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Une femme enceinte et son bébé sont morts, le médecin reconnu coupable

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Un médecin de famille de Laval est reconnu coupable d’avoir prescrit de façon abusive un médicament qui provoque les contractions à une femme en train d’accoucher, ce qui a mené aux décès de celle-ci et de son bébé.

Le Dr François Lacombe, qui pratique depuis 30 ans à la polyclinique Concorde et à l’hôpital Cité-de-la-Santé, à Laval, avait plaidé non-coupable à l’accusation du Collège des médecins (CMQ).

« Ne coopère plus »

Le matin du 9 août 2010, Marie-Nancy Victomé avait été admise à l’hôpital de Laval, pour déclencher l’accouchement. La femme de 40 ans en était à sa 37e semaine de grossesse.

En soirée, le Dr Lacombe a demandé qu’on lui injecte du Syntocinon, un médicament qui aide à augmenter les contractions. Selon le Collège, la dose de médication a été augmentée jusqu’à 5h50, le 10 août, «moment où la patiente ne coopère plus».

Une césarienne d’urgence a ensuite été demandée. «Malheureusement, il y avait eu rupture utérine et des complications hémorragiques ont provoqué le décès de la patiente et de son bébé», lit-on dans le jugement du CMQ.

Poursuite au civil

La réanimation n’a pas réussi à sauver le poupon. Quant à la mère, elle est décédée vers 20h30, des suites d’une hémorragie abdominale massive.

En 2011, une poursuite civile de 435 000 $ en dommages a été déposée par le veuf de la patiente, contre le Dr Lacombe et l’hôpital.

Dans le document, on peut lire que le père se retrouve seul pour s’occuper de sa fille en bas âge, et «vit un chagrin incommensurable».

Le protocole suivi

Durant son témoignage devant le CMQ, le Dr Lacombe a dit pratiquer entre 250 et 400 accouchements par année depuis 2010.

Le médecin a expliqué avoir demandé d’augmenter la dose de Syntocinon, «mais toujours selon le protocole».

Il a ajouté que «c’est au moment de l’ouverture de l’abdomen qu’il a constaté que la patiente avait eu une rupture utérine et que cette dernière, en dépit de tous les soins appropriés, n’a pas été chanceuse.»

Le Dr Lacombe, qui n’avait aucun antécédent disciplinaire, n’a pas rappelé le Journal. La date d’audience pour la sanction n’a pas encore été choisie.