/travel
Navigation

Skier dans le fief de Nancy Greene

Coup d'oeil sur cet article

Joyau méconnu de l’Ouest canadien, la station Sun Peaks veut sortir de l’ombre. Avec son immense domaine skiable et une qualité de neige à rendre blanc de jalousie les concurrents, cette destination ski a tous les atouts pour entrer dans les ligues majeures.  Tour du propriétaire en compagnie de Nancy Greene, ex-championne olympique de ski et ambassadrice des lieux.

À 71 ans, Nancy Greene n’a rien perdu de son élan. Encore aujourd’hui, la médaillée d’or aux Jeux olympiques de Grenoble, en 1968, dévale les pistes de ski de la station Sun Peaks à la vitesse de l’éclair. Impossible de la suivre à la trace.

«Malgré mon poste de sénatrice à Ottawa (elle a été nommée par le gouvernement Harper en 2009), je fais du ski encore une soixantaine de jours par année», dit l’athlète native d’Ottawa, qui ne recule jamais devant les demandes d’autographe de la part de ses admirateurs.

Depuis son retrait de la compétition active à la fin des années 1960, Nancy Greene et son mari, Al Raine, consacrent leurs efforts à mousser les stations de ski de l’Ouest canadien sur l’échiquier mondial.

«À l’époque, malgré la qualité de nos montagnes, on ne parlait que de l’Europe et du Colorado. On snobait carrément le Canada», raconte-t-elle.

Si Nancy Greene a d’abord consacré son énergie à la promotion de Whistler, près de Vancouver, elle est maintenant 100 % vendue aux attraits de Sun Peaks, dont ­elle est l’ambassadrice officielle depuis les années 1990. Sa résidence principale se trouve d’ailleurs au Nancy Greene Cahiltry Lodge, un hôtel qu’elle a fait bâtir au pied des pentes.

Pour vendre sa station, elle attrape même les journalistes au collet (ce qui fut mon cas) pour les inviter à skier avec elle. Malgré la fatigue, je n’ai pas été dur à convaincre. Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de skier avec une légende du ski qui fut nommée l’athlète canadienne féminine du 20e siècle par la Presse canadienne. Sitôt dans le télésiège, la sénatrice verbomotrice s’est lancée dans un éloge de Sun Peaks.

Faible achalandage

Située à 45 minutes de Kamloops, en plein cœur de la Colombie-Britannique, la station de ski de Nancy Greene, dont le mari Al Raines est le maire de la municipalité locale, vient d’ajouter 500 acres à son domaine skiable, pour un total de 4270 acres, ce qui en fait maintenant la deuxième station en importance au Canada, derrière Whistler-Blackcomb.

«La beauté de la station, c’est qu’elle s’étend sur trois montagnes aux caractéristiques très différentes», soutient Nancy Greene. Sur le mont Tod, qui culmine à un peu plus de 2000 mètres d’altitude, les skieurs s’en donnent à cœur joie dans les sommets où se trouvent des cuvettes sans arbres gorgées de poudreuse. L’atout de cette montagne, c’est qu’elle demeure accessible aux skieurs moyens. Pas de falaise vertigineuse à sauter comme dans les films du regretté JP Auclair. Si les skieurs casse-cou restent sur leur appétit, les skieurs lambda ne s’en plaignent guère.

Le domaine englobe deux autres montagnes, le mont Sundance, orienté plein sud et constellé de pistes intermédiaires, et le mont Morissey, où se trouvent de nombreuses pistes ouvertes ponctuées d’îlots d’arbres, procurant la sensation de skier en sous-bois sans la peur d’embrasser un végétal. On vient d’y aménager un nouveau secteur expert, qui était cependant fermé en début de saison par manque de neige.

Pour desservir ce gigantesque domaine skiable, on ne trouve que 11 remontées mécaniques. C’est peu, très peu. «Les gens adorent Sun Peaks en raison de son faible achalandage. La station peut accueillir 15 000 skieurs par jour, mais les journées les plus populaires de l’année n’attirent que 6000 skieurs. Résultat: les files d’attente aux télésièges, vous ne verrez jamais ça ici», assure Nancy Greene. Et puisqu’il n’y a pas de bousculade sur les pistes, on peut les dévaler à la même vitesse que l’ex-championne olympique.

Une météo idéale

Quant au climat, on ne peut trouver mieux sur le continent. Oubliez les gros froids, la température moyenne est de 6 ° Celsius en janvier. «Les montagnes Rocheuses nous protègent des froids sibériens qui soufflent de l’est, tandis que notre éloignement du Pacifique nous gratifie de précipitations de neige sèche», affirme Al Raines, avec qui j’ai eu également le plaisir de skier. Dans la vallée de l’Okanagan, la météo se compare à l’Utah et au Colorado, soutient Mme Greene.

Au pied du mont Tod niche le village alpin à l’architecture tyrolienne de Sun Peaks. Le Village Walkway, une étroite rue piétonne accessible aussi en ski ou en planche à neige, constitue son point central, avec ses boutiques de vêtements, ses restaurants et ses cafés. Côté hébergement, on y trouve de tout: de la chambre d’hôtel aux résidences de prestige, en passant par des condos plus ou moins luxueux. Peu importe votre mode d’hébergement, la quasi-totalité des hébergements propose la formule ski in/ski out.

Si vous voulez prendre une pause du ski alpin, Sun Peaks possède un menu très alléchant pour le ski de fond, avec 35 km de pistes tracées. La particularité du réseau, c’est que les skieurs de fond peuvent emprunter le télésiège Morissey Express afin d’accéder à des pistes pentues situées en altitude, là où la neige est presque toujours d’excellente qualité. Partant à 1675 mètres, la piste Holy Cow propose aux fondeurs une descente ininterrompue de 6 km de long. Une expérience que je ne suis pas prêt d’oublier.

Ce voyage a été rendu possible grâce à Voyages Gendron et Sun Peaks Tourism.


Sun Peaks en bref 

Domaine skiable: 4270 acres

Plus haut sommet: 2080 mètres
 
Village: 1255 mètres
 
Dénivelé: 882 mètres
 
Pistes: Plus de 130 (comprenant deux «alpines bowls»)
 
Piste la plus longue: la «5 miles», une   descente de 8 km
 
Remontées mécaniques: 11, incluant quatre télésièges quadruples
 
Difficulté des pentes: 10 % facile,   58 % intermédiaires  et 32 % experts 
 
Ski de fond: 35 km de pistes tracées,  avec accès en télésiège 
 
* Il y a très peu de   pistes doubles losanges