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Jamais ennuyant

Les Américains et les Français se sont plantés avec leur fartage

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AFP

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De la neige boueuse en Allemagne jusqu’aux énormes cloches à vache qui sonnent pour Dario Cologna, le Tour de ski n’est jamais ennuyant.

Nous sommes arrivés dimanche soir à notre hôtel en Italie, qui est situé à une vingtaine de minutes de Val Müstair, en Suisse, où se tiendra le sprint d’aujourd’hui. C’est le petit village où est né Dario Cologna, avec qui j’ai skié durant plusieurs minutes hier matin sur le parcours de 700 mètres.

C’est amusant de voir la popularité du champion suisse. Il y a une dizaine de supporteurs qui le suivent partout, même durant ses entraînements, et qui traînent des cloches à vache démesurées pour l’encourager.

L’épreuve la plus longue

Il y a toujours une ambiance spéciale durant le Tour. On le constatera encore durant l’épreuve de 35 kilomètres de jeudi, même si l’absence de neige à Cortina a obligé cette année les organisateurs à se limiter à une boucle de cinq kilomètres à Toblach.

Les années passées, les spectateurs partaient en ski de Cortina pour venir à notre rencontre. Ils s’arrêtaient le long du parcours pour encourager les athlètes. Ce sera différent cette année, mais c’est quand même l’épreuve la plus longue du Tour et dans laquelle on voit le plus de monde.

Pas de problèmes en Italie

L’Italie n’est pas la Suisse et encore moins l’Allemagne en ce qui a trait aux règles entourant la course. En Allemagne, c’est toujours plus strict. Dimanche, c’est notre massothérapeute qui conduisait le véhicule pour nous amener à la salle de fartage, mais il est entré dans le mauvais stationnement et le gardien a exigé qu’on fasse demi-tour. On lui a alors demandé si nous pouvions seulement descendre, nous, les skieurs, pour nous rendre à l’endroit de la compétition. Non, pas question!

C’est drôle de voir les différences dans les cultures. En Italie, n’importe quel véhicule qui n’a aucun rapport occupe parfois le stationnement d’une équipe. Il suffit que le responsable de la sécurité soit parti prendre un café ou qu’il soit occupé à jaser avec son voisin...

Northug et Opération Nez Rouge!

Un peu comme c’est le cas du cyclisme au Tour de France, il y a toujours quelque chose de différent qui se passe à chaque étape. Il faut demeurer constant. Une petite minute perdue durant une seule journée et ça peut devenir difficile de revenir dans le classement le jour suivant.

En Allemagne, ça peut se jouer dès les premiers jours du Tour, où la neige est toujours un casse-tête. La température est souvent près de zéro. Dimanche, il s’est mis à pleuvoir et la neige était rendue sale, presque boueuse. Les Américains et les Français se sont plantés avec leur fartage et ils sont déjà hors de la course.

Non, ce n’est jamais banal. J’ai même échangé quelques mots avec Petter Northug, après notre podium de dimanche, pendant qu’on attendait pour le test antidopage. Même s’il a été condamné à 50 jours de prison pour conduite en état d’ébriété à la fin de la saison dernière, il m’a dit en rigolant qu’il était venu en voiture... avant de préciser que ce n’est pas lui qui conduisait!

—Propos recueillis par Alain Bergeron