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Sous le charme

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Dans la vague des groupes indie des années 2000, d’héritiers en ligne droite de R. E. M., Morrissey et The Replacements, on ne peut faire mieux qu’eux. Une carrière lentement, mais sûrement tissée par du travail de longue haleine à travailler tant la forme que le fond. Non seulement sur CD, mais aussi sur scène. Ni un mince défi ni une petite réussite. Ce nouveau CD aurait pu approcher, sinon manifestement toucher le plafond. Ce n’est pas le cas. D’abord, pour le ton, assuré et direct (The Singer Adresses his Audience). Une mise au point généralement nécessaire pour tout groupe qui évolue devant son public, qui doit faire le point sur ses attentes.

 
The Decemberists (4.5/5)
What a Terrible World, What a Wonderful World
Universal Music
 
Photo Courtoisie

Pas une nouveauté, mais d’une concision remarquable: «We Know We Belong to You; We Know You Build Your Life Around Us; And Will We Change? We Had to Change Some...», prenant bien soin de noter au passage qu’ils ont pu parfois décevoir en acceptant une publicité pour telle marque de shampooing ou verser dans le potinage médiatique! Vraiment bien tourné, avec une finale ascendante de toute beauté. Bref, tout du long, c’est vraiment bien écrit et ça se fredonne sans effort. Les thèmes: l’introspection, la recherche de soi et de l’autre, ainsi que de nouvelles valeurs, volontiers non conformistes (Make You Better). Positif et humaniste. À l’encontre du pessimisme général. Sur des compositions aux refrains carrément triomphants, où on n’hésite à aucun moment à enjoliver de simples mélodies d’arrangements complexes et d’une instrumentation diversifiée (piano, cordes, cuivres, etc.). Une musique de chambre, folk, pastorale, qui atteint un sommet dans Lake Song. Un hommage à peine voilé à Nick Drake et à Fairport Convention (Carolina Low). Colin Meloy lève souvent son chapeau, tant à Michael Stipe (Calvary Captain) qu’à Mike Scott des Waterboys (The Wrong Ear). Till’s the Water Is all Gone est un classique; la conversation entre les guitares rivalise avec Dirge, de Dylan. En une phrase comme en mille, de la première écoute, on en ressort sous le charme, de bonne humeur et on a envie de remettre ça. Pour un autre moment privilégié et rare. Brillant.


 
Colin James (3/5)
Hearts on Fire
Universal
 
Photo Courtoisie
 
Hearts on Fire, réalisé avec Colin Linden, mise d’emblée sur des blues d’atmosphère dès les premiers titres. Ballades et complaintes traversées de lignes de guitare lourdes, enflammées et incisives, s’entrelaçant avec des pointes de B3 du meilleur goût et une percussion imparable. Mais c’est convenu. Enregistré à Nashville, ça suinte le Sud. Et c’est comme ça pour la première moitié. Puis quelques rockers (I Wanna Sing, Just a Little Love) qui poivrent la dernière moitié. Techniquement, c’est satisfaisant, mais c’est présenté comme une compilation sans ligne directrice. Quant à l’originalité, on peut repasser.

 
Girls in Hawaï (3.5/5)
Everest
Naïve
 
Photo Courtoisie
 
Un groupe belge fortement inspiré par Radiohead, Grandaddy, Deus et le néopsychédélisme de Flaming Lips. Everest est son troisième CD. Moins pop, cherchant une profondeur. La direction musicale est impressionniste. Le ton est fragile, dubitatif et mélancolique. La voix est souvent voilée, filtrée, adoptant une attitude nonchalante et décalée, parfois carrément approximative (Not Dead) sinon spectrale (Mallory’s Heights). La partie centrale de l’album en est l’épine dorsale, telle une suite; le reste pourrait se résumer en intro et conclusion. Une forme aboutie, malgré certaines redondances.
 
Stéphanie Lapointe (3.5/5)
Les amours parallèles
Simone
 
Photo Courtoisie
 
La ressemblance de la photo d’avec la posture iconique de Françoise Hardy est si frappante qu’on a l’impression que tout est joué. Dès la première chanson, on entend le même filet de voix, les chuchotements nasillards, la fragilité exacerbée. Il faut vouloir y croire. N’empêche que certaines pièces sont réussies, dont Personne pour l’entendre. L’équipe, dont Philippe B, Jimmy Hunt, Philémon Cimon, Joseph Marchand et Émilie Laforest, offre des chansons qui collent à l’âme qu’emprunte la chanteuse. La faiblesse des uns est compensée par le trait de génie des autres. À l’arrivée, cela tient la route. Mais on peut rester sur sa faim.

 
EN MAGASIN OU EN LIGNE MARDI
 
Mark Ronson
Uptown Special
 
Ne-Yo
Non-Fiction
 
Jamie Cullum
Interlude
 
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Individ
 
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Sco-Mule
 
Dr Dog
Live at Flamingo Hills
 
Bettye Lavette
Worthy
 
Punch Brothers
The Phosphorescent Blues