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Les policiers de Montréal ont sept fois moins de Taser que leurs collègues de Toronto

Les agents qui ont eu affaire à Alain Magloire n’en avaient pas

Alain Magloire

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Le coroner qui préside l’enquête sur la mort d’Alain Magloire s’est indigné hier en apprenant que Montréal est la grande ville qui possède le moins de Taser au pays.

Le coroner qui préside l’enquête sur la mort d’Alain Magloire s’est indigné hier en apprenant que Montréal est la grande ville qui possède le moins de Taser au pays.

«J’ai en tête la remarque d’un policier qui dit: “quand on en a besoin, il n’est pas là!”», s’est exclamé le coroner.

Le commandant Richard Thouin, responsable du comité directeur sur l’usage de la force au SPVM, a témoigné à la barre que la police de Montréal dispose de 76 armes à impulsion électrique. En comparaison, il y en a 500 à Toronto, 468 à Calgary, 200 à Vancouver et 150 à Ottawa, a-t-il expliqué. La GRC en compte 2800 au Canada.

L’enquête publique n’est pas terminée, mais une chose semble certaine: le coroner Luc Malouin pense que la police de Montréal (SPVM) doit s’équiper de plus de Taser, de fusils avec des balles en caoutchouc, de filets ou d’autres armes intermédiaires qui permettent de neutraliser un individu sans le tuer.

«Il faut avancer plus vite, et ça prend une volonté politique. C’est le point de vue d’un protecteur de la vie humaine», a-t-il plaidé.

Le 3 février 2014, aucun policier ne disposait de Taser pour neutraliser M. Magloire. L’agent Mathieu Brassard l’a abattu avec son pistolet alors que l’itinérant menaçait un policier avec un marteau. L’agent muni d’un Taser était en route.

«Le problème de santé mentale va en grandissant. Il faut trouver une solution mitoyenne entre le laisser-aller et l’arme à feu, mais il ne faudrait pas que ça prenne 15 ans!», a réagi le coroner.

Selon M. Thouin, le SPVM a utilisé 60 fois un Taser en 2014. Dans 42 cas, le seul fait de la montrer a suffi à obtenir la coopération de l’individu cerné.