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La GRC enquête sur la fraude présumée chez VIA Rail

Scandale informatique à la société d’État

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Photo d’archives VIA Rail n’a pas tardé à congédier sa cadre informatique lorsque les allégations de malversations sont apparues. L’enquête est maintenant entre les mains des spécialistes de la Gendarmerie royale du Canada.

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La Gendarmerie royale du Canada a confirmé avoir lancé une enquête sur le scandale informatique qui a frappé la société d’État VIA Rail.

En décembre 2013, notre Bureau d’enquête rapportait qu’une directrice de la division informatique avait été congédiée et qu’une enquête interne avait été enclenchée relativement à une présumée fraude majeure. L’ombudsman de VIA Rail a été mis à contribution.

Le dossier a par la suite été transféré à la GRC. La police fédérale est saisie du dossier depuis déjà plusieurs mois. À part confirmer l’existence de l’enquête, la GRC n’a pas voulu nous donner plus de détails.

Selon ce qu’on a appris, un système frauduleux aurait été mis sur pied permettant à une ou des firmes informatiques de surfacturer des services. La fraude présumée qui se chiffrerait en centaines de milliers de dollars aurait uniquement impliqué le ou les fournisseurs ainsi que la directrice congédiée. L’enquête viserait notamment à comprendre pourquoi de telles factures ont été approuvées.

De voleuse à cadre chez VIA Rail

Notre enquête a aussi montré que la directrice congédiée dans cette affaire avait été embauchée chez VIA Rail même si elle avait été condamnée au criminel de vol d’ordinateurs. En 2010, elle a été condamnée pour avoir volé 20 ordinateurs et moniteurs alors qu’elle occupait de hautes fonctions à la division informatique de Bombardier aéronautique au début des années 2000.

C’est lorsqu’elle a tenté de vendre un ordinateur par eBay et que l’acheteur a constaté que l’ordinateur provenait de Bombardier que le pot aux roses fut découvert. Elle a évidemment été congédiée par Bombardier au terme de cette affaire.

Mais, étonnamment, elle a par la suite été en mesure de décrocher un haut poste de direction informatique chez VIA Rail. Une demande d’accès à l’information démontre que les antécédents judiciaires de cette directrice avaient pourtant été vérifiés.

Son dossier criminel était pourtant accessible en quelques clics sur internet et il est difficile de croire que VIA Rail l’aurait engagé en connaissant son passé.

Des mensonges sur son identité ?

Selon ce que l’on a appris, elle aurait fourni des informations personnelles erronées, ce qui n’aurait pas permis à la direction de VIA Rail de connaître son passé criminel. Ce qui confirme que les «vérifications avaient été réalisées selon les règles de l’art», nous explique Marie-Anna Murat, directrice des communications du transporteur ferroviaire.

La Société d’État a dépensé près de 23 M$ en informatique l’an dernier. VIA Rail a aussi permis à des consultants privés d’occuper des postes de direction informatique.

Le cadre se retrouve donc dans une position délicate puisqu’il doit administrer l’argent public tout en travaillant pour le compte d’une entreprise privée à contrat avec la Société d’État. La mesure est «exceptionnelle», nous avait cependant mentionné VIA Rail, bien que nos sources nous ont expliqué que la situation ne s’est pas produite rarement.