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L’amour de soi

femme visitant un vieux lavoir girondin
Eléonore H - Fotolia

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« Aime ton prochain comme toi-même », a dit un jour un grand homme. Force est de constater que beaucoup d’entre nous n’avons pas compris la deuxième partie de ce conseil: s’aimer soi avant d’aimer les autres et non s’aimer parce que les autres nous aiment.

« Aime ton prochain comme toi-même », a dit un jour un grand homme. Force est de constater que beaucoup d’entre nous n’avons pas compris la deuxième partie de ce conseil: s’aimer soi avant d’aimer les autres et non s’aimer parce que les autres nous aiment.

Ici, point question de narcissisme, lequel consiste en la contemplation de soi-même. Ce mot dérive de Narcisse, un jeune homme qui serait, selon la mythologie, tombé amoureux de son reflet perçu dans l’eau au point d’en mourir et d’être transformé en fleur, le narcisse. Le narcissisme est considéré comme une perversion en psychanalyse.

S’aimer soi-même n’est pas toujours facile, surtout si l’on a été éduqué par des parents critiques mettant davantage l’accent sur nos défauts à améliorer que nos forces à exploiter.

Ici, point question
de narcissisme, lequel
consiste en la
contemplation
de soi-même

L’amour de soi est pourtant indispensable pour donner, et recevoir, de l’amour des autres.

D’après la professeure Mia Leijssen, «S’aimer soi-même (n’est pas du narcissisme), c’est être en contact avec sa propre essence et se connaître en tant que personne ayant des caractéristiques particulières, sans y attacher de jugement de valeur.» (Love, éd. de L’Homme, p. 192).

L’amour de soi, c’est ce qui nous permet de dire «Je...»; c’est la conscience d’une volonté propre, de son autonomie et de sa liberté. C’est aussi un sentiment de son droit à une individualité unique et exceptionnelle, quoique limitée et mortelle.

Les attentes des autres

Pour ce faire, l’enfant – et l’adulte – a besoin d’un environnement aimant et respectueux de cette individualité propre. Malheureusement, beaucoup d’hommes et de femmes sont prêts à sacrifier leur identité pour mériter l’amour des autres (parents, amis, conjoint) et éviter les confrontations entre leurs attentes et les attentes des autres.

Une personne submergée par les attentes des autres risques de développer une image négative d’elle-même, perception qui peut mener à un affaiblissement de l’amour de soi et à des comportements autopunitifs. Incapable de répondre aux attentes des autres, cette personne devient aussi incapable de dire: «Je suis moi» et recherche continuellement la certitude d’exister dans le regard des autres.

Retrouver l’estime de soi

Apprendre à se connaître et à s’accepter est fondamental pour prendre contact avec soi et ressentir l’amour de soi. C’est cet amour de soi qui est à la base d’une attitude – et d’une certitude – d’être en bonne compagnie avec soi-même, peu importe les circonstances extérieures.

Les personnes ayant une bonne estime d’elles-mêmes ont su apprivoiser la solitude qu’ils n’associent jamais avec l’isolement, car ils sont toujours en bonne compagnie.

Ils savent apprécier ces moments en tête-à-tête avec eux-mêmes, sans sombrer dans le narcissisme, puisque ces personnes savent aussi qu’elles ont des besoins dont la satisfaction dépend de la présence des autres, d’un(e) autre, à aimer.

Ce chemin vers l’estime de soi ne se fait pas facilement dans une culture où l’accent est mis sur le succès, la réussite, la gloire, le matériel, la fuite en avant: en bref, la reconnaissance et l’amour des autres.

Pour arriver à une saine estime de soi, il faut affronter la vérité à son sujet, même si parfois cette vérité peut être douloureuse: accepter ses imperfections et ses insuffisances pour ne plus avoir besoin de se mentir à soi-même et à monter une fausse image de soi aux autres.

La sérénité

L’amour de soi mène à la sérénité par l’acceptation de soi et la culture d’idées et de sentiments positifs envers soi-même et l’arrêt d’un monologue intérieur autodévaluant.

L’introspection qui permet la connaissance et l’estime de soi doit toutefois être menée non pas par un ego centré sur soi, mais bien, pour paraphraser Mia, par être entière tout en ayant conscience d’être uni à un ensemble plus grand que soi.

C’est un travail qui peut prendre toute une vie, mais qui peut commencer maintenant.