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Meurtre du caricaturiste Charb: Djemila Benhabib en deuil de son ami

Djemila Benhabib
Photo Courtoisie, Comité laïcité république Le caricaturiste Charb avait remis le Prix international de la laïcité à Djemila Benhabib en 2012, une rencontre qui a été marquante pour l’ex-candidate péquiste.

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Désespérée par la mort du caricaturiste Charb, qu’elle considérait comme son ami, l’écrivaine Djemila Benhabib vit un « deuil terrible » et avoue même craindre pour sa sécurité.

Jointe hier en France par Le Journal, l’ex-candidate du Parti québécois avait peine à retenir ses pleurs.

«Je me sens mal. C’est l’un des jours les plus sombres de toute ma vie», a-t-elle confié.

Au-delà de la tragédie qui a coûté la vie à au moins 12 personnes dont plusieurs membres de la rédaction du Charlie Hebdo, Mme Benhabib pleurait aussi un ami.

«Dès que je l’ai rencontré, j’ai tout de suite été charmée par la personnalité de Charb. C’était un garçon extrêmement doux, affable, qui n’aurait pas pu faire de mal à une mouche», a-t-elle raconté.

Charb solidaire de Benhabib

Djemila Benhabib a fait la connaissance du célèbre caricaturiste en 2012, lorsque ce dernier lui a remis le Prix international de la laïcité. Charb présidait alors le jury.

«Le jour de la remise du prix, il est arrivé sous l’escorte de quatre policiers. Nous nous sommes regardés dans les yeux et nous nous sommes compris. Nous menions le même combat», raconte Mme Benhabib.

«Je l’ai revu à plusieurs surprises. Il m’a manifesté publiquement son appui lorsque j’ai reçu une poursuite après avoir critiqué des écoles musulmanes.»

Vivre dans la peur

Militante de première heure en faveur de la laïcité, l’auteure de Ma vie à contre-Coran avoue avoir très peur depuis l’attentat.

«Il y aura dans ma vie un avant et un après 7 janvier. Le message aujourd’hui est très clair. Tous ceux qui se reconnaissent dans le combat mené par Charlie Hebdo se sentent menacés par cette barbarie», lance-t-elle.

«C’est arrivé à Paris, cela pourra arriver ailleurs. Si on ne prend pas conscience maintenant de l’extrême gravité de la situation, on le fera quand?»

Un homme courageux

En France depuis le mois de novembre pour visiter sa famille, Djemila Benhabib a été informée de la tragédie sur Twitter hier matin.

«Je n’ai pas seulement perdu un ami, j’ai perdu une salle de rédaction tout entière», déplore-t-elle.

Cette dernière n’a d’ailleurs pas hésité à louanger la carrière et l’implication de son ami.

«Charb vivait constamment sous protection policière depuis l’affaire des caricatures. Quand on s’est rencontrés, on a compris qu’on avait un lien très profond dans notre engagement contre l’intégrisme.»

«S’il existe un dessinateur et un journaliste courageux, c’était bien lui, poursuit-elle. Il n’avait plus de vie privée. Il était entièrement dédié à son combat. Il était très sensible à la condition humaine.»