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La famille d’un blogueur condamné à 1000 coups fouet sans nouvelles

Raif Badawi est emprisonné pour « insultes envers l’islam »

Lors d’un rassemblement hier à Montréal, la conjointe de Raif Badawi, Ensaf Haidar, a imploré le gouvernement canadien de libérer son mari. Sans nouvelle de lui depuis deux semaines, Mme est très inquiète. Condamné en novembre à 10 ans de prison en Arabie saoudite, M. Badawi a reçu 50 coups de fouet vendredi dernier.
Photo Agence QMI, Simon Dessureault Lors d’un rassemblement hier à Montréal, la conjointe de Raif Badawi, Ensaf Haidar, a imploré le gouvernement canadien de libérer son mari. Sans nouvelle de lui depuis deux semaines, Mme est très inquiète. Condamné en novembre à 10 ans de prison en Arabie saoudite, M. Badawi a reçu 50 coups de fouet vendredi dernier.

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Une mère réfugiée au Québec depuis un an implore le gouvernement canadien de faire libérer son mari, emprisonné en Arabie saoudite et condamné à recevoir 1000 coups de fouet pour «insultes envers l’islam».

Alors que la liberté d’expression est sur toutes les lèvres ces jours-ci, le blogueur Raif Badawi est en prison en Arabie saoudite depuis 2012 parce qu’il alimentait son site internet nommé Free Saudi Liberals (Libérez les libéraux saoudiens), qui se voulait un espace de débats démocratiques sur la liberté de religion. Raif Badawi était aussi lauréat 2014 du prix Reporters sans frontières (RSF).

«Je n’ai pas parlé avec Raif depuis deux semaines», s’inquiète terriblement sa femme Ensaf Haidar.

Le blogueur saoudien a reçu 50 coups de fouet vendredi dernier dans le cadre de sa condamnation.

«Je prends tout sur moi et je n’ai pas encore dit à nos enfants qu’il a reçu les coups de fouet», a-t-elle ajouté.

Raif Badawi a été condamné en novembre à une peine d’emprisonnement de 10 ans et à recevoir 1000 coups de fouet répartis sur 20 semaines.

«Le pire qu’il a fait est de qualifier la monarchie d’Arabie saoudite de “police religieuse”», a-t-elle dit lors d’une manifestation hier à Montréal pour demander la libération de son conjoint.

« Libérons Raif Badawi »

Les sympathisants étaient aussi réunis pour faire comprendre au gouvernement canadien que cette situation concerne tous les pays qui prônent la liberté d’expression.

«Le gouvernement dit qu’il ne peut rien faire parce que M. Badawi n’est pas citoyen canadien», a déploré Béatrice Vaugrante, directrice générale d’Amnistie internationale au Canada francophone, dans un discours chaudement applaudi sous les cris: «Libérons Raif Badawi».

« Mon mari a seulement défendu et exprimé ses opinions libérales.» – Ensaf Haidar, conjointe du blogueur Raif Badawi

De la torture

Le gouvernement Couillard presse Ottawa d’exiger la libération du journaliste Raif Badawi.

«Le Canada doit mettre plus d’efforts pour que cet homme soit libéré et qu’il vienne rejoindre sa femme et ses enfants, qui habitent à Sherbrooke», a lancé la ministre des Relations internationales du Québec Christine St-Pierre en entrevue au Journal.

Le blogueur a été reconnu coupable de cybercrime, d’apostasie et de désobéissance à son père.La ministre considère que les coups de fouet sont une forme de torture. «Ça va à l’encontre de toutes les conventions internationales. On ne peut pas rester insensible devant ça», a-t-elle ajouté.

Cette dernière a parlé hier avec la femme de M. Badawi, qui habite à Sherbrooke avec ses enfants. «C’est une femme très courageuse. Le Canada a accepté qu’elle vienne ici avec ses enfants avec le statut de réfugiée. Le gouvernement a reconnu qu’elle était victime de persécution», souligne la ministre St-Pierre.

De son côté, le ministre conservateur Christian Paradis promet de continuer à faire pression sur le gouvernement saoudien. Mais «il faut comprendre que M. Badawi n’est pas citoyen canadien, ni réfugié ni résident permanent. Ça complique les choses», a-t-il affirmé.

– Avec la collaboration de Charles Lecavalier et de Taïeb Moalla, Le Journal de Québec