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L’éducation, c’est l’affaire de tous

UQAM, Salle de classe
Photo d’archives

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Ça fait maintenant deux semaines que l’école est rouverte. Les enfants ont eu le temps de presque tout oublier durant les deux semaines de vacances et les enseignants ont pu terminer les corrections et commencer la nouvelle planification pour cette deuxième moitié de l’année. La routine habituelle, mais cette fois une mobilisation semble se préparer.

Si on en croit les syndicats et les médias sociaux qui relaient l’information, les enseignants sont en colère. Ils ne sont plus capables de faire confiance au ministre, qui trébuche à chaque déclaration. De plus, certains articles ajoutent de l’huile sur le feu, comme celui de Jocelyne Richer, qui ne prend pas la peine d’expliquer que l’écart qui est perçu entre le public et le privé est expliqué en partie par la sélection des meilleurs élèves faite par les écoles privées.

Le milieu de l’éducation, je l’ai souvent mentionné, est un milieu complexe. Les élèves en classe arrivent chargés le matin de ce qui se passe à la maison, des problèmes, des manques et aussi des changements auxquels ils doivent faire face. L’enseignant ne peut se contenter de livrer sa matière et de corriger les examens, il doit aussi accompagner chaque élève dans son processus personnel de développement.  L’enseignant compose donc avec autant de réalités qu’il y a d’élèves dans sa classe. Son travail ne consiste pas simplement à gérer les problèmes scolaires ou les troubles du comportement, mais aussi à être un confident, un accompagnateur pour l’élève. Parfois, il se retrouve aussi, bien malgré lui, à jouer les confidents pour des parents qui en ont trop sur les bras et qui ne savent plus vers qui se tourner pour se confier.

L’enseignant est donc à la fois un pédagogue, un accompagnateur, un psychologue personnel et familial et j’en oublie.

Pourquoi faire cette description de la réalité de l’enseignant? Parce que, lorsque j’entends discuter de la question du ratio maître-élève, j’ai l’impression que l’on évacue l’ensemble des facteurs qui composent la tâche réelle de l’enseignant. En mettant l’accent uniquement sur la transmission du savoir, comme si l’interaction élève-enseignant était un mythe de l’éducation et que cela n’avait aucun impact sur la réussite. Je reviendrai d’ailleurs dans un prochain texte sur cette variable avec les travaux de Vygotsky.

Heureusement, comme le mentionnait mon collègue Mario Asselin, plusieurs études viennent contredire les déclarations du ministre de l’Éducation. Mais les mythes entourant l’éducation ont la vie dure. Peut-être parce que nous ne posons pas les bonnes questions. Peut-être aussi parce que nous nous contentons de réagir aux problèmes au lieu d’intervenir sur les causes.

D’ailleurs, une nouvelle étude de Rodriguez, Raymond, Elbaum et Batya en 2014 dans le Journal of Educational Research a démontré que le ratio maitre-élève a une influence sur l’engagement des parents en classe et leur perception de l’école.  Alors que l’on cherche a faire des réformes importantes et à changer du tout au tout le milieu de l’éducation pour le revaloriser, il semblerait que le ratio maître-élève soit une bonne façon de donner du temps à l’enseignant pour impliquer d’avantage le parent en classe et ainsi favoriser la réussite de l’enfant. C’est si simple comme pratique éducative, encore fallait-il prouver son impact.

Nous sommes tous passés par le monde de l’éducation et bien que je croie profondément que le milieu de l’éducation et la recherche apportent des réponses significatives, qui ne sont malheureusement pas écoutées par le ministère, je suis aussi d’avis que les citoyens peuvent apporter des solutions novatrices aux problèmes en éducation.

C’est pourquoi je vous invite à participer mercredi, de 19 h à 20 h, à un clavardage en direct avec moi sur Twitter et Facebook via les comptes du Laboratoire MAtv. C’est une façon d’arrêter de s’épancher sur les problèmes et de passer réellement à l’action. Vos solutions seront d’ailleurs reprises dans un documentaire tourné par des réalisateurs talentueux de la relève. C’est sans compter la possibilité de gagner de nombreux prix pour vos réalisations. Alors, vous voulez aider à changer le visage de l’éducation un petit pas à la fois? Vous voulez montrer au ministre Bolduc que les solutions pleuvent pour régler les problèmes? Je vous donne rendez-vous le mercredi 14 janvier.