/news/currentevents
Navigation

Le propriétaire d’un dépanneur tire sur des voleurs

Il devra faire face à la justice

Un des suspects s'est retrouvé à l'hôpital, l'autre a pris la fuite.
Photo Émilie Villeneuve Un des suspects s'est retrouvé à l'hôpital, l'autre a pris la fuite.

Coup d'oeil sur cet article

ROUYN-NORANDA | Le propriétaire d’un dépanneur fait face à la justice après avoir déchargé son pistolet sur de présumés voleurs qui tentaient de dérober l’argent de sa caisse, mardi. C’était la deuxième fois qu’il tirait sur des voleurs.

Léo Boulet
Le propriétaire de l’Épicerie Léo, Léo Boulet, a tiré plusieurs balles sur Tom Plante, qui tentait de voler son commerce.
Photo Émilie Villeneuve
Le propriétaire de l’Épicerie Léo, Léo Boulet, a tiré plusieurs balles sur Tom Plante, qui tentait de voler son commerce.
 

Les frères Tom et Benoît Plante se sont présentés à l’Épicerie Léo de Rouyn-Noranda vers 19 h 30 mardi soir dans le but de s’emparer du contenu de la caisse.

Le propriétaire du commerce, Léo Boulet, 75 ans, se serait alors emparé d’un pistolet qu’il gardait sous son comptoir. Il aurait déchargé son arme sur Tom Plante alors que l’autre suspect fuyait les lieux.

Mercredi, M. Plante reposait toujours dans un état critique à l’hôpital de Rouyn-Noranda.

Léo Boulet a entre autres été accusé d’avoir déchargé intentionnellement une arme à feu prohibée, de voies de fait graves et d’avoir utilisé une arme à feu de façon négligente. Les frères Plante ont quant à eux été accusés de vol qualifié.

Pas la première fois

Ce n'est pas la première fois que le propriétaire de ce dépanneur fait feu en direction de voleurs. Entre son ouverture en 1982 et 1990, le commerce avait été volé à six reprises. Mais en 1990, Léo Boulet avait tiré plusieurs balles sur un voleur, l’atteignant à au moins quatre reprises.

On peut d'ailleurs voir la scène tournée par les caméras de surveillance dans le film Léo, qui raconte sa vie. Il déclare dans ce film qu’il n’hésiterait pas à utiliser à nouveau son pistolet si un voleur voulait s’attaquer à ses biens.

«Si je pouvais me défendre, je te dis que le pistolet sortirait. Quand je pèse le pour et le contre, j’opte pour un pistolet, parce que ça n’a pas besoin de soins. Un chien, ça a besoin de soins», affirme-t-il dans le film.

Après qu’il eut tiré sur un voleur en 1990, les malfrats se sont tenus loin du dépanneur. Le vol suivant a eu lieu 18 ans plus tard, soit en 2008.

«Je ne suis pas très surpris. Il m’avait dit que si c’était à refaire, il recommencerait. Personnellement, je ne me serais pas frotté à ce gars-là en sachant qu’il a un revolver derrière son comptoir. Il faut croire que les voleurs n’ont pas vu mon film. Je ne vois vraiment pas Léo en prison. C’est un homme tranquille qui fait sa petite affaire», a raconté le réalisateur de Léo, Carol Courchesne, qui l’a suivi pendant cinq ans pour réaliser son film.

Dépité

L’avocat de Léo Boulet, Me Claude Boulianne, affirme que son client est dépité par les événements. «C’est un homme de 75 ans sans antécédents judiciaires. Il s’agira assurément d’une cause autour de la notion de défense des biens», affirme-t-il.

Selon un nouvel article de loi établi en 2012 par le gouvernement Harper, un individu ne peut être reconnu coupable s’il a des motifs raisonnables de croire qu’une personne s’apprête à prendre ses biens et s’il agit de façon raisonnable pour les défendre.

La Couronne s’est opposée à sa remise en liberté. Léo, comme tout le monde l’appelle à Rouyn-Noranda, a donc pris la direction du Centre de détention d’Amos.

Vous pouvez visionner le film sur la vie de Léo Boulet ci-dessous: