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Scherbak rêve de Montréal

Nikita Scherbak
Silvertips d'Everett « Je veux faire le saut avec le Canadien dès l’an prochain » – Nikita Scherbak

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Nikita Scherbak n’a jamais craint de se fixer des objectifs ambitieux. À son premier camp avec le Canadien à l’âge de 18 ans, il envisageait de créer la surprise afin de rester à Montréal.

Scherbak a laissé une très bonne impression avec son passage au grand club. Ce n’était toutefois pas suffisant pour bousculer les plans de Marc Bergevin.

Le 28 septembre, il a logiquement fait ses valises pour poursuivre son développement avec les Silvertips d’Everett, qui venait de l’acquérir quelques jours plus tôt des Blades de Saskatoon, dans la Ligue junior de l’Ouest.

Plus de trois mois après son départ du camp à Montréal, Scherbak n’a pas oublié son souhait. En entrevue téléphonique au Journal de Montréal, le Moscovite a tenu à le rappeler.

«Je ne changerai pas ma mentalité, je veux faire le saut dans la LNH et à Montréal le plus rapidement possible», a-t-il dit.

«J’aurai comme objectif de rester avec le Canadien l’an prochain. Je crois sincèrement que c’est possible. Je me prépare déjà pour cette prochaine étape. Ce ne sera pas facile puisqu’il s’agit de la meilleure ligue au monde et le Canadien mise sur une bonne équipe. Mais c’est important d’avoir de gros objectifs. »

Parmi la crème

Le discours de Scherbak reste des plus logiques. À l’image de tous les joueurs repêchés, il s’imagine déjà cogner à la porte de la LNH. Mais il n’y a pas juste de belles paroles avec le jeune ­ailier droit de 6 pi 2 po et 195 lb.

Sur la glace, Scherbak s’élève parmi la crème des attaquants dans l’Ouest. En 35 matchs à Everett, une ville située à 45 kilomètres au nord de Seattle, il a déjà récolté 53 points (20 buts, 33 aides). Très constant, il avait inscrit son nom sur la feuille de pointage à ses 11 dernières rencontres. Il a vu sa séquence s’arrêter dans un gain de 3 à 1 des Silvertips contre les Broncos, ­samedi à Swift Current.

«Oui, je connais une bonne saison, mais j’ai la chance de jouer pour une bonne équipe, a répondu modestement Scherbak. Je cherche à jouer mon style et je ne pense pas trop à mes statistiques personnelles. Je veux surtout devenir un attaquant plus complet et plus constant. Mon expérience au camp du Canadien m’a aussi aidé beaucoup. Je suis plus patient et intelligent sur la glace.»

Bon élève

Au bout du fil, Kevin Constantine, l’entraîneur des Silvertips, n’a pas hésité à le décrire comme un attaquant d’exception.

«Nikita est clairement le fer de lance de notre attaque, a précisé l’ancien entraîneur des Sharks de San Jose et des Penguins de Pittsburgh. Il représente une énorme pièce du casse-tête.»

Constantine n’a pas brisé les ambitions de son protégé pour la saison prochaine.

«Je ne peux pas prédire quand Nikita portera l’uniforme du Canadien, je n’ai pas la réponse, a-t-il d’abord répliqué. Je sais toutefois qu’il a la motivation nécessaire pour atteindre son but. Il est excessivement dévoué envers son sport.

«Mirco Mueller a fait le saut cette saison à San Jose, directement de notre programme, a-t-il poursuivi. Nikita pourrait suivre ses traces. Comme entraîneur à Everett, c’est mon objectif de préparer le plus grand nombre de joueurs possibles pour la LNH. Je fais constamment des références à mes joueurs sur ce qu’ils doivent accomplir pour atteindre le niveau suivant. Je connais la réalité de la LNH.»

Montréal ou Hamilton

Il y a une seule certitude pour l’instant avec Scherbak. Comme il fêtera ses 20 ans le 30 décembre 2015, il jouera chez les professionnels l’an prochain. Il portera le chandail du CH ou celui des Bulldogs de Hamilton.

«Je sais que je jouerai à Montréal ou Hamilton, mais j’aimerais mieux la première option, a-t-il lancé en ne pouvant s’empêcher de rire. Je n’aurais cependant aucun problème à jouer à Hamilton. J’écouterai les recommandations du Canadien.»

Comme il l’avait dit le jour de son repêchage à Philadelphie, Scherbak n’a nullement l’intention de retourner jouer dans son pays natal.

« Je n’ai jamais pensé à la KHL, réplique-t-il. Je suis venu jouer dans la WHL puisque je croyais que c’était le meilleur chemin pour me mener à la LNH. Je rêve de la LNH depuis que je suis jeune.»

