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Steven Spazuk, le dieu du feu

Steven Spazuk,
MYSELF AND I
photo le journal de montréal, Pierre-Paul Poulin

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Peindre avec le feu, c’est possible? Le Québécois Steven Spazuk le fait et ses toiles hors du commun créent la surprise et l’engouement à travers le monde.

Depuis 2001, l’artiste montréalais Steven Spazuk perfectionne une technique, qu’on appelle le fumage, qui lui permet de peindre avec des flammes.

L’automne dernier, une vidéo faisant la démonstration de ses talents est devenue virale, tellement que l’émission America’s Got Talent l’a contacté. «Ils ont appelé directement sur le téléphone chez moi, je pensais que c’était une blague», raconte l’artiste qui a toutefois refusé de participer à l’émission. «Pour travailler, il faut que je sois dans mon atelier pour ne pas qu’il y ait de déplacements d’air, ce qui ferait bouger la flamme. Si la flamme oscille, je ne peux pas performer alors je ne veux pas faire ça», explique-t-il.

Du rêve à la réalité

Une flamme à la main, un morceau de carton dans l’autre, Steven Spazuk laisse les volutes de fumée guider son inspiration. Une fois la suie déposée sur le carton, il utilise divers outils, comme un pinceau, une plume ou tout ce qui lui tombe sous la main, pour préciser le dessin.

«J’en profite pendant que la suie vient d’être déposée sur le carton. Ensuite, quand le produit est satisfaisant, je le vaporise avec un vernis très fin», explique-t-il.

Le Montréalais n’est pas le seul à utiliser cette technique, mais il est certainement l’un des seuls à l’avoir poussée aussi loin. Étonnamment, toute cette aventure a commencé grâce à un étrange rêve qui semble lui avoir montré la voie à suivre.

«J’ai rêvé que j’étais dans une galerie et je regardais un tableau en noir et blanc. C’était un paysage et je savais, dans mon rêve, que le dessin était fait [avec cette technique]. C’était clair», raconte-t-il.

Le jour suivant, il a tenté le coup pour une première fois, mais la feuille de papier qu’il utilisait a rapidement pris feu. Il a donc compris qu’il devait plutôt utiliser du carton.

«J’étais sur la table de travail de ma fille, qui était toute petite à l’époque, j’ai pris une Barbie qui traînait et j’ai commencé à dessiner avec ses cheveux. Cette Barbie m’a servi d’instrument pendant des années parce qu’elle contribuait au hasard avec ses cheveux qui faisaient toutes sortes de traits. C’est ça que j’aime», dit-il.

Autres convictions et interprétations

À compter d’aujourd’hui et jusqu'au 7 février, les toiles de Steven Spazuk sont exposées à la Galerie C.O.A, située sur le boulevard Saint-Laurent. L’exposition, intitulée Autres convictions et interprétations, réunit des toiles représentant des animaux en voie d’extinction ainsi que quelques portraits.

Privilégiant autant le processus créatif que le résultat, l’artiste a notamment réalisé un portrait de sa conjointe peint à l’aide de pinceaux faits de cheveux qu’elle a perdus à cause d’une chimiothérapie. «C’est elle, tout sourire avec les cheveux courts. Ses cheveux ont repoussé après un cancer du sein. Maintenant elle est complètement guérie», précise-t-il.

Du Canada au Japon

Près de 15 ans après avoir découvert cette technique, les toiles de Steven Spazuk se vendent un peu partout dans le monde et le fumage est devenu une réelle passion pour lui. Il a récemment reçu une commande en provenance du Japon.

«On m’a demandé de faire le portrait d’une jeune star japonaise qui est une nouvelle vedette de téléréalité, mentionne-t-il. C’est une commande de Fuji TV pour une émission qui s’appelle Maximum Level. Ils se promènent partout sur la planète et ils rencontrent des gens qui font des trucs hors de l’ordinaire.»

Après son exposition à Montréal, Steven Spazuk se dirigera vers New York pour SCOPE, une importante foire d’art, puis vers la Norvège et probablement Paris.


  • L’exposition Autres convictions et interprétations est présentée à la galerie C.O.A jusqu’au 7 février.