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De défavorisée à reine des sushis

Geneviève Everell a surmonté un passé difficile pour devenir une entrepreneure à succès

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Photo Agence QMI Geneviève Everell emploie aujourd’hui 17 «chefs sushis» à travers le Québec.

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Malgré une mère toxicomane et prostituée, un père alcoolique et des repas de «sous-sols d’églises», Geneviève Everell a surmonté sa jeunesse «défavorisée» dans Limoilou, pour devenir une entrepre-neure à succès, experte en sushis.

Malgré une mère toxicomane et prostituée, un père alcoolique et des repas de «sous-sols d’églises», Geneviève Everell a surmonté sa jeunesse «défavorisée» dans Limoilou, pour devenir une entrepre-neure à succès, experte en sushis.

La propriétaire de Sushi à la maison et animatrice de Sushi à la folie, sur les ondes de la chaîne Zeste, a raconté son passé difficile au Journal.

La jeune femme de 28 ans, devenue maître dans l’art du poisson cru, en parle comme d’un tremplin qui l’a propulsée vers la réussite. «J’ai créé ma vie et je la remercie tous les jours pour m’avoir donné une étoile chanceuse», raconte-t-elle humblement.

«Ma mère a fait des mauvais choix pour elle. Elle a gâché sa vie, pas la mienne», mentionne celle qui a dû apprendre à cuisiner et faire ses devoirs seule... à l’âge de 11 ans. Malgré tout, Geneviève est aujourd’hui reconnaissante envers «celle qui lui a donné la vie» et qui est partie à l’âge de 47 ans des suites d’un cancer.

Avec sa mère, quelques mois avant son décès en août 2010
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Photo Courtoisie

Du plus loin qu’elle se souvienne, ses parents ont toujours consommé alcool et drogues. «Ma mère se piquait au Dilaudid (un narcotique plus puissant que la morphine) et mon père buvait plusieurs “1.18 litre” par jour.»

«Ma mère et moi nous faisions évincer des appartements où l’on vivait parce qu’elle consommait avec l’argent de ses chèques d’aide sociale. Elle me donnait la chambre et elle dormait sur le divan, mais ça devenait aussi sa raison de ne pas rentrer dormir à la maison», raconte Geneviève, qui a fréquenté quatre écoles différentes, uniquement pendant sa 4e année du primaire.

« Le déclic »

À bout de ressources, elle décide un jour de se rendre au presbytère pour demander de l’aide. Elle avait 15 ans et se rappelle cet après-midi qui a tout fait basculer.

«Les sœurs m’ont donné un bon d’épicerie de 30 $, et c’est devant le comptoir des charcuteries que j’ai eu un déclic», se remémore-t-elle. «Je me suis dit que ce ne serait pas ça, ma vie. Que je voulais être libre de m’alimenter à ma guise.»

Des sandwichs aux sushis

C’est quelques années plus tard, dans une sandwicherie de la rue du Pont à St-Roch, qu’elle a commencé sa carrière en restauration. C’est d’ailleurs là, en 2006, qu’elle a rencontré sa «première bonne étoile».

«Un propriétaire d’un restaurant de sushis m’a proposé d’aller rouler des sushis, et j’ai accepté!», s’exclame la jeune femme. Aujourd’hui, elle emploie 17 «chefs sushis» à travers le Québec, pour son concept de services de repas de sushis à domicile, Sushis à la maison.


Plusieurs projets menés de front

Geneviève Everell cumule les projets depuis quelques années. Le succès de ses «soirées sushis» n’est plus à faire, alors que les réservations sont souvent faites un an d’avance, les ventes de son livre Sushi à la maison sont «surprenantes» et elle s’apprête maintenant à donner sa toute première conférence au Théâtre Petit Champlain, le premier mars prochain.

Pour la première fois devant «grand public», la gastronome racontera la création de son entreprise, qui a maintenant des tentacules un peu partout à travers la province.

«Les seules régions que nous ne desservons pas, c’est l’Abitibi et la Côte-Nord, mais la demande est là et ce sera chose faite d’ici la fin du mois!», annonce fièrement au Journal la «sushi-woman».

D’autres livres à venir

Elle aborde aussi son enfance difficile et parle de sa passion pour la gastronomie. «Se trouver une passion, ça peut carrément te sauver la vie», estime celle qui réussira sans doute à donner des ailes à tous ceux qui possèdent un minimum de fibre entrepreneuriale. «Ça s’adresse à tout le monde, peu importe d’où tu viens», mentionne l’ancienne animatrice radio.

Surfant encore sur le succès de son premier livre, Geneviève Everell prépare déjà son deuxième. Prévu en septembre prochain, il sera davantage axé sur les tartares, alors qu’un troisième est déjà dans les plans. «Il regroupera des recettes de tartares et sushis», annonce-t-elle.

La première saison de son émission Sushi à la folieest aussi en diffusion sur les ondes de la chaîne Zeste. «On se croise les doigts pour la saison 2!», espère-t-elle.