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La classe politique canadienne et québécoise appelle à ne pas céder au terrorisme

Premier Ministre, Philippe Couillard
SIMON CLARK / JOURNAL DE QUEBEC

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Secouée, la classe politique canadienne et québécoise a unanimement condamné l'attentat survenu à Paris mercredi dans les locaux du journal satirique Charlie Hebdo et appelé à ne pas céder au terrorisme.

Le premier ministre Stephen Harper a vivement dénoncé cet «acte barbare», qui a fait 12 morts dans la capitale française. «Le Canada et ses alliés ne seront pas intimidés et nous continuerons de faire front commun contre les terroristes qui voudraient menacer la paix, la liberté et la démocratie auxquelles tiennent nos pays. Les Canadiens sont solidaires de la France en ce jour sombre», a-t-il déclaré, par communiqué.

Tout comme les récentes attaques au Parlement d'Ottawa, à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Sydney en Australie, ce «crime haineux» rappelle qu'aucun pays n'est à l'abri des attaques terroristes, a insisté le chef conservateur.

Gerbe de fleurs au Consulat

En guise de solidarité envers le peuple français, le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, a d'ailleurs déposé une gerbe de fleurs devant le Consulat de France à Québec mercredi.

En entrevue avec le Bureau parlementaire, le député de Lévis-Bellechasse n'a pas caché que cet attentat renforce la détermination de son gouvernement à lutter contre ceux qui s’attaquent aux valeurs fondamentales des Canadiens et à donner aux corps policiers tous les outils nécessaires pour assurer la protection des citoyens. 

Bouleversé, le chef néo-démocrate Thomas Mulcair a condamné cette «violence insensée». «La liberté d’expression est une valeur fondamentale et universelle. Ces actes immondes ne nous feront jamais déroger de cette valeur inestimable.»

«Nous condamnons les horribles attentats survenus à Paris, nous sommes de tout cœur avec le peuple français et les familles des victimes», a éc¶it le chef libéral Justin Trudeau sur Twitter.

Pour le chef bloquiste Mario Beaulieu, l'intégrisme s'est attaqué cette fois à ce que la liberté d'expression a de plus pur: «le droit à l’irrévérence, le droit à la polémique, le droit à la moquerie». «Il faut du courage, voire de la témérité, pour dire tout haut ce qui appartient bien souvent au domaine des tabous», a-t-il signalé dans un communiqué.

Couillard

À Québec, la consternation était aussi à son comble. «Ces événements sont intolérables et inacceptables. Jamais nous ne nous inclinerons devant de tels gestes d’intimidation, de violence et de haine», a réagi le premier ministre québécois Philippe Couillard, par voie de communiqué. «Nous ne céderons jamais au terrorisme», a-t-il également écrit sur son fil Twitter.

Philippe Couillard n'a pas manqué de rappeler le lien privilégié qui lie le Québec et la France. «Nous partageons non seulement une langue commune, mais également des valeurs de liberté et de démocratie. Au nom du peuple québécois, je leur exprime toute ma solidarité et je salue leur courage dans cette épreuve difficile», a-t-il fait valoir.

Le drapeau a été mis en berne à l'Assemblée nationale et à la délégation du Québec à Paris à la demande du premier ministre, qui fera également parvenir une lettre au président François Hollande pour exprimer la solidarité du Québec à l'égard du peuple français.

Legault fait réagir

Le chef caquiste François Legault a fait lui aussi un commentaire sur les médias sociaux qui en a surpris plus d'un. «La lutte contre les extrémistes est plus urgente que jamais. Plus de Carrie Mathison!», a-t-il écrit sur Twitter, en référence à la vedette de la série Homeland.

Les réactions ont fusé et obligé le chef de la CAQ à préciser sa pensée. «À voir les commentaires, plusieurs ont de la difficulté avec le 2ème degré et la lutte aux extrémistes. Solidaire mais aussi conséquent!», a-t-il ajouté quelques minutes plus tard.

M. Legault estime que l'attentat perpétré mercredi dans la capitale française est une attaque contre la liberté et la démocratie. «Nul ne voudrait vivre dans une société où les idéaux et la libre pensée sont réprimés dans la violence et le sang. J’appelle les Québécois à se serrer les coudes et à exprimer leur solidarité au peuple français. L’Occident ne doit pas rester les yeux fermés face à des gestes d’une telle violence», a-t-il fait valoir plus tard par communiqué.

Symbole de la liberté d'expression

En entrevue avec le Bureau parlementaire, le député caquiste Benoît Charrette a tenu à préciser qu'on s'est attaqué ni plus ni moins à un véritable symbole de la liberté d'expression. «En France, Charlie Hebdo c'est sans doute la voiz la plus libre qui soit, un hebdo totalement indépendant avec des positions toujours très très campées. Je ne cautionne pas tout ce que l'hebdomadaire a pu écrire au cours des dernières années, mais je reconnais par contre sa pertinence», a-t-il insisté.

PQ

Le chef intérimaire péquiste, Stéphane Bédard, a tenu à exprimer la solidarité des membres de son parti envers le peuple français et la communauté journalistique.

«Nous dénonçons cet attentat et demeurons solidaires des Français et de tous ceux qui se battent pour la liberté de la presse, une valeur que nous avons en partage», a-t-il affirmé, par voie de communiqué.

Les différents candidats à la chefferie du Parti québécois ont également tour à tour réagi. «Les médias, la presse écrite et ses artisans ainsi que la démocratie sont en deuil aujourd'hui et pour longtemps», a écrit le député de Saint-Jérôme Pierre Karl Péladeau sur Twitter.

«La démocratie et la liberté de presse sont frappées par des extrémistes. La République ne doit pas céder. Solidarité avez les Français», a écrit le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier.

«Attaque contre la liberté de presse, liberté d'opinion et démocratie. Toute ma solidarité aux familles, collègues et à la France», a réagi la députée de Vachon, Martine Ouellet, sur les médias sociaux.

QS

Le député solidaire Amir Khadir a qualifié l'évènement de «jour noir pour la liberté d'expression».

«Wolinski, Cabu, Charb et les autres ont payé de leur vie l’indépendance de Charlie Hebdo, qui avec témérité a refusé d’accepter d’être bâillonné, que ce soit par des fanatiques ou par des grands patrons de presse», a-t-il fait valoir par voie de communiqué.

Il ne faut pas pour autant céder «aux amalgames et à la stigmatisation de certaines communautés, a prévenu le député de Mercier. Comme le scandait l’une des unes de Charlie Hebdo, l’amour est toujours plus fort que la haine!».

Avec la collaboration de Marc-André Gagnon