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La nouvelle supervedette

BOXING/
photo usa today Le nouveau champion du monde WBC, Deontay Wilder, est devenu une ­superstar aux États-Unis.

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Bermane Stiverne est sorti de l’hôpital lundi après-midi. Selon Camille Estephan, tous les ­examens et les scans ont montré qu’il n’avait pas subi de commotion cérébrale. «C’est ­plutôt étrange, mais Bermane a souffert de déshydratation ­extrême», a expliqué le ­promoteur et gérant de Stiverne.

En fait, l’ancien grand champion Larry Holmes a envoyé un texto à Don King après le troisième round pour lui souligner que Stiverne semblait déshydraté.

«Il ne devrait pas y avoir de danger chez les poids lourds puisqu’il n’y a pas de poids à respecter. Mais Bermane désirait absolument monter dans le ring à moins de 240 livres. Nous avons tous appris dans cette défaite», a ajouté Estephan.

Effectivement, Stiverne a souligné à au moins deux reprises quand je l’ai rencontré dans sa suite d’hôtel que son objectif personnel était de monter sur le ring à moins de 240 livres. Était-ce assez important pour qu’il se prive d’eau et de liquide pendant un ou deux jours avant le combat? Ça se peut.

Cependant, il ne faut pas négliger le facteur premier de la défaite de Stiverne. L’homme qu’il avait devant lui était ­nettement supérieur à ses estimations. Deontay Wilder était parfaitement préparé pour le combat. Il avait développé un formidable jab et s’était conditionné à se battre durant 12 rounds s’il le fallait.

Son jab et sa résistance ont été ­justement les facteurs déterminants de sa victoire. Et en 36 minutes de boxe, ­Wilder est devenu une supervedette aux États-Unis. Quelques coups de téléphone à des amis et connaissances aux States me l’ont confirmé facilement.

LEMIEUX : LA POMME DE DISCORDE

Je vous ai raconté la semaine dernière à quel point les derniers jours de la semaine à Las Vegas avaient permis une restructuration complète de l’univers de la boxe. L’entrée en scène d’Al Haymon, appuyé par des investisseurs qui ont injecté 750 MILLIONS dans son projet et qui vont donner accès aux réseaux de télévision américains aux boxeurs, chamboule toutes les données.

C’est donc compréhensible que le passage de David Lemieux, le beau Brummel de la boxe, du groupe GYM à Golden Boy cause des remous orageux.

Yvon Michel, fort de sa position auprès d’Al Haymon, vient de lancer la première salve contre Camille Estephan et Golden Boy, la compagnie d’Oscar De La Hoya. Le communiqué de presse de Michel indique que les avocats de la ­Californie qui travaillent sur son dossier sont prêts à agir. Et le communiqué émis en réponse par Estephan montre que lui et ses associés vont se battre pour garder le contrat de ­Lemieux.

ENTENTE VERBALE OU CONTRAT ÉCRIT ?

J’ai lu le contrat de Lemieux. Il est clair que selon ce contrat écrit en anglais, Lemieux pouvait se permettre de faire le saut avec Golden Boy. Mais un contrat n’est pas qu’un document écrit. Une entente verbale faite devant témoin a la même valeur devant un juge.

Or, Yvon Michel soutient que Camille Estephan a donné son accord devant témoin à une prolongation de contrat.

«De toute façon, le contrat permettait à Estephan de dénoncer le fait que ­certaines clauses n’étaient pas respectées. Même si ça avait pu être le cas, ce que je conteste, il ne l’a jamais fait», ­notait Yvon Michel lundi.

«Pensez-vous que j’aurais donné un accord à une entente verbale avec un promoteur alors que ce dernier ne ­respectait même pas les clauses d’un contrat écrit?» a rétorqué Estephan de Eye of the Tiger Management.

INJONCTION

Effectivement. Yvon Michel va certainement tenter d’obtenir une injonction empêchant Lemieux de boxer pour un concurrent. Ou encore, il va faire pression en attaquant en justice HBO pour avoir ignoré les droits de GYM sur David ­Lemieux. Les réseaux de télé ont horreur de ces menaces de poursuite. Surtout avec Al Haymon dans les parages.

Et Camille Estephan va embaucher sa propre armée d’avocats pour défendre ses droits.

Celui qui pourrait payer le gros prix en étant empêché de boxer pour un ­promoteur ou l’autre, c’est David ­Lemieux. Ce serait dommage.


LES BOXEURS À LA CAISSE

Il y a 30 ans, il y a 20 ans, un excellent joueur de hockey gagnait quelques centaines de milliers de ­dollars par année. Les propriétaires empochaient les profits et les joueurs devenaient vendeurs après leur carrière.

Les joueurs se sont syndiqués, ils ont commencé à faire fonctionner la loi du marché en leur faveur et aujourd’hui, P.K Subban gagne neuf millions par année. Et ce qui est inouï, c’est que le propriétaire fait tous ses millions quand même.

Pendant ce temps, les boxeurs qui gagnaient quelques dizaines de milliers de dollars par année gagnent encore quelques dizaines de milliers de dollars en 2015.

C’est là le problème. La structure de la boxe internationale n’a pas changé. L’argent de la télévision sert à quelques gros noms et les autres mangent leur pain noir. L’arrivée d’Al Haymon va sans doute faire grimper les revenus des boxeurs. Il est à peu près le temps.

DANS LE CALEPIN – Je ne ferai pleurer personne. Mais le voyage à Las Vegas a été particulièrement pénible. Un genou en compote en attente d’une reconstruction totale par le docteur Cirkovic, ça hurle en dedans sur les kilomètres de ­marbre et de terrazo qu’il faut parcourir du Bellagio au Grand MGM. Je refile l’info à ceux qui souffriraient de ce mal infâme, mais le kiné ­François Chaput et Philippe Tremblay, l’ancien patineur de vitesse et maintenant propriétaire de Recast ­Perfomance à Longueuil, m’ont tellement bien tripoté le ­genou et la jambe qu’en soirée, je n’avais plus mal. Philippe Tremblay est un entraîneur personnel qui a œuvré auprès de plusieurs hommes d’affaires et de personnalités québécoises. Il a travaillé avec l’équipe nationale russe de patinage et s’est tapé de nombreux séjours à Moscou auprès des athlètes russes. Les Français tentent de le convaincre d’aider leurs patineurs.