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Les doux souvenirs de Pedro Martinez

Pedro Martinez

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Je ne sais pas si en raison du froid sibérien qui sévit, mais le fait que deux anciens lanceurs des Expos aient été admis au Temple de la renommée du baseball cette semaine a eu pour effet de me réchauffer le coeur.

C'est toujours agréable d'entendre parler de baseball en janvier, alors que le Québec grelotte. Ça me rappelle la belle époque des Expos, quand l'équipe profitait de ce premier mois de l'année pour effectuer une tournée de la province avec quelques joueurs vedettes avant le début du camp d'entraînement en février en Floride.

Toujours est-il que c'est sans surprise que Pedro Martinez et Randy Johnson ont été élus au Panthéon dès leur première année d'admissibilité. Ils ont été des lanceurs dominants, qui ont marqué leur époque.

Je n'ai guère connu le grand Johnson, cet artilleur mesurant six pieds et 10 pouces, étant donné qu'il n'a effectué que 11 départs à ses débuts dans les majeures à Montréal avant d'être échangé aux Mariners de Seattle en mai 1989 en retour de Mark Langston.

C'est une autre histoire avec Pedro. Que de doux souvenirs on a de cet athlète qui se plaisait beaucoup à Montréal, au point qu'il avait pris la peine de saluer les «fans» des Expos dans le vestiaire des Red Sox après leur conquête de la Série mondiale en 2004!

On l'aimait, le petit Dominicain. Il n'était pas gros (à peine 170 livres) mais il n'avait peur de personne sur la butte.

Martinez a gagné le premier de ses trois trophées Cy Young avec les Expos, soit en 1997. Il avait été dominant cette année-là, conservant une fiche de 17-8 avec une moyenne de points mérités de 1,90. Il avait complété 13 matchs.

Son arrivée avec les Expos en 1994 avait fait couler beaucoup d'encre parce que l'équipe avait osé échanger l'excellent joueur de deuxième but Delino DeShields pour obtenir ses services.

Ce fut une décision d'affaires, dictée par le budget serré des Expos, qui s'est transformée en coup de maître de la part du directeur général Dan Duquette, car Pedro est vite devenu l'un des meilleurs lanceurs partants dans les majeures.

Lorsque les Expos l'ont échangé aux Red Sox en novembre 1997, cela a sonné le glas de la concession. On aurait aimé le voir plus longtemps à Montréal,

Pedro a gagné deux autres trophées Cy Young au cours des années suivantes à Boston.

Felipe Alou m'a parlé de Martinez en termes très élogieux l'an dernier, lors d'une longue entrevue accordée au Journal de Montréal.

Il aimait son côté frondeur, combatif. Aujourd'hui, Felipe souligne avec une grande fierté que Martinez est le deuxième joueur de la République dominicaine à se retrouver à Cooperstown, le premier ayant été Juan Marichal.

Lorsqu'on analyse les statistiques de Martinez, on constate que son pourcentage de victoires-défaites de ,687 est phénoménal. Pedro a remporté 219 victoires et il n'a encaissé que 100 défaites, tout en obtenant 3154 retraits au bâton.

Dire qu'un tel lanceur s'est développé à Montréal, dans notre immense Stade olympique qui ne sert pratiquement plus à rien aujourd'hui...

Si je me réjouis pour Pedro, je suis déçu de voir qu'un joueur de la qualité de Tim Raines soit toujours incapable d'être admis au Temple de la renommée.

Pourtant, ce marchand de vitesse a été l'un des meilleurs premiers frappeurs de l'histoire, lui qui a récolté 2605 coups sûrs, produit 980 points, cogné 170 coups de circuit et totalisé 808 buts volés.

Vraiment, les portes du Temple ne sont pas faciles à ouvrir...