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La randonnée alpine

Jeff Rivest
photo courtoisie jeff rivest En haute montagne, certaines sections doivent être franchies à pied.

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Randonnée alpine? Et si on vous dit «ski hors piste», quoique ce ne soit pas tout à fait ça puisqu’on pratique le sport sur des pistes. Les Français parlent de ski haute-route, mais nos sommets rendent l’appellation gênante. On entend aussi parler de ski-aventure, et même de rando-course. Enfin, si on vous dit «peau de phoque»?

Voilà. «C’est le plus gros problème de notre sport: on ne sait pas comment l’appeler», soupire Jeff Rivest en riant. On a choisi la traduction de “alpine touring”: la randonnée alpine.»

Mais on ne fait pas que randonner quand on fait de la randonnée alpine. Une fois la montée – la randonnée – complétée, on enlève les peaux de phoque sous nos skis, ces bandes antidérapantes, on ajuste nos fixations et on savoure une descente bien méritée, dans une section de montagne autrement inaccessible, garante de conditions naturelles, et si on est chanceux, bien poudreuses.

En théorie, c’est savoureux, en pratique, ici, vraiment?

Le passionné de randonnée alpine, qui travaille fort à promouvoir le sport, répond honnêtement à mon ­scepticisme.

«C’est sûr qu’au Québec, on n’a pas les terrains de rêve pour pratiquer le sport avec des montagnes et des glaciers d’envergure pour des descentes dans la poudreuse en solitaire... mais tu peux monter sur des sentiers dédiés dans la forêt, c’est vraiment un super entraînement cardio sans impact pour les articulations, et ensuite tu profites d’une descente à ton goût, sur tes pistes damées si tu le souhaites.»

Endorphine et adrénaline

Aux États-Unis, on parle même de «ski fitness», de «ski running», voire de «uphill skiing», la dimension entraînement – la montée – prenant une place de plus en plus importante dans ­l’attrait du sport.

«Avant, c’était des skieurs alpins exclusivement qui s’adonnaient à la randonnée alpine pour accéder à du terrain de glisse plus intéressant. Maintenant, on voit un engouement de sportifs qui tripent sur le côté fitness du sport: ils grimpent la montagne et se font un super entraînement, puis ils profitent d’une descente sur une belle piste damée qui exige moins d’habiletés en ski que des conditions plus sauvages. J’ai même aidé à équiper Pierre Lavoie, qui se lance dans ce sport-là cet hiver comme porte-parole du mont Édouard», explique Jeff Rivest.

Et l’amoureux du ski continue avec un argument massue: «L’attente aux remonte-pentes... on est tous blasés de se corder en fil au pied des pistes: on est plus actif et on veut bouger!»

Financièrement, naturellement, c’est intéressant. Le tarif journalier pour profiter du centre en mode «skieur autonome» au mont Tremblant: 6 $, une fraction du prix d’un accès aux remonte-pentes.

On ne passe pas deux heures à gravir une montagne pour faire des économies, toutefois. On le fait par plaisir, d’abord.

«On n’a jamais vu autant de gens “monter la montagne à l’envers”: il y a vraiment un engouement. Les gens recherchent de nouveaux défis», croit Simon St-Arnaud, «l’aventurier nordique», un des précurseurs du sport au Québec et ambassadeur du Festival Rando Alpine de Tremblant.

S’initier à la randonnée alpine

Ce week-end, un contexte en or: le Festival Rando Alpine de Tremblant. Samedi et dimanche sont organisées des sorties d’initiation gratuites de deux heures (location de l’équipement en sus) et des conférences.

Les skieurs intermédiaires peuvent même découvrir l’attrait de la randonnée alpine en soirée dans une traversée nocturne qui inclut comme récompense une descente à la frontale et un souper fondue.

Des sorties intermédiaires et expertes, de même qu’une compétition, sauront aussi plaire aux ­randonneurs convaincus.

Inquiet des conditions? Simon Saint-Arnaud se fait rassurant.

«Il reste de la neige dans les bois [après le verglas], on en attend une dizaine de centimètres, et dans la forêt, on est bien protégé du froid. On bouge tellement qu’on a chaud!»

Plus d’information à tremblant.ca/festivalrando


OÙ PRATIQUER LA RANDONNÉE ALPINE AU QUÉBEC ?

Techniquement, on peut monter toute piste de ski alpin, mais les centres suivants encadrent la pratique et offrent des sentiers dédiés aux montées, et même parfois du terrain exclusif aux randonneurs alpins pour la descente:

Mont-Tremblant: 8 sentiers dédiés de randonnée alpine, et l’accès à toutes les pistes damées après la montée en autonomie.

Owl’s Head: la montagne consacre un versant complet à la randonnée alpine, équivalant environ au tiers de la station.

Mont Édouard: la station dédiera 100 % d’une montagne à la randonnée alpine et au ski haute-route.

Mont Garceau: un nouveau sentier de randonnée alpine a été inauguré cet hiver.

Mont Plante: eh oui, le mont des années 70 reprend du service... pour les skieurs-randonneurs qui aiment le ski en parfaite autonomie.

Massif du Sud: une montée réservée aux experts en ski haute-route.

Ski Chic-Chocs: le plus grand et «montagneux» terrain de jeux pour les amateurs de ski aventure. Dépaysement garanti.

Compétitions de randonnée alpine

Envie de se mesurer? Oui, déjà, plusieurs événements «SkiMo» (pour ski mountaineering, une autre appellation!) seront organisés cet hiver à travers la province:

11 janvier: course SkiMo du Festival de Rando Alpine - Mont-Tremblant

17 janvier: course SkiMo du Festival de ski hors piste du Yéti – Mont Avalanche

31 janvier: course SkiMo – Massif du Sud

7 février: événement Multiglisse – Mont Plante

8 février: course SkiMo– Vallée du Parc

14-15 février: course SkiMo – Mont Édouard

21-22 février: course SkiMo du Festival du Ski hors piste Vallée de la Jacques-Cartier – Parc National de la Jacques-Cartier

1er mars: course SkiMo du Festival hors piste des Chic-Chocs – Parc National de la Gaspésie

8 mars: course SkiMo du Challenge Dynafit pour la sauvegarde des léopards des neiges – Owl’s Head

14 mars: course SkiMo du Trail des neiges – Mont-Orford