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Deux Montréalaises parties rejoindre l’État islamique

Membre du groupe djihadiste Al-Nusra Front, cette personne se tient dans une rue d’Alep, au nord de la Syrie. Cette photo a été prise en janvier 2014. Al-Nusra Front est lié à Al-Qaïda et non au groupe État islamique.
Photo d'archives Membre du groupe djihadiste Al-Nusra Front, cette personne se tient dans une rue d’Alep, au nord de la Syrie. Cette photo a été prise en janvier 2014. Al-Nusra Front est lié à Al-Qaïda et non au groupe État islamique.

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Deux Montréalaises de 18 et 19 ans ont été portées disparues par leurs familles en novembre et les autorités policières croient qu’elles sont en Syrie pour joindre les rangs des djihadistes.

Deux Montréalaises de 18 et 19 ans ont été portées disparues par leurs familles en novembre et les autorités policières croient qu’elles sont en Syrie pour rallier les rangs des djihadistes.

La police craint que ces deux femmes soient devenues des «esclaves» à la solde des soldats du groupe terroriste.

C'est aussi la crainte d’un inspecteur du module antiterrorisme du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). «Il y avait des signes de radicalisation­­. Malheureusement, on les a perdues, elles sont déjà rendues là-bas. Elles vont servir d’esclaves pour les gens là-bas», a déclaré l’inspecteur Lamothe, qui ne voulait pas discuter de l’itinéraire utilisé ni de l’endroit où il croit qu’elles se trouvent.

LA GRC ENQUÊTE

Les deux Montréalaises sont considérées comme des voyageuses à haut risque. Elles font l’objet d’une enquête par l’Équipe intégrée de la sécurité nationale de la GRC à Montréal, selon nos informations. Les deux femmes sont des amies. L’une est étudiante et domiciliée dans l’ouest de Montréal et la deuxième dans l’est.

Le Code criminel du Canada interdit à tout Canadien de devenir membre d'un groupe terroriste tel que le groupe État islamique, ou de fournir une aide ou de l’argent de quelque manière que ce soit.

PROTÉGER LES AUTRES ENFANTS

À la demande des autorités policières, notre Bureau d’enquête a choisi de ne pas dévoiler les noms de ces deux femmes pour éviter la radicalisation des autres enfants­­ dans l’entourage. Les policiers entretiennent­­ de bonnes relations avec les familles éprouvées.

Le cas des jeunes femmes disparues a été discuté discrètement cette semaine par des policiers du SPVM au cours d’une formation spéciale sur la menace terroriste et la radicalisation.

Organisée par la GRC, cette formation a été donnée par des policiers de la SQ, du SPVM, de la GRC et des agents de renseignements à une centaine d’enquêteurs et de patrouilleurs.

Un représentant de notre Bureau d’enquête a pu assister à la formation de trois jours, à certaines conditions. Il nous a été interdit de divulguer l’identité, pour des raisons de sécurité personnelle et professionnelle, de certaines personnes présentes, dont un employé de la GRC. Même chose pour un agent de renseignement canadien ainsi qu’un analyste prêté au ministère de la Sécurité publique fédérale comme conseiller spécial en matière d’antiradicalisation.

DE JEUNES FEMMES PARTENT

De 10 % à 15 % des jeunes qui quittent leur famille pour se joindre au groupe État islamique sont des jeunes femmes, selon un agent du Service canadien du renseignement et de sécurité de Montréal.

«La radicalisation se faisait autrefois en trois, quatre ou cinq ans. Maintenant, on parle d’une période “en mois”, selon un agent de renseignement canadien dont nous devons taire l’identité.

«J’ai rencontré beaucoup de parents et c’est triste, dit-il. Ils ne savaient pas. Il est trop tard. Ils sont partis.»

«Ça [la radicalisation] s’est fait devant l’ordinateur. C’est du recrutement qui se fait en quelques semaines. On n’a pas pu les détecter», ajoute l’agent de renseignements. Il dit avoir tenu dans ses bras des parents qui sanglotaient après les avoir informés du départ de leurs enfants.

LEURS FAMILLES SONT DES VICTIMES

Le sergent Hakim Bellal, de la GRC, coordonnateur montréalais du programme de sensibilisation communautaire en matière de radicalisation et sécurité nationale, a lui aussi vu de ses yeux comment les familles sont affectées par des cas de radicalisation qui se terminent avec un départ pour la Syrie ou l’Irak.

«Les familles sont des victimes, dit-il. Elles ne savent même pas que leurs enfants sont partis. Elles pensent qu’ils sont juste disparus.»


Trois jeunes musulmans sherbrookois sont toujours introuvables depuis l’an dernier. La GRC enquête sur leur cas. Le Bureau d’enquête révélait en octobre que la mère de l’un d’eux craint qu’il soit parti combattre en Syrie aux côtés des islamistes.

 

 

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