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Québécois floués par des étrangères

En quête de l’amour, ils paient une fortune et se retrouvent seuls

Homme floué, mariage mixte.
photo Jocelyn Malette, agence qmi Donald s’est marié avec une Mexicaine rencontrée sur internet et leur union a vite tourné à la catastrophe.

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Après avoir marié une Mexicaine rencontrée sur internet, un Québécois à l’aise financièrement a le sentiment d’avoir été victime d’une arnaque qu’il nomme «Loto-Canada» puisque sa femme l’a quitté dès qu’elle a obtenu son statut au pays.

De plus en plus d’immigrantes semblent exploiter des failles du système en profitant d’hommes fortunés en quête de l’amour (voir autre texte). En 2010, un Montréalais dans la cinquantaine a épousé une femme de 24 ans sa cadette qui est tombée enceinte après six mois de mariage. Au terme du parrainage interne et des procédures d’immigration, qui ont duré environ deux ans, elle a choisi de le quitter.

Donald (prénom modifié) avoue qu’il a été naïf et aveugle. Son épouse, qu’il a rencontrée dans une maison pour femmes en difficulté, est aujourd’hui retournée au même endroit.

«Mon cas est épouvantable. Aussitôt qu’elle a eu une certaine sécurité, elle a commencé à faire la fête. Deux ans de mariage de mauvaise foi. Elle avait en tête d’avoir son ticket gratuit. J’appelle ça Loto-Canada», explique l’amoureux éconduit.

Par amour

Au début, leur relation était rose et passionnée. Aujourd’hui, il veut mettre en garde les couples tentés par un mariage mixte rapide.

«Les hommes sont faciles à convaincre devant une belle femme. Nous sommes prêts à dérouler le tapis rouge, prêts à payer, prêts à accueillir leur enfant comme le nôtre.»

Après une tentative de réconciliation, en juillet dernier, Donald, qui a trois autres enfants à charge, a jeté l’éponge.

«Je me suis réveillé trop tard. J’ai retiré mon parrainage et elle m’a envoyé une demande de divorce, la garde de notre enfant de trois ans et une pension de 3500 $ par mois. Plus de 50 % de mon salaire net est saisissable par le gouvernement. Elle va me ruiner.»

Lourdes responsabilités

Avec un enfant, l’époux ne souhaite pas l’extradition de madame qui fréquenterait maintenant un riche cadre montréalais.

«Elle n’a plus de statut. Il faut voir ce que l’Agence des services frontaliers va faire maintenant. Je veux aider les autres hommes. Prenez votre temps!»

LES ÉPOUSES CONNAISSENT LES FAILLES

Cet homme d’affaires a perdu 50 000 $ pour trois mois de vie commune avec une Africaine.
photo courtoiie
Cet homme d’affaires a perdu 50 000 $ pour trois mois de vie commune avec une Africaine.

De nombreuses épouses étrangères quittent la résidence familiale quelques jours après leur arrivée au Québec et certains spécialistes parlent d’une stratégie qui sert à s’enrichir.

«J’ai des clients hommes qui se présentent à mon bureau avec une demande de divorce ou de séparation. Ce sont tous des hommes qui ont parrainé une étrangère hors Canada», signale Me Reynaldo Marquez.

Dans tous les cas, elles demandent une pension alimentaire. Elles trouvent aussi refuge dans un centre pour femmes en difficulté et elles allèguent très souvent la violence conjugale.

«Ceci me laisse supposer que plusieurs épouses connaissent les failles ou les trucs du système. En épousant un Québécois, on dirait qu’elles ont voulu acheter un billet d’avion pour le Canada», ajoute l’avocat spécialisé.

Une mine d’or

«Ce n’est plus seulement un cas à l’occasion. Et ce sont tous des hommes professionnels qui se font piéger», lance Lise Bilodeau, présidente de l’Action des nouvelles conjointes et nouveaux conjoints du Québec.

Les épouses apprennent aussi très vite quelles sont les ressources offertes ici. «Ce n’est peut-être pas prémédité, mais dès qu’elles mettent le pied ici, ça se dit. On rentre ici, on divorce et on va chercher une pension jusqu’à 1800 $ par mois.»

À la fin des procédures, les hommes sont souvent ruinés.

TROIS MOIS DE VIE COMMUNE SEULEMENT

 

Marco Donusz a vu son épouse africaine quitter le domicile familial après deux mois de vie commune à Thetford Mines.
photo jean-françois racine
Marco Donusz a vu son épouse africaine quitter le domicile familial après deux mois de vie commune à Thetford Mines.

Un homme d’affaires de Québec a perdu cinq ans de sa vie et plus de 50 000 $ pour trois mois de vie commune avec une Africaine.

