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Le cauchemar Boko Haram

Le groupe islamiste détruit des villages et envoie femmes et enfants commettre des attentats suicides

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Photo Aminu Abubakar, AFP Un des 46 blessés durant l’attentat-suicide de Potiskum, dimanche, commis par deux femmes kamikazes.​

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Le groupe djihadiste Boko Haram ne cesse de repousser les limites de l’horreur en Afrique, et n’hésite pas à utiliser des femmes et même des fillettes pour commettre des attentats-suicides.

Les manifestations à Paris et dans le monde contre le terrorisme dimanche n’ont aucun effet sur Boko Haram, qui enchaîne presque chaque jour des attaques sur les territoires situés au nord-est du Nigeria.

Hier, pendant que des millions de gens ont défilé dans les rues, le groupe islamiste a envoyé deux femmes kamikazes se faire exploser dans un marché au Nigeria, à Potiskum, tuant quatre personnes.

Samedi, ça a été encore pire. La bombe a été fixée sur une fillette d’une dizaine d’années. L’enfant a explosé dans un marché bondé de Maiduguri, une grande ville du nord-est du Nigeria, causant 19 morts.

Du 6 au 8 janvier, Boko Haram a orchestré une véritable boucherie dans la ville nigériane de Baga et 16 villages alentours, tous détruits, faisant 2000 morts et 20 000 personnes en fuite. Amnesty International a évoqué le «massacre le plus meurtrier de l’histoire de Boko Haram.»

Secte

Cela fait six ans que le groupe djihadiste​ mène son insurrection. Ses attaques et sa répression par les forces de l’ordre ont fait plus de 13 000 morts et 1,5 million de déplacés en cinq ans, principalement dans le nord du Nigeria.

Le Boko Haram règne sur le «califat» qu’il a proclamé dans les territoires sous son contrôle dans le nord-est du Nigeria. Il sème régulièrement la terreur en exploitant des femmes et des enfants.

Le monde entier a découvert ses méthodes l’an dernier. Le 14 avril 2014, 276 lycéennes ont été enlevées par des hommes armés. Le chef de Boko Haram a revendiqué le rapt des lycéennes, qu’il veut «vendre» comme «esclaves» et «marier» de force. 57 jeunes filles réussissent à s’enfuir, mais 219 sont toujours portées disparues.

Le pape François a condamné aujourd'hui «les violences sans discernement au Nigeria». Ces enlèvements, en particulier, représentent «un commerce exécrable qui ne peut pas continuer, une plaie qu’il faut éradiquer», et qui doit faire réagir «la communauté mondiale toute entière», a-t-il martelé.

Boko Haram est qualifié de secte par plusieurs spécialistes et de groupe terroriste par les États-Unis. Son leader actuel, Abubakar Shekau, terrorise le monde par ses actes sanglants, mais aussi par ses vidéos où, fier de se carnages, il présente un sourire à glacer le sang.

Résistance

Boko Haram semble cependant avoir trouvé de la résistance au Cameroun hier. L’armée a repoussé les assauts du groupe islamiste, qui a attaqué la ville de Kolofata, au nord-est du pays, près de la frontière avec le Nigéria.

«Le bilan est sans appel du côté des assaillants : 143 terroristes tués (....) de loin la plus lourde perte subie par la secte criminelle Boko Haram depuis qu’elle a décidé de diriger ses attaques barbares contre notre territoire», s’est réjoui un porte-parole du gouvernement camerounais. Les militaires n’auraient déploré qu’un seul mort et quatre blessé, selon le porte-parole.

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