pourrait faire facilement à tout le monde qui attend un organe. Et ça ne coûterait rien au gouvernement.»

«Conscientisation»

Questionnée à ce sujet, l’attachée de presse du ministre Barrette a répondu au Journal par courriel que «la conscientisation est la meilleure avenue en ce moment».

Le ministre encourage toutes les personnes en bonne santé physique à signer leur carte, mais cela reste un choix personnel, dit-elle.

«Les mentalités évoluent constamment. On constate que les familles s’opposent de moins en moins à la prise d’un organe sur une personne qui n’a plus de fonction organique», a écrit Joanne Beauvais.