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Comment protéger un pin de 13 pieds de circonférence?

Comment protéger un pin de 13 pieds de circonférence?
Photo courtoisie MRC de Kamouraska

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Kamouraska veut protéger le secret le moins en moins bien gardé de son territoire, situé à proximité des lignes américaines, soit un pin de 13 pieds de circonférence.

Difficilement localisable, mais connu des habitués du quad ou de la motoneige, cet arbre unique de par sa taille et son emplacement, pourrait être protégé et mis en valeur par la MRC de Kamouraska. Il s’agit d’une initiative unique en raison de son contexte exceptionnel, ce qui nécessite des négociations auprès du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles.

«Nous sommes sur le point d’obtenir un bail et un droit de gestion d’un carré de 50 par 250 mètres autour du gros pin, pour la mise en valeur et protection», confirme Alexandre Bibeau, agent de développement pour le Parc régional du haut pays du Kamouraska. À son arrivée en poste, on lui avait confié le mandat d’obtenir ce permis peu commun, nous dit-on.

Comment protéger... un arbre?

Maintenant, comment protéger un arbre sur un territoire public non organisé, situé dans la région profonde du Kamouraska? «On ne peut pas installer de caméras ou mettre des clôtures, c’est certain», affirme monsieur Bibeau. «Il faut commencer par nettoyer, sécuriser les racines, mettre un panneau de sensibilisation et d’éducation.» En effet, à la dernière visite des intervenants cet été, on retrouvait des déchets et des restes de feux.

Une action qui serait toutefois envisageable pour sécuriser l’arbre serait de mettre des clôtures sur un des chemins d’accès par la frontière américaine et le Témiscouata, par où certains quadistes arrivent, mais directement sur les racines.

«On privilégierait ainsi une autre façon d’y accéder qui n’abimerait pas l’arbre. On pense aussi à des randonnées organisées et accompagnées», ajoute Charles Deblois Martin, chargé de projet. Mentionnons que pour «entourer» cet arbre, trois hommes de bonne taille sont nécessaires.

Le mystère du gros pin

Le mystère persiste néanmoins autour de la résistance de ce pin d’une ampleur très rare dans la région.

«Le pin blanc était utilisé en grande quantité pour la fabrication navale dans les années 1800», confirment les intervenants de la MRC, lorsque questionnés à ce sujet. Mais celui-ci a résisté à la coupe, ainsi qu’aux autres causes de destruction d’arbres, dont la maladie, les insectes, le vent et la foudre.

Selon messieurs Deblois-Martin et Bibeau, le mythe le plus persistant quant au règne du gros pin est que lors de la définition de la frontière canado-américaine, il y a plus de 200 ans, cet arbre aurait servi de repère.

«On estime son âge actuellement à au moins 250 ans, peut-être 500. Il faudrait procéder à des tests plus poussés, mais plus couteux, pour déterminer son âge exact, par carottage, par exemple», spécifie Alexandre Bibeau. «Ça reste toutefois un symbole, un emblème pour nous et on gagne tous à le protéger et le mettre en valeur.»

Bon cheminement

Du côté du ministère, on confirme que l’obtention du bail «chemine et progresse très bien». Ce type d’initiative est peu commun. Selon les gestionnaires du site Arbres remarquables et boisés du Québec, «il y a des arbres remarquables qui sont mis en valeur, mais dans un contexte informel. Nous n’en sommes qu’au début et des initiatives plus formelles en rapport avec un nouvel inventaire auraient intérêt à voir le jour.»

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