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Bye bye: pourquoi on les trouvera de moins en moins drôles

Bye bye: pourquoi on les trouvera de moins en moins drôles

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Faire un Bye bye en 2014 (ou 2015), comporte des défis qui n'existaient pas auparavant, et qui ne vont que s'amplifier. Voici pourquoi.

Le Bye bye est chaque année un succès... dont à peu près personne n'est vraiment content. C'est comme cela que j'ai trouvé à résumer, d'entrée de jeu, lors de l'échange avec Thérèse Parisien, animé par Louis Lacroix sur les ondes du 98,5 FM ce vendredi 2 janvier, le Bye bye 2014. 

Un succès ? Ça vient de se confirmer encore une fois: selon les chiffres préliminaires dévoilés par Radio-Canada, 2 902 000 téléspectateurs étaient à l'écoute le 31 décembre, entre 23 h et 24 h. Et une fois compilés les reprises et les enregistrements, ce chiffre va encore grimper. Lle chiffre préliminaire représente même déjà une hausse par rapport au Bye bye de l'an dernier ( 2 859 000). Donc, difficile de décrire autrement que comme un succès un show qui arrive ainsi à attirer, année après année, une part aussi impressionnante de la population adulte au Québec.

Mais ça satisfait peu l'auditoire... et ça ne s'améliorera pas. Bien sûr, tout le monde a toujours son opinion, et les plus insatisfaits sont les premiers à l'exprimer: trop politique; trop "à gauche", et pas en phase avec "le vrai monde" dans le choix des sujets et des têtes de Turc; trop de chansons. Alouette... C'est un peu normal qu'une émission aussi attendue et regardée suscite autant d'opinions différentes. Mais en même temps, c'est clair que, faire un Bye bye en 2014 (ou 2015), comporte des défis qui n'existaient pas auparavant, et qui ne vont que s'amplifier. Voici lesquels.

L'encombrement télévisuel. Dans le créneau de la satire liée à l'actualité, le Bye bye a beaucoup plus de concurrence qu'avant, à longueur d'année. Il y a maintenant diverses émissions, qui, au fil de la saison, font leur miel de l'actualité politique, et autre: que ce soit Gérard D. Laflaque, Brassard en direct, Infoman, SNL Québec, et même une émission comme Les Appendices... Sans parler de ce que fait À la semaine prochaine, à la radio de Radio-Canada... C'est un défi de plus en plus compliqué, d'arriver à la fin de l'année avec quelque chose qui va décaper et surprendre.

La concurrence des réseaux sociaux. J'avais prédit qu'on verrait une parodie de la fameuse pub de Trivago... Celle du Bye bye était drôle. Mais en même temps, on en avait déjà vu circuler sur les médias sociaux. Et c'est comme cela pour plein d'évènements et d'enjeux qui émergent en cours d'année: les scripteurs du Bye bye ont maintenant comme concurrence les membres du public, qui peuvent désormais partager leurs trouvailles et leurs productions à grande échelle via les réeaux sociaux.

L'éclatement des références culturelles. C'est une des choses que j'ai soulignées lors du segment au 98,5FM. Et, je trouve que des commentaires sur ce billet de Lise Ravary, tombent à pic à cet égard: «À l'instar d'une majorité des Québécois, je n’avais pas le vu film La petite reine, et je n’ai donc pu apprécier à sa juste valeur le sketch sur Lise Thibault, écrit-elle. (...) Je ne connaissais pas non plus le succès de l’été 2014 All about that bass de Meghan Trainor. (...) J’adore Stromae. Papaoutai est une chanson géniale. Mais je ne connaissais pas le vidéoclip.» Exactement. Et, ce genre de divergences va aller en s'amplifiant: on est, beaucoup moins qu'avant, exposés aux mêmes émissions, aux mêmes publcitiés, aux mêmes films, aux mêmes vidéoclips...  Une référence culturelle évidente pour ceux qui appartiennent à une certaine tranche d'âge, ou partagent certains intérêts, va être complètement inconnue pour d'autres. Et, avec des références plus éclatées qu'avant, c'est de plus en plus difficile de faire des parodies instantanément reconnaissables par la majorité de l'auditoire.

Une remarque sur les pubs. En marge de ces commentaires, je ne finis jamais de m'étonner qu'on ne trouve pas davantage d'annonceurs pour tirer parti de cet évènement télévisuel sans égal. Un commentaire que j'ai vu passer sur Twitter résumait tout: "Le Bye bye 2014, c'est comme notre Super Bowl mais avec que des mauvaises pubs" Exactement... Et quand, pendant quelques secondes, on se demande si on a affaire à une parodie ou à une vraie pub, c'est que ce n'est vraiment pas brillant... Tant qu'à dépenser de l'argent pour du temps d'antenne lors d'une occasion comme celle-là, n'y aurait-il pas moyen de mieux en tirer parti? En profitant, aussi, du "buzz" qu'on pourrait générer à cet égard, sur les réseaux sociaux, par exemple. Chapeau quand même, à cet égard, au "karaoke" mis au point par Métro, une initative vraiment pas banale. On en voudrait davantage. Et aussi, à la pub de Weight Watchers, dont ce n'est pas d'ailleurs la première incursion au Bye bye.

Qu'en pensez-vous ?