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La femme de Raïf Badawi toujours inquiète

La cause du blogueur saoudien sera entendue de nouveau dans son pays d’origine

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Sherbrooke | La femme de Raïf Badawi, Ensaf Heidar, craint toujours que les coups de fouet reprennent vendredi prochain, même si la cause de son mari sera à nouveau entendue par la Cour suprême de l’Arabie saoudite.

 

Une vigile s'est tenue encore vendredi à Sherbrooke pour demander la libération de Raïf Badawi.
Carmen Houde
Une vigile s'est tenue encore vendredi à Sherbrooke pour demander la libération de Raïf Badawi.

Sherbrooke  |  La femme de Raïf Badawi, Ensaf Heidar, craint toujours que les coups de fouet reprennent vendredi prochain, même si la cause de son mari sera à nouveau entendue par la Cour suprême de l’Arabie saoudite.

 

Ensaf Heider craint toujours pour la vie de son mari emprisonné en Arabie Saoudite.
Carmen Houde
Ensaf Heider craint toujours pour la vie de son mari emprisonné en Arabie Saoudite.

La mobilisation se poursuit pour demander la libération de Raïf Badawi même si l'Arabie saoudite a décidé de suspendre la flagellation, lorsqu'un médecin a déclaré que les blessures de la première séance de coups de fouet n'étaient pas suffisamment cicatrisées et que sa santé ne le permettait pas. «Je pense que les coups de fouet vont reprendre la semaine prochaine», a déclaré Mme Heidar lors d'une vigile tenue vendredi à Sherbrooke. Elle était soulagée que les coups de fouet soient reportés d'une semaine, mais elle demeure inquiète pour la vie de son mari.

Une vigile s'est tenue encore vendredi à Sherbrooke pour demander la libération de Raïf Badawi.
Carmen Houde
Une vigile s'est tenue encore vendredi à Sherbrooke pour demander la libération de Raïf Badawi.

Le roi d'Arabie saoudite aurait demandé à la Cour suprême du pays de se pencher sur la cause de M. Badawi. «On ne sait pas vraiment si ce sont les raisons de santé ou les pressions internationales qui ont motivé l'Arabie saoudite à suspendre la deuxième séance de coups de fouet et à en référer à la Cour suprême», a déclaré Mireille Elchacar, agente d'Aministie internationale pour l'Estrie. On ne peut confirmer pour le moment quelles sont les intentions de la Cour suprême, mais Amnistie considère que l'Arabie saoudite essaie de sauver la face pour le moment. «Au moins, on gagne du temps et on espère que le gouvernement du Canada fera davantage pression pour demander la libération de M. Badawi. La mobilisation doit continuer», a conclu Mme Elchacar.

Mireille Elchacar, d'Aministie Internationale Estrie invite à poursuivre la mobilisation pour la libération de Raïf Badawi
Carmen Houde
Mireille Elchacar, d'Aministie Internationale Estrie invite à poursuivre la mobilisation pour la libération de Raïf Badawi

Une escalade de menaces et de craintes

C'est en 2008 que Raïf Badawi a ouvert son blogue afin de permettre un échange sur les valeurs libérales et la liberté de religion dans son pays. Ce n'est qu'après le printemps arabe, en 2010, que la pression et les menaces ont commencé à s'exercer sur la famille Badawi. À la suite de ces menaces et des tracasseries administratives qu'ils subissaient de plus en plus, Ensaf Heider a fui l'Arabie saoudite en 2012 pour se réfugier au Liban avec ses enfants. Mais là aussi, elle a fait l'objet de menaces. Le père de Raïf Badawi a même tenté de lui enlever ses trois enfants, craignant pour elle et ses enfants. Elle a alors demandé le statut de réfugiée internationale par l’entremise de l'ONU. C'est le Canada qui a été le premier pays à leur accorder le statut de réfugiés. Puisque la famille provenait d'une petite ville, c'est à Sherbrooke qu'ils se sont installés. «Je remercie beaucoup les gens de Sherbrooke qui ont été solidaires avec ma famille et avec Raïf», a tenu à souligner Mme Heidar.


  • Une vigile est encore prévue devant l'hôtel de ville de Sherbrooke vendredi prochain.
  • Pour signer la pétition et les lettres au gouvernement canadien: https://www.amnistie.ca/