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Thriller terrifiant sur les routes américaines

Au bout de la route, l’enfer de C. J. Box

 Thriller terrifiant sur  les routes américaines
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Plantant le décor du troisième tome de la série Cody Hoyt au milieu des grandes étendues sauvages et des petites villes du Wyoming, dans le nord-ouest des États-Unis, l’extraordinaire C. J. Box — dit Chuck — propose un thriller absolument terrifiant, Au bout de la route, l’enfer.

Danielle Sullivan et sa cadette Gracie disparaissent sur la route alors qu’elles étaient en direction du Montana pour aller retrouver Justin. Ce dernier, inquiet, tente de joindre son père, l’inspecteur Cody Hoyt.

Manque de chance, Cody vient de se faire virer, s’est remis à boire et n’est pas en état de les rechercher. Cassie Dewell réussit malgré tout à le convaincre de l’accompagner jusqu’à l’endroit de la route où les filles avaient envoyé leur dernier message. Ils ne tardent pas à découvrir que plusieurs disparitions étranges ont été signalées dans la région et que des prostituées qui traînent dans les zones de service situées le long des autoroutes sont ciblées. «King Lizard», lui, continue de sillonner les autoroutes...

Couleuvres de parking

«Je vis près de l’autoroute 80, qui est très fréquentée par les routiers», explique d’entrée de jeu C. J. Box, qui vit dans le sud-est du Wyoming. «Ma fille allait au collège et elle avait l’habitude de conduire pour revenir à la maison pour les fins de semaine et les congés, sur la 80, à bord d’une petite voiture rouge. Un jour, j’ai découvert qu’il n’y avait plus une goutte d’huile à moteur... Je me suis demandé: si elle tombait en panne sur l’autoroute, qui risquait de la faire monter à bord de son véhicule?»

Un peu plus tard, il a lu que le FBI avait créé une escouade pour les tueurs en série qui sévissaient sur les autoroutes et apprenait qu’une trentaine de camionneurs étaient soupçonnés. «La voiture de ma fille et ces statistiques m’ont fourni le thème du roman.»

C. J. Box avait vaguement entendu parler du terme «rock lizard» (couleuvre de parking) et de certaines histoires, mais n’avait pas réalisé à quel point le phénomène était bien installé. «Je me suis inscrit sur des forums de camionneurs et je me suis mis à lire les commentaires à ce sujet, des deux points de vue: il y en a qui indiquaient quelles haltes routières il valait mieux éviter et d’autres qui recensaient quelles haltes disposaient des meilleures “couleuvres”.»

Le monde des camionneurs

À partir de là, C. J. Box a fait des recherches sur le monde des camionneurs, lesquelles ont culminé par un voyage à bord d’un poids lourd en compagnie de routiers travaillant en couple, de Billings, au Montana, jusqu’à Chicago. «Je leur ai posé beaucoup de questions. Nous nous sommes arrêtés dans une halte routière. Il faisait - 25 ̊F et j’ai vu des «couleuvres» qui se promenaient en minijupes. C’est un monde dont je n’avais aucune idée, et je voulais le transmettre dans le roman.»

Et le fameux «King Lizard»? «Au cours de ce voyage, les camionneurs me montraient les différents styles de camions et de camionneurs. Et il y en a un en particulier, quelque part dans le Dakota du Nord, duquel mon conducteur m’a dit qu’il ne s’approcherait jamais. C’était comme je l’ai décrit dans mon livre: un camion tout noir, avec des fenêtres teintées, qui fonctionnait de manière indépendante et se garait à l’écart. Je me suis demandé quel genre de personne agirait comme ça...»

Après avoir écrit ce que fait son terrifiant personnage, l’écrivain s’est senti «sale». «J’ai eu envie de prendre une douche qui allait durer quelques mois.»

C. J. Box a reçu l’Edgar du meilleur roman policier pour Meurtres en bleu marine.

Il a écrit La mort au fond du canyon, Winterkill, L’homme délaissé et Piégés dans le Yellowstone.

EXTRAIT

«Désormais, dans le parc de Yellowstone, Danielle et Gracie n’en menaient pas large. Pas de neige, les routes étaient parfaites mais les ténèbres oppressantes, exactement comme si quelqu’un avait basculé un interrupteur et tout éteint. Le ciel était dégagé, la pluie avait cessé et les seules lumières provenaient d’un mince croissant de lune et du barbouillis d’un million d’étoiles pareil à un tissu vaporeux qu’une main invisible aurait froissé au-dessus de leurs têtes. La route était encadrée par des murailles denses de pins noirs qui s’ouvraient de temps à autre sur des prairies herbeuses. Malgré le bourdonnement des pneus sur l’asphalte, Gracie percevait l’immensité du silence qui les entourait. Elles n’avaient croisé aucune voiture depuis leur entrée dans le parc après Silver Gate, bourgade minuscule et endormie dont les seuls signes de vie se limitaient à deux bars.»
— C. J. Box, Au bout de la route, l’enfer

Au bout de la route, l’enfer
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