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Tournons-nous vers Raïf Badawi

Je suis Raïf Badawi
Romanzi - via Twitter

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N.B. « On ne me fouettera jamais pour avoir écrit ce texte. Raif Badawi, lui, a été condamné à 1000 coups de fouet et 10 ans prison pour avoir blogué » (plus d'informations).

Vendredi prochain, un prisonnier d'opinion en Arabie saoudite en sera à la deuxième de vingt journées où il recevra cinquante coups de fouet, après la prière publique hebdomadaire. Son «crime» : il a animé un blogue sur Internet qui privilégiait une plus grande liberté religieuse et individuelle en Arabie saoudite. Reçoit-il toute l'attention qu'il mérite de la part des #JesuisCharlie de ce monde ?

Je suis encore profondément habité par les récents événements en France : des terroristes ont froidement assassiné en plein Paris des dessinateurs, des policiers et d'autres personnes qui n'étaient pas au bon moment au bon endroit pour soi-disant venger le prophète.

Je n'ai pas écrit hier, jour de grande mobilisation et de marche républicaine, j'ai passé la journée à me ragaillardir.

Aujourd'hui, j'avais préparé un billet sur un tout autre sujet, mais la chronique médias de Stéphane Baillargeon m'a obligé à revenir sur le sujet de la liberté d'expression. Moi aussi, je suis tenté de «mettre des bonnets d’âne à Dieu, à Allah, à leurs prophètes et à tous ceux et celles qui les utilisent pour justifier leurs monumentales conneries».

Et puis j'ai pensé au blogueur Raïf Badawi et aux cinquante premiers coups de fouet qui lui ont été administrés, vendredi dernier. Je me demande si nous en faisons assez pour crier notre indignation dans le contexte où le combat de "Charlie Hebdo" pour la liberté d'expression semble faire l'unanimité ?

J'ai relu la belle lettre que lui écrivait en novembre dernier son ami François Bugingo, essentiellement pour lui dire «qu'on pense fort à toi, qu'on ne t'oublie pas malgré le temps».

Justement...

Raïf Badawi a été arrêté le 17 juin 2012 en Arabie saoudite et incarcéré dans la prison de Briman, à Djedda, accusé «d'avoir créé un site web portant atteinte à la sécurité publique et ridiculisant des personnalités islamiques». Après un premier procès entaché d’irrégularités et une première condamnation, le 7 mai 2014 un tribunal pénal l'a condamné à 10 ans d'emprisonnement, 1 000 coups de fouet et une amende d'un million de riyals saoudiens, près de 290 000$ can (source). Il semble que des accusations d'apostasie et d'insulte à l'islam pèsent encore contre lui.

Je n'ai pu retracer que très peu de textes écrits par l'homme actuellement âgé de 31 ans.

La famille de Raïf Badawi a trouvé refuge à Sherbrooke où des élans de solidarité se manifestent. Amnistie internationale suit de très près la situation et tente d'agir pour lui éviter une autre séance de flagellation en Arabie saoudite, vendredi.

Dans son blogue samedi dernier, Gilles Duceppe se demandait «la différence entre les terroristes fanatiques qui se sont attaqués à la liberté en France et ceux qui interdisent la liberté en Arabie saoudite?»

Le New York Times a traité du sujet vendredi dernier et a rapporté que le porte-parole du département d'État Américain «est intervenu pour faire annuler la flagellation et que soit revu le jugement et la sentence de Raif Badawi». ICI Radio-Canada rapporte que l'ambassadeur canadien pour la liberté de religion, Andrew Bennett, a dénoncé les coups de fouet, mais la pression sur le gouvernement du Canada doit s'intensifier. Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, peut sûrement intervenir plus fermement...

Plusieurs croient aujourd'hui que nous nous sommes sentis trop peu concernés par le combat de Charlie Hebdo pour la liberté d'expression et il est trop tard pour certains des artisans du magazine.

On peut se demander si davantage de personnes, maintenant, peuvent tirer les leçons qui s'imposent et intervenir pour dénoncer la «condamnation inhumaine, contraire au droit international» infligée à Raïf Badawi.

N.B. Plus d'informations sur le fil twitter #RaifBadawi...