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Le système G

Retour à la normale dans les urgences
Photo Roger Gagnon

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C’est ma dernière chronique de 2014.

Habituellement, comme le veut la tradition, je devrais terminer l’année sur une note positive, genre : «Après la pluie vient le beau temps» ou «Un policier en pantalon de clown vaut mieux que deux pompiers qui mettent le feu devant l’hôtel de ville » — des proverbes remplis d’optimisme et de joie de vivre.

Mais désolé, je ne peux pas.

LE SYSTÈME EN GRIPPE

Depuis quelques jours, les médias nous répètent que les urgences des hôpitaux débordent.

Pourquoi ? Parce qu’il y a trop de gens qui se pointent à l’hôpital pour des peccadilles.

Leur fils a le nez qui coule. Leur fille a un rhume. Atchoum, snif, snif.

Avant, quand notre enfant morvait et faisait de la fièvre, on le couchait sous de grosses couvertures, on l’embrassait sur le front et on lui donnait des aspirines ou un bouillon de poulet.

Ça s’appelait le système D. Débrouille, gros bon sens et remèdes de grands-mères.

Aujourd’hui, dès le moindre petit bobo, on se pointe à l’urgence pour voir si le gouvernemaman (pour reprendre l’expression de Joanne Marcotte) ne pourrait pas faire quelque chose.

«Mon fils fait de la fièvre et son nez coule ! Que devrais-je faire, docteur ?

— Euh... Couchez-le, donnez-lui de l’eau, et si ça persiste après trois jours, venez me voir.»

On a remplacé le bon vieux système D (pour débrouille) par le système G (pour gouvernement).

Je ne sais pas pour vous, mais moi, ce système, je l’ai en grippe.

UN PIED DEVANT L’AUTRE

Si on continue comme ça, on ne s’en sortira pas, les amis.

Combien de fois doit-on répéter que les urgences sont pour les cas GRAVES ?

Comme l’a dit le chef médical des urgences de l’hôpital Ste-Justine à une journaliste de La Presse : «Des enfants qui courent dans la salle d’attente n’ont pas besoin d’aller aux urgences.»

Sommes-nous si habitués de nous faire prendre en charge par le gouvernement qu’on ne sait plus mettre un pied devant l’autre ni faire la différence entre un simple rhume et la peste bubonique ?

L’État ne peut pas tout régler ni encadrer chaque geste que nous posons dans une journée. Vient un moment où il faut aussi prendre nos responsabilités. Aide-toi et l’État t’aidera !

Le gouvernement a mis sur pied (à grands frais) un service téléphonique destiné à renseigner les Québécois AVANT qu’ils ne se pointent à l’urgence. Ça s’appelle Info-Santé et c’est disponible au numéro 811.

Serait-ce trop vous demander de signaler ces trois chiffres avant d’aller engorger une urgence ?

Vous pouvez aussi aller au Jean Coutu ou au Pharmaprix de votre quartier. Vous savez, on trouve de tout, dans une pharmacie, même... un pharmacien !

SE PRENDRE EN MAIN

Croyez-vous qu’autant de gens se pointeraient à l’hôpital pour la moindre niaiserie si les soins n’étaient pas gratuits ?

(Oui, je sais, les soins NE SONT PAS gratuits, les contribuables finissent toujours par payer la facture, mais les gens qui engorgent les urgences parce qu’ils se sont cogné le gros orteil contre la porte du garde-manger ne le savent pas...)

Pourrait-on faire un petit effort, en 2015, et nous prendre tous un peu plus en main ?


 

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