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Les scandales des petites centrales (1e partie)

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Photos d’archives

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Allons-nous comprendre un jour que les petites centrales hydroélectriques, c’est de la petite politique?

Je n’en peux plus de voir passer ces annonces qui appauvrissent l’ensemble des Québécois au profit de quelques-uns.

Depuis le début...

Depuis le début, le dossier des petites centrales n’a été qu’une addition d’histoires de copinages, de financement illégal et de firmes de génie-conseil et de promoteurs en conflit d’intérêt.

En 1995, il y a maintenant 20 ans, dans un article du journal Le Soleil intitulé « Des petits barrages bien rouges », le journaliste Pierre Asselin écrivait que « presque tous les promoteurs de production privée d’électricité ont contribué à la caisse du Parti libéral du Québec dans laquelle ils ont versé plus de $400,000 entre 1984 et 1994... Les firmes de génie-conseil comptent par ailleurs pour une large part de ces contributions...»

Une enquête publique sera alors exigée afin de faire la lumière sur ce dossier et tous les projets de production privée d’électricité seront arrêtés par M. Parizeau.

Enquête Doyon

En juin de la même année, l’enquête Doyon est déclenchée sur le dossier des petites centrales hydroélectriques privées afin de faire la lumière sur le dossier et de proposer des recommandations. Elle en présentera 103... largement ignorées jusqu’à ce jour.
2002 : relance et abandon des projets de petites centrales 

En 2002, le gouvernement Landry mettra de nouveau en marche des projets de petites centrales hydroélectriques. Cette fois-ci par contre, cela se fera via des appels d’offre. Mais l’opposition citoyenne conjuguée au lancement de la politique nationale de l’eau sonnera le glas de cette deuxième phase. 

2010 : relance des projets

En 2010, la ministre des ressources naturelles Nathalie Normandeau a annoncé la relance de 13 projets de petites centrales hydroélectriques tout en admettant que le Québec n’avait pas besoin de leur énergie!

Or, la majeure partie de ces contrats avaient été attribués à la firme de génie-conseil Axor qui venait tout juste de plaider coupable à des infractions sur le financement des partis politiques en utilisant des prête-noms. Elle avait d’ailleurs payé des amendes de $ 87 000 au Directeur Général des Élections du Québec (DGEQ).
Si d’un côté Axor se voyait obligée de payer $87,000 en amendes, de l’autre  elle retrouvait les $150,000 de dons illégaux qu’elle avait fait ET EN BONI obtenait des contrats de production d’électricité privée (qu’Hydro-Québec était obligée d’acheter pendant 20 ans) même si la ministre avouait que le Québec n’en avait pas besoin!!!

Grosse punition pour Axor, n’est-ce pas?

Non mais... On nous prend vraiment pour des valises.

En pleine période de commission Charbonneau, il y avait là de quoi se poser des questions.

2012 : nouvel abandon des projets

L’arrivée au pouvoir du gouvernement Marois marquera de nouveau l’arrêt des projets de petites centrales. La ministre Martine Ouellet, lors de cette annonce, dira que l’arrêt de ces 6 projets fera sauver au Québec $24 millions par année. 

De plus, le gouvernement  s’engagera à compenser financièrement les promoteurs (MRC, municipalités et entreprises) et prévoira un plan de développement régional... Sauf pour le projet de Val-Jalbert, que la première ministre autorisera personnellement le 3 décembre 2012.

C’est un projet pour lequel j’ai refusé de signer le certificat d’autorisation lorsque j’étais ministre et qui n’aurait jamais dû voir le jour.

Si je peux comprendre que certaines municipalités et des promoteurs voient d’un bon œil la mise sur pied de tels projets, ces projets au bénéfice de quelques-uns appauvrissent l’ensemble du Québec et n’apportent aucune innovation.

Au moment où le gouvernement Couillard vient d’annoncer qu’une consultation sur la nouvelle stratégie énergétique s’en venait, il est pour le moins inapproprié d’avoir recommencé à autoriser de tels projets, surtout avec les nouvelles règles mises en place il y a quelques semaines à peine.

J’y reviendrai.

(à suivre)