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Zumba à saveur Bollywood

Zumba à saveur Bollywood
Illustration Johanna Reynaud

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«Wooooooooouuuuuu! Come on girls!»

Ça fait seulement cinq minutes que le cours de Zumba est commencé que je suis déjà épuisée. Par les foutues chorégraphies que j’essaie d’exécuter du mieux que je peux et par le trop plein d’énergie dont fait preuve la prof.

Avec ses longs cheveux blonds même pas détrempés par la sueur et son sourire de G.O. d’un Club Med, cette animatrice de radio hyper populaire me fait carrément suer.

C’est ma Best qui m’a traînée ici, alléguant que ça me ferait le plus grand bien de faire de l’exercice. Surtout après les excès des Fêtes. Et puisque la séance coûte seulement 5 $, je n’ai pas pu évoquer mon budget serré pour échapper à notre nouveau rendez-vous hebdomadaire.

-«Et maintenant, on se move le bassin. On est hot et sexy» reprend l’animatrice, entre un clappement des mains et trois pas à droite.

Non mais c’est quoi son point? Je ne vois pas du tout l’intérêt d’être sexy quand il n’y a aucun homme à l’horizon. Les participants sont tous des participantes. Pas nécessaire de porter un petit kit moulant comme elle le fait. Tout pour nous faire sentir coupable de ne pas avoir les abdos développés.

De plus, elle est super énervante à faire la sauterelle partout autour de nous. Saute à gauche, saute à droite! Qu’elle est étourdissante!

Ma Best me regarde et, devant mon air découragé, m’invite à être plus positive et à «embarquer dans le jeu». Mais j’ai toujours détesté la musique latine et ce n’est pas aujourd’hui que ça va commencer. Pas dans cette salle de classe convertie en gym et éclairée aux néons.

Démonstration privée

Sentant que je ne suis pas totalement vendue à ses stepettes, la prof me rejoint à l’arrière pour me faire une démonstration privée. Moi qui voulais rester dans l’ombre, voilà que tout le monde me regarde. Gênant... surtout que pour suivre le groupe, je suis plutôt nulle.

Je vais à droite quand on doit aller à gauche, je suis toujours en retard de deux pas ou deux mouvements et... catastrophe, je me retrouve souvent dos à l’animatrice, alors qu’on doit lui fait face. Est-ce qu’on peut me laisser tranquille, s’il vous plaît?

Mais l’entraîneure ne l’entend pas ainsi. Elle exécute ses mouvements directement devant moi, en ralentissant légèrement la cadence pour que je puisse la suivre. J’y arrive un peu mieux, mais rien pour écrire à sa mère ou se déclarer reine de la Zumba.

Bonne dernière

Il faut dire que je n’ai jamais été douée pour les sports. Même qu’au primaire, j’étais la risée de toute la classe. Et au secondaire, je détestais les cours d’éducation physique parce que j’étais toujours bonne dernière. Pénibles souvenirs...

-«On ne pense plus à rien. On se laisse aller à la musique», lance-t-elle, alors qu’une chanson tirée d’un film de Bollywood se fait entendre.

Ça, j’avoue que je préfère. Le rythme est moins saccadé, plus langoureux, plus facile à s’abandonner, justement. Je m’imagine dansant avec des milliers de personnes devant la porte de l’Inde à Mumbai, vêtue d’un magnifique sari en satin couleur framboise, avec des petits motifs dorés.

Je ne suis peut-être pas la Reine de la Zumba, mais je suis celle de Bollywood, tous ces charmants Indiens craquant devant mes gestes sensuels et mon sourire confiant.

Et puis, sans que je m’y attende, la magie opère. Est-ce que c’est parce que je suis partie dans ma tête comme j’aime bien le faire dans mon métier de romancière? Ou bien ce sont les endorphines, ces fameuses hormones du plaisir, qui se manifestent?

Quoi qu’il en soit, je me sens bien et j’en redemande. Et si c’était aussi pour moi, l’exercice physique? Si je n’étais pas si incompétente que je le pense? Petit à petit, l’idée fait son chemin. Je suis maintenant convaincue qu’en 2015, j’arriverai finalement à me mettre en forme. Et que j’y trouverai du bonheur!