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Une année austère

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Au Québec, l’année politique fut littéralement marquée au fer rouge. Rouge, comme dans retour des libéraux au pouvoir. Rouge aussi pour «le Québec est dans le rouge» – vieux mantra classique des praticiens de la coupe budgétaire à blanc. Bilan impressionniste d’une année surréaliste.

Au Québec, l’année politique fut littéralement marquée au fer rouge. Rouge, comme dans retour des libéraux au pouvoir. Rouge aussi pour «le Québec est dans le rouge» – vieux mantra classique des praticiens de la coupe budgétaire à blanc. Bilan impressionniste d’une année surréaliste.

Austérité: sans contredit, le mot de l’année. Pauline Marois: experte dans l’art de faire disparaître un gouvernement en dix-neuf mois.

Philippe Couillard: le revenant de la décennie. Chirurgien au bistouri aiguisé capable de saigner les services publics sans anesthésie. Martin Coiteux: le vrai «boss» de l’austérité. Carlos Leitao: ministre invisible des Finances.

Sociétés d’État: aires protégées où l’austérité épargne les dirigeants nommés par copinage partisan.

Yves Bolduc: ministre accidentel de l’Éducation. Gaétan Barrette: médecin rescapé de la CAQ. Ministre responsable de réformer un système de santé déjà affaibli par trop de réformes.

Pierre Karl Péladeau: magnat de la presse pressé de «faire un pays». Jean-Marc Fournier: ministre libéral soudainement pressé de «protéger» l’indépendance des médias et du politique.

Course péquiste à la chefferie: voir «couronnement». Le suicide politique de l’année: Jean-François Lisée.

Les grands disparus de 2014: la création d’emplois, la charte des valeurs, les voyages en Écosse, le port pétrolier de Cacouna, Jacques Duchesneau, Fatima Houda-Pepin et Pauline Marois.

François Legault: ex-péquiste et chef de la CAQ. Annonce qu’il partira s’il ne prend pas le pouvoir en 2018. Bref, se prépare à virer ex-caquiste.

Amir Khadir: l’empêcheur trop discret de penser en rond.

Bélugas: le lobby le moins attendu. Mobilisation de l’année: les citoyens contre le pétrole et le gaz de schiste.

Arthur Porter: ex-patron déchu du CUSM et accusé de fraude. Prisonnier auto-exilé en lice pour l’Oscar du pire acteur catégorie «faux cancer terminal».

Régimes de retraite: fantasme d’une majorité de Québécois qui n’en a pas.

Vidéo d’exercices la plus vendue: «On lève le poing avec PKP!»

Mes prix « valise » 2014

Puisqu’on nous prend souvent pour des valises, je décerne mon prix «valise de bronze» 2014 à la Sous-Reine Lise Thibault. Pour son détroussage intensif des fonds publics, incluant pour un buste en bronze d’elle-même.

Pour sa prime de 215 000 $ encaissée alors qu’il était médecin et député en même temps, mon prix «valise d’argent» va à Yves Bolduc.

Pour cette perle lancée à la commission Charbonneau, mon prix «valise d’or» va à l’ex-ministre Nathalie Normandeau: «J’ai toujours érigé un mur entre mes fonctions de militante et mon rôle de ministre.»

Mon prix « lettres de noblesse »

Pour avoir œuvré à redorer le blason de la politique par son travail transpartisan sur les soins en fin de vie, l’ex-ministre Véronique Hivon reçoit mon prix «lettres de noblesse».

Je le décerne aussi en partage à l’ensemble des élus de l’Assemblée nationale pour leur hommage ému et émouvant rendu aux quatorze femmes assassinées en 1989 à la Polytechnique.

Sur ce, je vous retrouve mardi pour mon bilan «fédéral, médias et culture» de 2014.