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Oui monsieur Couillard, mais...

Philippe Couillard
Photo d'archives Philippe Couillard.

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En novembre, Philippe Couillard annonçait la création d’un groupe de travail formé de leaders de la communauté musulmane pour lutter à la fois contre l’islamisme et l’islamophobie. Comme s’il pouvait y avoir la moindre équivalence entre les deux.

J’ai consulté les pages Facebook des membres de ce groupe, curieuse de voir leurs réactions aux attentats de Paris, dont celle de Samira Laouni, musulmane d’obédience khomeiniste et ex-candidate du NPD. En la parcourant, j’avais l’impression que les musulmans étaient les premières victimes des attentats de Paris.

Le syndrome du «oui, mais...» dans toute sa splendeur, avec un soupçon de théorie du complot.

Elle se manifeste tout d’abord en partageant le statut d’un Québécois de souche qui écrit: «grandiose victoire pour la haine aujourd’hui». Pas la haine des islamistes mais celle de «l’extrême-droite» et de la «pseudo-civilisation». Devinez laquelle.

La faute à l’Occident

Il y a l’inévitable Tariq Ramadan, qui a déjà traité les journalistes de Charlie Hebdo de lâches, qui déclare: «Je condamne les attentats mais je ne suis pas Charlie». Samira Laouni non plus car elle a changé son avatar pour «Je suis tous ces morts dont tout le monde se fout».

Elle partage ensuite un poème qui met sur un pied d’égalité la liberté d’expression de Charlie Hebdo, Sugar Sammy, Dieudonné et Al-Jazeera.

Ça continue avec une vidéo «Qui a créé et à quoi sert Charlie Hebdo?» repiquée sur le site du néo nazi Alain Soral, dans laquelle Thierry Messan, l’auteur de L’effroyable imposture sur le 11 septembre 2001, explique que Charlie Hebdo sert les intérêts du sionisme.

Suivi d’un clip de jeunes Palestiniens en performance sur Arabs got talent, le Star académie local, avec le hashtag #JeSuisCesEnfantsdeGaza et le film d’une arrestation musclée d’un Arabe par la police française, avec le commentaire «faites tourner au maximum avant qu’elle ne soit supprimée de FB».

Elle prend un détour via Israël et partage elle aussi la nouvelle qu’un journal ultraorthodoxe a effacé les femmes d’une photo de la grande manifestation. Vrai, et d’une stupidité hallucinante, mais ce journal, distribué par courriel est si marginal qu’il est publié en yiddish, et non en hébreu, la langue officielle d’Israël. Mais parfait pour détourner l’attention.

Suit un article du Journal de Montréal: «Plus de 50 actes antimusulmans en France», les propos d’une Martiniquaise qui explique qu’elle n’est pas Charlie, un journal qui, écrit-elle, n’est qu’un «prétexte à l’ignorance, la connerie, la méchanceté, la folie humaine».

Et l’inévitable coup de patte à Richard Martineau.

Solidarité invisible

Au-delà du repli communautaire, pas un statut, pas un partage, rien sur la page de Samira Laouni qui exprime la moindre solidarité avec toutes les victimes du 7 janvier ou une réflexion sur les attentats.

Elle est tout à fait libre d’écrire ce qu’elle veut mais, dites-moi monsieur Couillard, croyez-vous qu’une personne aussi peu capable d’introspection sur l’islam radical et aussi peu sensible aux préoccupations des Québécois peut être utile à la lutte contre l’intégrisme ?

On jase là.