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Prison pour avoir couché avec une enfant de 10 ans

Un homme de 49 ans risque entre six mois et deux ans pour une relation sexuelle avec une fillette de 10 ans

représentations sur sentence de Luc Bergeron, accusé d'avoir couché avec une enfant de 10 ans.
Photo ben pelosse Luc Bergeron saura le 15 mai prochain combien de temps il devra passer en prison pour avoir couché avec une fillette de 10 ans.

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Entre six mois et deux ans: c’est le temps qu’un homme de 49 ans risque de passer en prison pour avoir eu une relation sexuelle avec une fillette de 10 ans.

«Six mois, c’est vraiment trop clément. Ce n’est pas une tape sur les fesses. C’est très grave, agresser sexuellement un enfant», a plaidé la procureure de la Couronne, Me Roxane Laporte, hier.

L’avocate a répété à plusieurs reprises lors des représentations sur la peine que l’infraction commise par Luc Bergeron comportait plusieurs facteurs aggravants.

En juillet 2009, l’homme originaire de Sherbrooke a eu une relation sexuelle avec une enfant de 10 ans sur la pelouse de la cour arrière de l’immeuble d’habitation où logeait la fillette, à Montréal.

Il était entré en communication avec elle via le réseau téléphonique pour célibataires L’Échange de nuit. La jeune fille aurait prétendu être majeure.

Lorsqu’il l’a vue sur le balcon de sa résidence, vêtue d’une robe de chambre en satin rose, il s’est bien douté qu’elle n’avait pas l’âge qu’elle prétendait, a expliqué Bergeron dans son témoignage en octobre dernier.

« Je n’ai pas résisté »

«J’ai hésité entre partir et rester. On s’est serrés dans nos bras, embrassés. Je n’ai pas résisté», a-t-il mentionné.

Mais le quadragénaire ne s’est pas contenté de cette unique soirée.

Il a refait la route entre l’Estrie et la métropole quelques jours plus tard pour revoir l’enfant.

Il l’a emmenée au service au volant d’un restaurant McDonald’s pour prendre une crème glacée.

Des citoyens qui ont trouvé étrange l’attitude de Bergeron à l’égard de la fillette ont contacté les policiers.

Les agents l’ont trouvé «les culottes à terre» un peu plus loin, dans son véhicule, en pleines caresses avec l’enfant.

Bergeron a plaidé coupable à des chefs d’incitation et de contact sexuels sur une mineure en octobre 2013.

«Les délits étaient planifiés, rapprochés dans le temps et sans aucune remise en question. Ce n’est pas un geste isolé», a martelé la Couronne.

En plus des deux ans moins un jour de prison qu’elle réclame, Me Laporte a demandé au juge Jean-Pierre Boyer d’astreindre l’accusé à une probation qui inclurait une thérapie.

«Quand il a témoigné, je n’ai pas senti de remords. Quand il parlait de la victime, ce n’était pas joli. C’était elle la manipulatrice, elle la séductrice qui ne portait pas de petite culotte», a-t-elle fait valoir, précisant que l’homme se posait en victime de la situation.

Pas de la déviance

«Rien ne permettait à M. Bergeron de poser des gestes à l’égard de cet enfant-là. Il l’avoue lui-même», a convenu l’avocate de la défense, Me Mia Manocchio.

Mais son client n’a pas de déviance envers les enfants, insiste-t-elle, référant à un rapport sexologique présenté à la cour.

Elle affirme que l’accusé a des remords sincères et que la médiatisation de son dossier a déjà eu de lourdes conséquences sur sa vie.

Me Manocchio estime que six mois moins un jour derrière les barreaux, suivis d’une probation de trois ans serait une peine appropriée.

Le juge rendra sa décision le 15 mai.