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La poupée qui fait non

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Dans leurs messages de début d’année, nos syndicats font plus que s’opposer aux mesures de rigueur budgétaire du gouvernement, ils donnent l’impression de refuser la discussion publique autour du problème. Ils nient que les réalités d’endettement et d’appauvrissement qui frappent le Québec nous interpellent tous collectivement.

Dans la célèbre chanson, la poupée ne dit pas seulement non, mais toute la journée elle fait non, non, non, non, non, non, non. Au moment de l’année où chacun prend de bonnes résolutions, n’aurait-il pas été mieux avisé pour la FTQ et la CSN de se montrer un petit peu en mode solution, d’oser quelques propositions qui fassent preuve d’ouverture?

À écouter les chefs syndicaux, le gouvernement élu est aux prises avec «son» déficit et il serait odieux de le régler sur le dos des syndiqués. Je n’en peux plus de l’attitude voulant que les détenteurs d’une carte de membre syndicale appartiendraient à une classe de citoyens détachés du lot et qui seraient de l’autre côté de la clôture quand vient le temps de parler de nos misères collectives.

Temps durs pour tous

Je comprendrais ce discours de frustration si nous traversions une merveilleuse période de facilité, si la plus grande partie de la société se la coulait douce pendant que sont demandés des sacrifices aux syndiqués du secteur public. Mais c’est loin d’être le cas. La croissance des revenus des ménages québécois sera sous la barre des 2% pour l’année qui vient, le gouvernement frappe tout le monde avec des hausses de taxes et de tarifs. En plus, la situation de l’emploi risque de demeurer précaire. Les temps sont durs pour tout le monde.

On trouvera toujours des cas choquants qui démontrent que tous ne se serrent pas la ceinture. Comme des députés qui rénovent leur bureau de comté à grands frais. Bien que ces cas doivent être dénoncés pour leur valeur de symboles inacceptables, ils ne sont pas représentatifs de la réalité vécue par l’ensemble du Québec.

Faire sa part

Alors ils offrent quoi, nos chefs syndicaux, pour participer à la solution? Comment pourrait-on obtenir des gains d’efficacité? Les citoyens ont vu l’explosion du coût de plusieurs services publics sans sentir que ces services s’améliorent ou deviennent plus accessibles. Quand les villes avaient des marges de manœuvre, les syndiqués se sont négocié des semaines de quatre jours sans perte de rémunération. Peut-on aller en sens inverse le temps que nous sortions de la crise?

Il est légitime pour les syndiqués comme pour tous les citoyens d’espérer des jours meilleurs. Cependant, on ne peut pas faire comme si ce qui nous arrive tombait du ciel. Notre endettement est le résultat de décennies à vivre au-dessus de nos moyens. L’économie va assez bien sur tout le continent nord-américain... sauf au Québec. Notre modèle économique basé sur les taxes et la réglementation nous maintient au ralenti.

Personne de détient la vérité quant aux solutions, mais tout le monde porte le problème.

 

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