Après un premier voyage en Côte d’Ivoire en mai 2009, Michel (prénom modifié) a succombé à la tentation.

Malgré un écart d’âge de 37 ans, il est tombé en amour avec une superbe jeune femme. Leur mariage a été célébré en août 2011. Une demande de parrainage a suivi.

«Ça ne s’est pas très bien passé à mon retour là-bas en 2012. Je suis même revenu avant mon temps.» Diana (prénom modifié) est finalement arrivée le 7 janvier 2014.

«C’est une très belle femme. Elle voulait un enfant. Rapidement, elle ne portait plus son alliance. Elle voulait de l’argent, sinon, plus de relation sexuelle entre nous.» Le 9 avril, trois mois plus tard, elle est partie.

«Je l’ai embauchée dans mon commerce parce que si elle fait une demande d’aide sociale c’est moi qui dois rembourser.»

L’époux québécois espère maintenant un divorce sans qu’elle puisse avoir droit au patrimoine familial. «Si j’avais de l’argent, je la poursuivrais. C’est une arnaque.»

Par ailleurs, après cinq mois de vie commune, un Beauceron est terrorisé à l’idée de tout perdre ce qu’il possède.

​Accusé de violence conjugale

L’homme de 57 ans a marié une femme de 31 ans dans les Caraïbes. Elle est arrivée avec ses trois enfants. «Ma maison, ma réputation. Je vis l’enfer. Il faut qu’elle sorte de chez moi, mais j’ai peur. J’en peux plus.»

Dans la même veine, après trois ans de démarches légales pour faire immigrer son épouse africaine et sa fille au Canada, Marco Donusz se retrouve de nouveau seul.

Arrivée en juin, son épouse congolaise est repartie après deux mois de vie commune.

Le citoyen de Thetford Mines devra également se défendre d’une accusation de violence conjugale, un geste qu’il nie.

L’an dernier, la femme de 30 ans avait juré que ce mariage n’était pas une arnaque.

«Moi j’ai cru à l’amour et je suis complètement à bout de force. Je le déconseille à tout le monde.»


DEUX HOMMES AU LIEU D’UN SEUL

Au moins deux femmes étrangères qui auraient floué des Québécois habitent déjà avec un autre homme alors que leur mariage est toujours valide.
 
Parmi les nombreux échecs amoureux et financiers répertoriés par Le Journal, des proches ont fait la démonstration que deux épouses récemment arrivées au Canada se sont remises rapidement en concubinage avec un second Québécois.
 
Pire encore, les époux qui ont payé une fortune pour les démarches de parrainage doivent toujours assurer leur soutien financier complet alors qu’elles vivent sous le toit d’un autre. 
 
En septembre 2014, Le Journal rapportait l’histoire d’un citoyen de 62 ans, de Châteauguay, qui a dépensé près de 90 000 $ pour se marier avec une Cubaine. Son épouse est arrivée au Canada enceinte d’un autre homme, puis elle a quitté son nouvel époux après six jours de vie commune. Un avocat tente présentement de faire annuler le mariage.
 
Même scénario
 
«Elle est maintenant en couple avec mon ex-conjoint qui m’a quittée pour elle le 4 novembre dernier et elle vit dans ma maison. Cette fille a détruit ma vie», explique une femme qui vit en banlieue de Montréal. Les vérifications ont permis de constater qu’il s’agit bel et bien de la même Cubaine. 
 
Avant d’aménager avec un nouvel homme, madame a vécu temporairement chez la sœur de son mari, ce qui a divisé la famille. À cet endroit, un autre membre de la famille attend aussi l’arrivée au pays d’un conjoint cubain.
 
«Lors de ma sixième visite à Cuba, le mois dernier, mon adorable Cubain et moi sommes heureux de constater que nous sommes encore éperdument amoureux. Soit patient, mon bel amour, les choses se concrétisent assez rapidement. Je connais parfaitement les procédures», écrit-elle sur le web.
 
Ailleurs, un Montréalais dans la cinquantaine, qui a épousé une Mexicaine beaucoup plus jeune, a également réalisé que madame vivait avec un autre Québécois alors qu’il doit payer une pension de quelques milliers de dollars par mois.

CE QUE DIT LA LOI

Depuis octobre 2012, Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) exige que certains époux parrainés vivent dans une relation authentique pendant deux ans, faute de quoi ils risquent de perdre leur statut de résident permanent. 

Depuis octobre 2012, une ligne confidentielle et sans frais de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) est disponible au 1 888 502-9060.

Si vous parrainez un(e) époux/épouse pour lui permettre d’immigrer au Canada, vous devez :

  • répondre à ses besoins essentiels (nourriture, vêtements, logement)
  • assurer un soutien financier
  • vous assurer que l’époux/épouse n’aura pas besoin de l’aide financière du gouvernement.