« Il a soif d’apprentissage » – Kevin Constantine
Nikita Scherbak
Photo d'archives
 
Kevin Constantine n’a pas simplement été conquis par Nikita Scherbak, le joueur de hockey, mais aussi par sa personnalité.  
 
«J’ai un très grand respect pour la personne, a affirmé l’entraîneur en chef des Silvertips d’Everett. Il a appris l’anglais à la vitesse de la lumière l’an dernier à Saskatoon. Il s’est aussi adapté rapidement à la culture en Amérique du Nord. C’est très difficile comme transition.
 
«De mon expérience personnelle, je n’ai jamais réussi à m’intégrer aussi bien dans une nouvelle culture, a-t-il poursuivi. Lors de mon séjour à Ambri-Piotta, en Suisse, je ne parvenais pas à communiquer avec les gens en italien ou en allemand.»
 
Scherbak n’a pas juste une facilité d’apprentissage pour les langues, il a le même talent pour décortiquer un match.
 
«Il a soif d’apprentissage, répond immédiatement Constantine. Il est dans un très bon état d’esprit, il dégage beaucoup d’énergie. Il a une bonne connaissance du hockey, il a assimilé le système de jeu de notre équipe très rapidement. Il n’a pas eu besoin d’un camp de trois semaines pour se sentir confortable.
 
Scherbak a une personnalité des plus attachantes. À son premier point de presse quelques minutes après sa sélection au 26e rang du premier tour au repêchage à Philadelphie, il avait raconté un paquet d’anecdotes intéressantes. Jamais, il ne s’était tourné vers l’interprète russe pour qu’on lui traduise des questions. Il avait aussi dit quelques mots dans la langue de Molière.
 
«Quand j’étais plus jeune, je pouvais parler assez bien français, a rappelé Scherbak. J’ai eu des cours de français quand j’étais en sixième ou septième année dans une école de Moscou. J’ai ensuite changé pour des cours en anglais. Mes parents voulaient m’offrir une bonne éducation.»
 
Boudé par l’équipe russe
Nikita Scherbak
Photo d'archives
 
Malgré sa très bonne saison avec les Silvertips d’Everett, Nikita Scherbak n’a pas endossé l’uniforme de la Russie au Championnat du monde junior à Toronto et Montréal.
 
Assez prudent dans ses commentaires, Scherbak a refusé de faire de son exclusion une grosse histoire.
 
« Non, ce n’était pas une grande surprise, a-t-il affirmé. C’était la décision des entraîneurs de la formation russe. Ils ne me voyaient pas dans cette équipe. Ils avaient d’autres plans. Même si je ne partageais pas leur opinion, je n’étais pas trop frustré.
 
«Il y avait peut-être un peu de politique derrière cette décision, a-t-il poursuivi très calmement. Les dirigeants de l’équipe russe préfèrent souvent choisir un joueur de la KHL avant un Russe qui joue au Canada ou aux États-Unis. Ils ont aussi boudé Vladimir Tkachev, un très bon attaquant qui est maintenant à Québec avec les Remparts. »
 
Les Russes, qui étaient dirigés par Valeri Bragin, ont finalement connu un bon parcours au Mondial junior en remportant la médaille d’argent. Ils ont perdu 5 à 4 dans le match pour la médaille d’or contre le Canada. 
Des 23 joueurs de la formation russe, seulement 5 ne jouaient pas dans la KHL.  
 
«J’étais un peu surpris de la décision des Russes, a commenté Kevin Constantine, l’entraîneur de Scherbak à Everett. C’est rare de voir un choix de 1er tour qui n’obtient même pas une considération sérieuse pour un poste. Mais, c’est souvent difficile de comprendre parfaitement la philosophie des dirigeants de la Russie. Nikita n’avait rien à envier aux autres attaquants au sein de la formation nationale.
 
Suivre le Tricolore à distance
 
Même s’il se retrouve à plus de 4000 kilomètres de Montréal, Scherbak garde un œil attentif sur les activités du Canadien.
 
«Quand mon horaire me le permet, je regarde les matchs du Canadien à la télévision, a-t-il raconté. J’ai le forfait de NHL Center Ice à ma résidence à Everett.»
 
L’ailier droit a aussi gardé des liens avec quelques joueurs de l’organisation.
 
«Je parle encore avec Nathan Beaulieu, Brendan Gallagher et Alex Galchenyuk. J’ai aussi conservé un bon contact avec Jacob De la Rose, qui joue à Hamilton cette saison. C’est plus facile pour moi de parler aux jeunes qu’avec les vétérans de l’équipe!»