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L’importance du Québec pour la prochaine élection fédérale

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Le dernier billet de l’année. Je vous épargne un billet du style « l’année en chiffres » ou « un regard sur 2014 ». Au contraire, regardons vers 2015 et l’évènement majeur : la prochaine élection fédérale.

La semaine passée, en utilisant le plus récent sondage Crop, je montrais que le Québec était essentiellement une bataille NPD vs PLC (avec le PCC conservant ses acquis dans la région de Québec). Cette semaine, je porte un regard plus approfondi sur cette élection. En particulier, je vais essayer de mesurer l’importance du Québec.

La première chose est bien sûr de définir le concept « d’importance ». Avec 78 sièges, la Belle Province est la deuxième source de sièges au Canada, après naturellement l’Ontario (et ses 121 sièges, une hausse de 14 avec la nouvelle carte). Mais cela ne veut pas dire que les partis vont passer la majeure partie du temps au Québec. Cela dépend du nombre de sièges réellement en jeu, du parti, etc.

Je vais utiliser essentiellement deux méthodes. La première mesure d’importance regarde si les résultats du Québec changent le gagnant général. Par exemple les Conservateurs obtiendraient le plus de sièges dans le ROC, mais une fois le Québec inclus, Le PLC finit en fait devant. Dans ce cas-là, je considère le Québec comme essentiel et déterminant. La 2e mesure regarde si le Québec donne (ou empêche) une majorité à l’un des partis. Dans ce cas-là, imaginez le PLC minoritaire en ne regardant que dans le ROC, mais majoritaire grâce au Québec.

On pourrait bien sûr débattre quant à savoir si ces mesures sont appropriées ou non. Je lirai vos commentaires (surtout que le nouveau site permet de répondre directement) pour connaître vos suggestions. Mais en attendant, utilisons ces deux concepts.

J’ai fait 5000 simulations (comme d’habitude) en utilisant la moyenne des sondages récents. Spécifiquement, j’ai pris tous les sondages du mois de décembre. Ceux-ci ne s’entendent pas vraiment (et c’est le cas depuis quelque temps déjà). En particulier, si Abacus voit une course serrée avec un léger avantage au PCC, Forum voit une large avance Libérale. En moyenne cependant, Justin Trudeau reste en avance et l’Ontario et de loin le champ de bataille le plus chaud.

Voici les projections en se basant sur ces sondages. Vous avez dans l’ordre les intentions de vote, les projections de sièges avec intervalles à 95% ainsi que les chances de gagner le plus de sièges (probabilités basées sur les 5000 simulations qui tiennent comptent de l’incertitude des sondages ainsi que du mode de scrutin et de la distribution/efficacité du vote).

Les projections détaillées sont ici. Les chances d’une majorité sont de 6% pour le PLC et 0% pour le PCC. Le NPD ne peut actuellement pas espérer former le prochain gouvernement alors que le Bloc a un intervalle relativement large. Cela s’explique par le fait qu’en étant aux alentours des 20% au Québec, il se retrouve juste au seuil d’être compétitif dans plusieurs comtés. Ainsi, une légère sur ou sous-estimation des sondages et le Bloc peut passer de 0 député à 16.

Je ne m’attarderai pas sur ces projections car je veux me concentrer sur l’importance du Québec. Le tableau suivant montre les résultats en utilisant les deux mesures mentionnées ci-dessus.

Québec déterminant

36%

Québec donne/empêche majorité

5%

 

 

Lorsque le Québec est déterminant, il s’agît toujours d’une situation où Stephen Harper gagnerait si le Québec ne faisait pas partie du Canada. Mais une fois inclus les résultats de la Belle Province, Justin Trudeau devient Premier Ministre. Une autre façon de visualiser cela est de se rendre compte que sans le Québec, la course entre PLC et PCC est presque du 50-50 au lieu du 91%-9% avec le Québec.

Dans les 5% des cas où une majorité est décidée par le Québec, dans 40% des cas il s’agît d’une situation où le PLC obtiendrait une majorité grâce au Québec, alors que les autres 60% empêchent une majorité Conservatrice.

Au final, il est indéniable que le Québec jouera un rôle majeur lors de la prochaine élection. Bien peu de provinces peuvent se vanter de choisir ou déterminer la couleur du gouvernement 36% des fois. Pour 2015, cette province est surtout essentielle pour Justin Trudeau. Stephen Harper n’a pas grand-chose à espérer et il n’existe actuellement aucun scénario où le PM ferait mieux grâce au Québec. Dans plusieurs cas en fait, le Québec peut non seulement l’empêcher de gagner, mais aussi lui bloquer la route d’une nouvelle majorité. Si Stephen Harper veut conserver son poste, il doit espérer que le NPD (et Bloc) empêchent Trudeau de récolter trop de sièges au Québec.