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À 70 degrés de leur réalité!

À 70 degrés de leur réalité!
DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QU

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Les sports d’hiver ont été délaissés jeudi par la majorité à cause du froid épique, mais une famille d’irréductibles touristes de l’île de la Réunion a décidé d’affronter les pentes de ski, vivant un choc culturel et thermique à la fois.

«Les enfants, c’est la première fois qu’ils voient la neige», souligne Nadège Bluteau. Les - 35 degrés celsius ressentis ne les ont pas arrêtés. Elle, son mari Sébastien et leurs deux enfants, Louan et Ilona, ont décidé de dévaler les pentes de la station de ski le Relais au Lac-Beauport. Bien habillé, le quatuor affichait de grands sourires, goûtant ainsi les joies de l’hiver. «On n’a pas le choix, parce que sinon on repart et on n’aurait pas fait de ski», souligne la dame, avouant être très frileuse de nature.

À l’île de la Réunion, dans le sud de l’Océan indien, il fait en moyenne 35 degrés celsius. «J’ai froid lorsqu’il fait 23 degrés. Lorsqu’on va rentrer à la maison, il va y avoir 70 degrés de différence», a comparé, en riant, Mme Bluteau.

Malgré l’air glacial, les touristes essaient d’en profiter à fond. «Au moins, on ne pourra pas nous dire qu’on ne sait pas ce qu’est le froid», dit-elle, promettant de revenir au Québec en été. «Le paysage doit être bien différent. Cela doit être magnifique».

Déserté

Ce plaisir de vivre à fond le froid contraste avec le désarroi des gens d’ici, car même pour les Québécois, les sports d’hiver ne sont pas très attrayants dans ce climat sibérien. «Ce sont pourtant les meilleures conditions», a mentionné Marcel Bureau qui prenait une pause au chalet après avoir descendu six pistes.

Néanmoins, seulement une dizaine de courageux skieurs se pavanaient sur la montagne, alors que le soleil était très puissant. «La température nous permet toutefois de souffler beaucoup de neige artificielle. Cette fin de semaine, la station sera ouverte à 100 %», a expliqué le directeur général, admettant que les conditions actuelles ne tendent pas à rendre la station rentable.

 

Ashton
À 70 degrés de leur réalité!
Photo Didier Debusschère

Ashton populaire

La situation est bien différente dans les restaurants Ashton où le traditionnel rabais météo du mois de janvier a fait sortir de leur cocon les inconditionnels amoureux de la patate garnie de fromage en crotte et de sauce brune. Sur l’heure du midi, la poutine était marquée d’un rabais de 31 % et les files indiennes devant les guichets extérieurs et intérieurs étaient interminables.

Vendredi, nous gagnerons plus de 25 degrés et le mercure devrait atteindre – 7 degrés celsius.


 

« Tout est en place pour la déprime »

Le froid extrême augmente les risques de déprime hivernale, joue sur l’humeur des gens et nuit à la productivité au travail, indique le médecin Marc Hébert, spécialiste de la dépression saisonnière.

L’exposition au froid amène son lot de sensations désagréables. Les experts parlent souvent des dangers physiques qu’entraînent les vagues de froid. Cependant, les effets néfastes sur l’humeur et la santé mentale ne sont pas à négliger, selon certains spécialistes. 

Entre 20 % et 50 % de la population vit des épisodes de dépression saisonnière.

«Il y a une baisse de performance au travail en janvier et février», souligne le Dr Hébert.

Luminosité

Selon lui, c’est le manque flagrant de luminosité qui provoque ce mal qui affecte le rendement au travail, la vie familiale et la vie sociale.

«Durant les mois d’hiver, les gens sont exposés à huit heures et demie de clarté par jour en décembre comparativement à 16 heures en juin», relate-t-il.

De plus, le froid est un aspect aggravant, car les personnes sortent moins à l’extérieur et posent des gestes désagréables comme dégivrer la voiture. Lorsqu’elles sont confrontées au froid extrême, dit-il, les personnes doivent faire face à plusieurs aspects désagréables.

«Avec le froid, on augmente les facteurs aggravants de la dépression. Tout est en place pour la déprime», relate-t-il, expliquant que les gens sont restreints à peu d’activités et sont cloîtrés à l’intérieur de leur résidence.

Luminothérapie

En conséquence, les gens vont mal dormir, perdre du poids ou encore manger plus de sucre afin de «s’automédicamenter».

L’expert conseille aux gens qui subissent les foudres de la dépression de faire des séances de luminothérapie durant une demi-heure chaque matin.

L’important toutefois, c’est de ne pas faire ce traitement avant d’aller au lit afin de ne pas affecter votre cycle de sommeil.