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Benicio Del Toro entre le bien et le mal

Escobar: Paradise Lost (film)
Courtoisie

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«Il n’existe rien de purement diabolique», a dit l’oscarisé Benicio Del Toro, qui incarne au grand écran le baron de la drogue le plus célèbre de l’histoire.

La ligne entre le bien et le mal n’est pas toujours nette. Dans le cas du célèbre trafiquant Pablo Escobar, elle était particulièrement floue au cours des années durant lesquelles il a érigé son empire de trafic de cocaïne.

C’est pourquoi Benicio Del Toro a réfléchi longuement lorsqu’on lui a demandé si Escobar était méchant: «Non... oui et non», a-t-il dit finalement. Rien n’est entièrement diabolique, vous savez. Mais il y a des gens qui empruntent l’autre versant et ils...»

Il s’est interrompu un instant, puis est entré dans une explication profonde: «Il est en quelque sorte un produit de l’Amérique latine, il faut donc remonter aux Mayas, aux Incas, aux Aztèques, à la conquête du Mexique par les Espagnols, à tout ce qui constitue l’Amérique latine, a dit del Toro. Après avoir étudié l’histoire de ce continent, vous ne trouverez pas si surprenant de constater qu’Escobar est un produit de chez lui.»

En personne, Del Toro est gentil et décontracté, prenant le soin de bien détailler sa pensée au sujet d’Escobar, tué en 1993 par la police colombienne.

«J’ai beaucoup appris au fil de mes recherches, j’ai appris comment il a commencé, d’où il venait, a dit Del Toro. Il était très talentueux, très intelligent. Mais quel gaspillage de talent, vraiment.»

Avant son ascension à la tête du cartel de Medellín, Escobar faisait de la contrebande en Colombie pour aider les moins fortunés. «Il a commencé avec des machines à lessive et des trucs du genre», a dit l’acteur.

Soif de pouvoir

«C’est un fait qu’il a aidé les pauvres, issu lui-même d’un milieu modeste, il comprenait leur détresse. Il avait les moyens de le faire, il a fait plus que les politiciens de son temps pour le peuple. Il a mis sous les projecteurs la misère des grands oubliés et leurs revendications, ignorées depuis un siècle par les politiciens.»

«Mais tout ce côté Robin des Bois qui avait pris racine dans de bonnes intentions a pris le large lorsqu’il s’est frotté au monde de la drogue, son cartel est devenu la plus grande plaque tournante de trafic de cocaïne vers les États-Unis. Escobar n’arrivait plus à étancher sa soif de pouvoir», a expliqué Del Toro.


Escobar: Paradise Lost est en salles depuis hier.